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Le montespan

15/02/2010 7221 visiteurs 7.0/10 (5 notes)

L a perte de proches lors d'un duel réunit au tribunal Louis Henri de Montespan et Françoise de Rochechouart, et allume entre eux les feux d’une flamme dûment consolidée par un rapide mariage. Installé à Paris, le jeune couple croque la vie à pleine dent, jouant et batifolant sans retenue. Mais l’argent manque bientôt et le marquis pense refaire sa fortune à la guerre. Sans succès, hélas. Pour distraire son épouse, il l’entraîne alors dans les salons du Marais où elle brille par sa langue acérée. Présentée peu après à la Cour, la marquise est remarquée par Louis XIV qui en fait sa maîtresse. Mais Montespan refuse de céder sa femme et tente de la récupérer par divers moyens. N’y parvenant pas, il débarque à Versailles dans un carrosse peint en noir et décoré de bois de cerf pour dire son fait au roi. Forcé de regagner ses terres provinciales après ce scandale, le mari inébranlable continue à défier la volonté royale, quitte à contrecarrer les rêves de grandeur de son épouse.

La collection Mirages de Delcourt s’orne d’une nouvelle perle, et non des moindres, puisqu’il s’agit de l’adaptation du roman plébiscité de Jean Teulé narrant la vie et les mésaventures du plus célèbre – tout de même moins que sa femme – cocu de France, le marquis de Montespan. Et, si le romancier, qui a pourtant déjà fait des incursions dans le 9e Art dans les années 80 (Bloody Mary) et plus récemment avec Gens de France et d'ailleurs et Je voudrais me suicider, mais je n’ai pas le temps, affirme n’avoir pris aucune part à cette version en bande dessinée de son ouvrage et avoir laissé carte blanche à son ami de longue date, Philippe Bertrand (Rester normal, L’amour cash), force est de constater que celui-ci en a fidèlement restitué l’esprit et la lettre. Le lecteur retrouve en effet le verbe incisif, peut-être un rien moins vert bien qu’aussi caustique, et le style un brin gouailleur de l’écrivain.

Il faut bien avouer qu’à lui seul, le personnage du Montespan vaut le détour et s’avère des plus romanesques. Car si aucun portrait n’a été conservé, l’histoire de sa passion débordante pour son épouse et son comportement pour le moins anticonformiste ne peuvent que susciter la curiosité puis l’attachement. Sous ses allures de grande asperge dégingandée, le marquis s’avère sympathique dès les premières pages et c’est avec un plaisir indicible que le lecteur suit ses frasques et admire sa persévérance – qui, même aujourd’hui où on se marie par amour, pourrait se targuer d’une aussi grande constance et d’un tel tempérament face à qui l’aurait trompé ? Outre le héros, le récit se pare d’une galerie de personnages hauts en couleur dont les travers s’avèrent croustillants et ajoutent élégamment à l’humour badin qui porte l’ensemble. Et si quelques protagonistes - la progéniture bâtarde de la favorite en tête - et certains épisodes de l’œuvre originelle ont disparu, transposition oblige, cela ne nuit nullement à la trame à la trame, d’autant que d’autres évènements et figures ont vu leur importance quelque peu étoffée.

De plus, au-delà de l’idylle semée d’embûches du couple séparé mais inséparable des Montespan, c’est aussi un tableau sans concession du Grand Siècle qui est brossé. Paris, Versailles et la Cour sont peints sous leur jour le moins glorieux, les fastes royaux cédant devant les visages fripés, les bouches s’ouvrant sur des dents cariées et les habitudes peu ragoûtantes d’une noblesse ayant oublié le sens du mot hygiène. Les cortèges de célimènes urinant debout sous leurs robes font pendant aux grappes de damerets emperruqués et empestant les parfums lourds – il faut bien dissimuler la crasse et l’odeur en les recouvrant.

Ces fétides coutumes sont dûment représentées par le dessin de Philippe Bertrand, dont le style graphique se marie d’ailleurs merveilleusement avec le ton sarcastique et enjoué de l’album. En effet, il le restitue au mieux puisqu’il se dégage des pages une certaine gaité d’autant plus agréable qu’elle se révèle piquante. Trognes de nobles et de filles de joie tendant à la caricature et frisant la vision cauchemardesque – certaines confinant même au poème, graveleux et cru - contrastent totalement avec les formes séduisantes et girondes de l’épouse infidèle ou l’allure éfflanquée du roux époux délaissé. Les décors, campant tantôt des paysages urbains ou campagnards tantôt des intérieurs, restent assez discrets, tandis que le découpage, sobre et efficace, suit un tempo bien marqué qui déroule le récit avec une facilité presque déconcertante.

Goûteux par le verbe, plaisant par le dessin, Le Montespan est une lecture savoureuse, véritable promenade dans le siècle de Louis XIV, formidable romance, qui intrigue, amuse, touche et fait mouche. Un petit moment de délice à déguster avec gourmandise et délectation.

Par M. Natali
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Le montespan

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Note: 3.5/5 (37 votes)

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 01/09/2020 à 12:50:27

    J'ai plutôt bien aimé cette histoire qui s'attache à nous faire découvrir le mari de la fameuse marquise de Montespan qui fut la favorite du roi soleil. La démarche est plutôt originale de nous faire la lumière sur ce drame qui est passé totalement inaperçu dans l'Histoire.

    Un homme tout puissant a-t-il le droit de rendre malheureux un gentil mari bien aimant ? Oui, nous avions un couple qui avait tout pour être heureux avant que la raison d'état n'interfère.

    J'ai été plutôt touché par les malheurs successifs qui se sont abattus sur cette famille. La fin est réellement triste. Fallait-il attendre quelque chose de plus ? En ce qui me concerne, l'objectif est atteint. J'aurais une autre image de celui qui a osé braver l'autorité de Louis XIV.

    On sait généralement ce qu'il en coûte de défier l'homme le plus puissant de France et ceux quelque soient les époques!

    stephaaanie Le 22/02/2013 à 22:52:45

    On a souvent parlé de LA Montespan, la célèbre maîtresse et favorite du Roi Louis XIV, qui eut de lui pas moins de sept enfants, plus ou moins cachés et élevés en secret. Cette relation adultère du roi avec la femme d'un autre, provoqua bien des scandales même à cette époque. Mais surtout, qu'en fut-il du mari trompé, Louis Henri de Pardaillan de Gondrin ? L'adaptation du roman de Jean Teulé nous place du coté émouvant de ce mari et père abandonné, à la fois animé par des élans de vengeance envers le Roi et des abattements face à son destin ; c'est sûr que se faire voler sa femme par le roi lui-même, cela demande quelques précautions, même pour une revendication légitime. Cet homme éperdument amoureux, semblait-t-il de sa femme, n'aura eut de cesse de vouloir la reconquérir. Mais peut-on lutter contre le Grand, le Tout-Puissant Roi de France.

    freddie2 Le 05/02/2012 à 15:29:10

    bd agréable à lire, dessins sympa et histoire très légèrement érotique. On retrace la vie de ce monsieur qui n'aime qu'une seule fille : sa femme.

    macluvboat Le 18/09/2010 à 12:08:42

    'Louis-Henri, être cocu, c'est la chance de votre vie'...
    Ce roman en images retrace la vie du plus célébre cocu de France. Tous les personnages sont hauts en couleur, l'univers du Grand Siécle est trés bien décrit, le ton est trés caustique, de superbes répliques, le héros principal est attachant. Une très bonne BD intéressante d'un point de vue 'historique' où sont revisités les us et coutumes de ce siécle.

    DixSept Le 27/03/2010 à 18:49:22

    Amoureux de son épouse en un temps où le mariage était souvent arrangé, Monsieur de Montespan voit celle-ci lui échapper lentement pour le lit de Louis XIV. Jusqu’à sa mort, ne pouvant se résigner à être riche mais cocu, il n’aura de cesse de la (re)conquérir !
    Le trait fin et léger de Philipe Bertrand croque avec délice et jubilation une époque à la magnificence surfaite.
    Un album (un rien) licencieux sur un homme qui a vécu dans un siècle visiblement trop petit pour lui…

    sansache Le 13/03/2010 à 14:17:24

    Montespan, le plus célèbre cocu de France. Philippe Bertrand se propose de transposer en bande-dessinée le roman de Jean Teulé sur ce personnage pittoresque dont le plus grand malheur fut d'avoir aimé sa femme. En quelques répliques habiles, quelques cases subtiles, Philippe Bertrand nous plonge dans cet univers impitoyable de la société aristocratique du XVIIème siècle dans laquelle faux-semblants, hypocrisie, ambitions ne font pas bon ménage avec amour. On est très vite touché par "LE" Montespan, personnage tragique, cocu célèbre qui très vite ne donne plus envie de rire mais devient émouvant. A lire absolument.