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S i jeune, et Marie nourrit déjà un certain nombre de regrets. Elle aimerait par exemple que sa mère ne soit pas morte, la laissant seule avec son père dans une ferme familiale où la vie n'est pas de tout repos. Est-ce là que son caractère renfermé et volontiers mélancolique trouve son origine ? Dans la fréquentation d'un père qui, lui-même mal dans sa peau, en vient à se choisir une femme russe sur Internet, comme d'autres achètent une voiture ou un original de Franquin ? Peut-être. Toujours est-il que l'arrivée de Tatiana marquera le début d'une nouvelle vie pour Marie, éloignée de cette figure paternelle envahissante, mais qui n'en est pas simple pour autant.

La beauté d'un livre dépend souvent de celle de ses personnages. À cet égard, Esthétique & filatures se montre très convaincant. Au-delà d'une Marie que l'on voit grandir, bouger, se démener pour garder la tête hors de l'eau, au-delà d'une Tatiana qui trouve dans la fuite une réponse désespérée à son déracinement, tous les héros de cette aventure contemporaine présentent une personnalité qui les rend uniques. Ils reflètent également une certaine idée de notre société, et c'est sûrement pour cela qu'ils paraissent si proches, car en décalage avec un monde qui ne leur convient pas. Problèmes de couple, déprime passagère ou récurrente, oubli dans l'alcool le temps d'une nuit ou plus... autant d'écueils d'une triste banalité, mais subtilement insérés par Lisa Mandel dans un scénario qui évite tout misérabilisme. Il est toutefois regrettable que celui-ci ne relève pas d'une construction plus élaborée et se contente parfois de renvoyer au propre vécu du lecteur pour aller plus loin dans la réflexion.

L'ambiance est sombre, c'est une évidence, à l'image du graphisme de Tanxxx qui doit beaucoup au génie de Charles Burns, mais le ton sait conserver une légèreté qui rend la lecture plaisante. Même dans les situations les plus désolantes, les plus pathétiques, l'humour est présent. Il passe par des scènes drolatiques où la dessinatrice délaisse la rigidité de son trait pour représenter des visages expressifs, lesquels lui évitent d'être reléguée au rang de simple suiveuse de l'auteur de Black Hole. Elle parvient en effet à combiner, dans une même séquence, la détresse d'un personnage et le comique de la situation pour l'observateur externe. Cette performance compense en partie les quelques proportions scabreuses qui surviennent ça et là, de même qu'un certain manque de régularité entre des planches très travaillées et d'autres plus anecdotiques.

Parmi les nombreux personnages qui défilent d'un bout à l'autre de l'album, la profusion de figures affichant plus ou moins ouvertement des tendances homosexuelles peut surprendre. Comme dans son précédent ouvrage, Princesse aime princesse, mais dans un registre bien plus réaliste, Lisa Mandel fait de ce thème le moteur de son récit en se gardant bien de virer dans le militantisme ou le cas d'école. Elle renvoie au contraire une image décomplexée de l'homosexualité, présentant cette marginalité comme une force de caractère et une source de réconfort, pas uniquement comme une nouvelle épreuve à surmonter. Le naturel des personnages trouve là, dans une vision très humaine d'une préférence qui reste difficile à vivre pour de nombreuses personnes, une belle occasion de s'exprimer. La spontanéité est toujours de rigueur et se manifeste notamment par des dialogues qui, entre argot et langage plus châtié, paraissent couler de source.

Alliant une grande finesse de ton et un graphisme à l'esprit très punk qui instaure une ambiance bien particulière, Esthétique & filatures se profile comme une véritable curiosité. Les deux auteures donnent également l'impression d'avoir encore une belle marge de progression, tant leur univers ne demande qu'à être encore mieux maîtrisé, ce qui devrait rendre la suite de leur parcours digne du plus grand intérêt.

Par D. Wesel
Moyenne des chroniqueurs
6.2

Informations sur l'album

Esthétique & filatures

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