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Vacance

02/03/2009 8534 visiteurs 6.7/10 (3 notes)

E lle aurait pu s’appeler Thelma ou Louise, mais son prénom, c’est Marie. Il manque quelque chose dans sa petite vie de prof de province, un peu comme un "S" au bout du mot Vacance, une poignée de virages dans une existence bien trop linéaire. Alors, un beau jour, elle décide de tout plaquer, de laisser mari et enfant sur un parking de station service, et de partir avec le premier routier venu. Peu importe sa destination, ce qu'elle veut, c’est trouver le chemin de la liberté, se soustraire aux contraintes, arrêter d’être sage. Commencer par vider son compte épargne, descendre dans les plus grands hôtels de la Côte d’Azur, se laisser séduire… profiter, tout simplement. Surtout, éviter de penser qu’un retour en arrière n’est plus possible et que derrière chaque lacet, peut se cacher un précipice.

Pendant l’écriture de Vacance, Cati Baur, alias Princesse Capiton, a mis en ligne sur son blog sa douloureuse, mais aussi drôle, expérience de future ex-fumeuse. Quelques mois plus tard, un recueil de ces croquis publié aux éditions Delcourt, J’arrête de fumer, constitua son premier ouvrage en tant qu’auteure de bande dessinée. Deux albums réalisés pratiquement en même temps dont les contenus ne sont finalement pas si éloignés l’un de l’autre. Dans les deux cas, une jeune femme cherche à briser des chaînes qui la retiennent prisonnière.

Dans Vacance, pourtant, l’héroïne est brune, presque sans saveur, ne correspond pas aux critères de beauté habituellement imposés par la société. Marie est tout simplement une fille quelconque, sans histoire aussi, mais qui, comme beaucoup d’autres épouses ou compagnes, a un jour envie de changer de vie. Et là où beaucoup renoncent, par manque de courage ou tout simplement car elles réalisent que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, Marie, elle, décide de franchir le pas.

Cati Baur livre le récit sensible d’une femme prête à tout sacrifier pour quelques instants de bonheur. Ses rencontres, largement influencées par l’argent qu’elle possède, seront pour la plupart superficielles, éphémères, mais aussi intenses. Elle efface sa vie pour s’en inventer une autre, modifie selon son humeur ses souvenirs pour les rendre plus éclatants. Sauf, peut-être, quand sa route croise celle d’un ado un peu paumé, une sorte de miroir face auquel toute tentative de mensonge sera inutile.

La fluidité de la narration permet de suivre avec grand plaisir ce road-movie très féminin. Les séquences s’enchaînent sans heurt, les personnages défilent, entrent et sortent de la vie de Marie sans laisser de trace, et quand un lien risque de devenir trop fort, elle le brise immédiatement, sans remords. L’auteure sait jouer des silences pendant lesquels son héroïne se retrouve face à elle-même, ces moments de doutes qui, au fil des pages, se font plus nombreux. Quant à la conclusion, même si elle est loin d’être imprévisible, elle est amenée de façon sensible, terriblement humaine.

Le désir de liberté transparaît également sur le dessin de Cati Baur, avec des cases dont les contours ne sont pas clairement définis, et dont la taille varie également d’une planche à l’autre. Il y a une recherche permanente de l’imperfection dans l'anatomie des personnages, une façon peut-être de compatir avec Marie malgré ses choix parfois immoraux. Une façon aussi de montrer comment l’argent est utilisé par certains pour compenser un physique plutôt ingrat : « On peut pas avoir le patrimoine et le génétique ».

Après avoir collectionné les boulots aux éditions Delcourt, de manutentionnaire à assistante d’édition, Cati Baur est passée de l’autre côté de la barrière. Avec un deuxième album d’une telle qualité, les doutes sur le bien-fondé d'un tel choix ne sont plus permis. Ce poste-là, en tout cas, n’est plus vacant.

voir le blog de Princesse Capiton

Par L. Gianati
Moyenne des chroniqueurs
6.7

Informations sur l'album

Vacance

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 03/09/2021 à 11:49:44

    Une mère de famille plaque son mari et ses enfants sur un coup de tête pour vivre égoïstement une vie de luxure et de débauche. Voilà pour le succinct résumé. Là encore, ma première pensée ira pour les enfants qu'elle a sans doute accepté de faire et qui ont été abandonnés lâchement. Et je ne parlerai pas du pauvre mari désemparé. Je m'aperçois que le mot responsabilité semble avoir totalement disparu de certaines consciences dans une société ultra individualiste. Bref, ce ne sont pas mes valeurs !

    Là encore, je ne suis pas obligé d'adhérer à ces vagabondages et parties de jambes en l'air. Qu'est ce que l'auteur voulait nous démontrer ? Une tentative de libération de la femme soumise ? C'est franchement maladroit. Je ne suis pas parvenu à accepter cette fuite et à entrer par conséquent dans le cheminement mental de cette femme.

    Hugui Le 28/06/2014 à 21:49:15

    Cela commence un peu comme "Lulu femme nue" de Davodeau, avec de l'argent en plus. Le désir de s'évader est aussi fort mais encore plus désespéré, car les rencontres se révèlent assez vaines. Et finalement une fois le choc passé, on se passe bien de vous !
    Malgré cette morale cafardeuse mais réaliste, cette BD sensible atteint son but et nous touche, les dessins simples et expressifs y participant.
    À lire.