Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe
Toute la bande dessinée

On dirait le Sud 1. Une piscine pour l'été

03/05/2010 5572 visiteurs 8.0/10 (2 notes)

L’ouverture emprunte à l’univers du western : une grande place déserte avec en son centre une DS noire ; le patron attend. De l’usine, guère plus agitée, sort le syndicaliste, il se dirige lentement vers la Citroën. Cette scène taillée sur mesure pour Ennio Morricone n’amène pour autant pas le déchaînement de violence qui survient usuellement quand la tension culmine à son paroxysme. Cela viendra peut-être plus tard, mais pas dans ce premier tome d’une lenteur estivale. Et pourtant, il s’en passe des choses. Oh, trois fois rien sans nul doute, mais tout de même. D’ailleurs, on en parle au bistro. Il y a d’abord ce qui défraie la chronique nationale : ces disparitions de fillettes dans le Sud du pays. Les recherches sont menées au niveau local, c’est-à-dire fort loin du lieu concerné, par un capitaine de gendarmerie qui ne semble pas avoir inventé l’eau chaude mais constant dans l’effort. Son escouade le suit avec l’enthousiasme modéré des perplexes. Ensuite, cette canicule et les restrictions d’eau qui vont de pair. Au-dessus, inlassablement, les hélicoptères veillent à leur bonne application. Enfin, cette rumeur inquiétante et imprécise qui plane au-dessus de l’usine. Heureusement, comme le disent ses collègues, avec Max Plume, leur représentant syndical, le patron ne devrait pas rigoler. Cela, entre autres choses.

De prime-abord, cette série, portée par une torpeur omniprésente qui tape sur le ciboulot des protagonistes et œuvre pour un surréalisme de chaque instant, semble comme passée. Certes, et aucun doute n’est possible là-dessus - les codes vestimentaires sont éloquents en la matière -, l’action se situe très précisément dans les années soixante-dix. Mais au-delà même de cette évidence, tout concourt à renforcer cette impression d’une époque « autre ». Le rôle principal se fait discret, même si beaucoup d’éléments tournent autour de lui. Cela profite aux personnages secondaires, chacun est amené avec tout le soin nécessaire, et il n’est pas difficile pour le lecteur de se faire une idée sur les grandes lignes du passé de chacun. Il est question ici des petites et grandes histoires des petites gens. La tonalité de cet album est proche de ceux de Pascal Rabaté et du cinéma de Robert Guédiguian : un doux mélange de légèreté et de gravité, d’insouciance et de conscience, le tout dans un univers quelque peu décalé, comme entre-parenthèses.

Cette impression doit beaucoup au graphisme, très lisible, mais aussi relativement particulier. D’un côté, les faciès, forts anguleux dans leur représentation, font parfois penser à des arrêts sur image qui seraient extraits de jeux vidéo. D’un autre, les couleurs aux tons pastels et une texture comme granuleuse renvoient à d’autres temps, avant l’avènement de l’informatique. Ce rendu qui pourrait dérouter fonctionne en réalité très bien avec l’atmosphère générale de ce récit situé à l’aube de notre ère moderne et résolument désuet pour tout dire.

Atypique et classique, ce premier tome est empli de promesses tant il ouvre avec bonheur de possibles éventualités pour la suite. La balle est dans le camp des auteurs.

Par F. Mayaud
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

On dirait le Sud
1. Une piscine pour l'été

  • Currently 3.91/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.9/5 (32 votes)

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    herve26 Le 16/03/2010 à 22:38:09

    Très bonne petite surprise de l'année.
    Un dessin et une colorisation surprenants mais une intrigue finement amenée. L'ambiance des année 70 est parfaitement retranscrite .
    D'ailleurs, rien n'y manque :des chansons de Joe Dassin, au méga-tube "porque te vas", jusqu'aux voitures (ne serait-ce pas des photos? voir la page 31 de sortie d'usine) ou encore les vétements ( le mythique T-shirt de l'AS St Etienne -allez les Verts !!- est même en couverture'. J'avais 7 ans en 1976, et je me reconnais dans l'atmosphère décrite.

    Sur fond de crise sociale et de drame humain, Cédric Rassat, à qui l'on doit déjà "la frontière" et William Panama, nous offre un univers quasi familier avec des situations cocasses (le quasi running gag du capitaine de gendarmerie).

    Un premier opus de présentation très riche et qui, dans ses dernières pages, laisse augurer un développement plus dramatique.

    Bref un album intéressant à plus d'un titre et qui mérite vraiment d'être découvert surtout pour les dessins.

    Longtemps, je suis passé à côté de cet album et il a fallu la pugnacité de mon libraire pour me décider , tout d'abord à l'acheter (mais je suis faible) mais surtout à le lire.

    Sans aucune publicité aucune (je n'ai lu encore aucun article dans la presse spécialisée), je crois savoir que cet opus commence à trouver son public. Et c'est bon signe pour son dessinateur, Raphaël Gauthey qui, par son style (faut-il parler de dessin, tant l'on s'approche de la photo), illumine cette histoire , somme toute assez sombre.

    Un régal pour les yeux,
    un scénario plus qu'intéressant,
    bref une bd originale dans un paysage éditorial assez morne, en ce semestre, à mes yeux.