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Toute la bande dessinée

Une signature. Par ces quelques traits, les artistes signent leurs œuvres. Elle est la preuve de leur engagement, de la sincérité de leur création et de la paternité de leur discours. La collection Signé veut rassembler des romans graphiques personnels, exigeants : des œuvres d'auteurs.

Passons sur le terme "roman graphique" (en quoi peut-il être différent d'une bande dessinée ?) et posons-nous une simple question : que veut vraiment cette collection, qui avait vu le jour il y a quelques années avant de mourir de sa belle mort, c'est-à-dire abandonnée faute d'avoir pu s'imposer ? Offrir des récits intimistes, lourds de sens, issus de l'esprit torturé d'un artiste qui s'est isolé trois ans dans sa cave ou au sommet de l'Himalaya pour pondre le chef d'œuvre ultime ? Sans aller jusqu'à de telles extrémités, c'est un peu ça. Plus prosaïquement, il s'agit de se repositionner dans le créneau des histoires courtes à la Aire Libre ou Long Courrier en évitant les albums hautement dispensables qui ne leur ont pas permis de maintenir leur niveau d'excellence. Or, pour remettre une collection au goût du jour, hormis l'inévitable refonte de la maquette et du format, quelle voie choisir ? Rééditer un grand classique pour la énième fois ou mettre en avant de plus jeunes auteurs ? Il y a une troisième solution, le compromis à la belge : d'un côté, on lance Derrien et Fourquemin sur la piste de Miss Endicott et de l'autre on se souvient que Cosey est un jour parti à la recherche de Peter Pan. Dans un cas comme dans l'autre, Le Lombard soigne son image classique : l'avant-gardisme, ce sera pour une autre fois !

Indépendamment de ce contexte, qui vaut à une ancienne publication de Cosey sa cinquième réédition, il ne faut pas s'y tromper : à défaut de chef d'œuvre, c'est bel et bien une histoire de très grande qualité qui se dissimule derrière une couverture dont la splendeur n'a d'égal que la sobriété. On ne répétera jamais assez l'importance d'une couverture. Celle-ci est un modèle du genre qui résume à la perfection le talent de l'auteur, passé maître dans l'art de la suggestion : il y a quelques traits mais beaucoup de vide, quelques couleurs mais beaucoup de blanc. D'un bout à l'autre, le créateur de Jonathan place cette simplicité au cœur du récit : celle des décors reflète celle des personnages et les textes appellent à la rêverie autant que les montagnes enneigées, aidés par un silence omniprésent et propice à l'introspection. Cette façon de fondre les hommes dans leur environnement et de se servir de celui-ci pour dépeindre l'état d'esprit des différents protagonistes, inscrit Cosey dans la vague naturaliste, un courant littéraire qui met la nature à l'avant-plan pour en faire le miroir de l'âme humaine. Le tout, bien sûr, en prenant le temps de se laisser gagner par l'ambiance qui découle des mots. La nature, pour splendide qu'elle soit, n'y masque pourtant jamais entièrement ses dangers, elle qui est à la fois hostile et complice, tour à tour camarade de jeu et traître sans pitié.

C'est ici le même mécanisme qui s'applique, alors que nous suivons le périple de Sir Woodworth dans les Alpes valaisannes. Ce qu'il y recherche et ce qu'il va y trouver, il vaut mieux ne rien en dévoiler. C'est plutôt sa personnalité et sa force de caractère dont il faut souligner la justesse. Dire qu'il a gardé une âme d'enfant serait exagéré mais il tente constamment de poser un regard vierge sur ceux qui l'entourent, au-delà des ragots qui lui sont colportés. Entre insoucience et humanisme, il jouera sans s'en rendre compte où en mesurer la portée à un jeu dangereux dans la quête de sa vérité personnelle. Parfois à la limite du raisonnable, il se laissera plus guider par son instinct que par sa bonne éducation anglaise : c'est ce brin de naïveté, voire de confiance aveugle dans le genre humain, qui fait tout le sel de l'histoire. Il vient pourtant un moment où le retour à la terre est inéluctable : cette prise de conscience tardive mais salutaire aura le mérite d'ouvrir de nouvelles perspectives, tout aussi passionnantes mais plus en phase avec le monde.

Hélas, tout n'est pas bon à prendre dans cette intégrale qui souffre de certaines longueurs. A force de miser sur le contemplatif, Cosey brise par moments le rythme de son intrigue pour finalement proposer une conclusion quelque peu précipitée. De même, l'émotion qui se dégage des personnages et des décors n'est pas toujours bien dosée : le sentimentalisme a ses limites, parfois trop facilement dépassées. A cet égard, l'épilogue n'est pas des plus réussis et pourrait venir freiner l'enthousiasme de ceux qui découvriront Cosey à l'occasion de cette réédition. Mais ces quelques réserves ne sont rien par rapport au plaisir de découvrir une histoire qui, outre ses qualités intrinsèques, marque aussi par sa valeur de témoignage. En effet, Cosey prend semble-t-il beaucoup de plaisir à nous présenter des hommes et des femmes vivant en quasi autarcie dans leurs montagnes : tout un art de vivre qui, avec ses avantages et ses inconvénients, se portait garant de certaines valeurs. Bientôt, ces souvenirs s'estomperont, définitivement. Une raison de plus de considérer A la recherche de Peter Pan comme un incontournable de la bande dessinée, à ranger aux côtés de l'excellent Voyage en Italie dans sa bibliothèque idéale.

La collection Signé fait donc un retour remarqué avec deux séries qui ne manqueront pas d'attirer l'attention, même si elle ne fait pas preuve pour l'instant d'une folle audace. Les plus exigeants espéreront donc pour la suite un peu plus d'originalité, voire même - soyons fous - de modernité. Au fait, qui est-ce, le prochain auteur au calendrier ? Ah oui, c'est ça... Hermann.


Dans la même collection :

Miss Endicott T1

Par D. Wesel
Moyenne des chroniqueurs
7.9

Informations sur l'album

A la recherche de Peter Pan

  • Currently 4.40/10
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  • 6

Note: 4.4/5 (107 votes)

  • Cosey
  • Cosey
  • 09/2007
  • Le Lombard
  • Signé
  • 978-2-8036-2244-3
  • 119

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L'avis des visiteurs

    minot Le 11/12/2018 à 00:52:09

    Une BD pour nostalgiques, qui fleure bon les années 80. Cosey est connu pour ses histoires pleine de sensibilité, ses personnages plein d'humanité, son goût pour les récits introspectifs ou sa passion des grands espaces qu'il couche régulièrement sur papier via son dessin tout en délicatesse.
    C'est tout cela que l'on retrouve dans ce récit mettant en scène un jeune écrivain anglais qui, dans les années 1930, vient chercher l'inspiration dans les Alpes du Valais, où son frère cadet a trouvé la mort il y a quelques années de cela, de manière assez énigmatique.
    Une lecture agréable et relativement dépaysante, malgré la fin un peu trop "cliché" à mon goût.

    biggyjay Le 25/11/2018 à 23:40:20

    Du Cosey et du bon ! Comme à l’accoutumée, l’auteur nous livre un savant mélange d’humanité, de nature et d’aventure parfaitement distillé ! Ça commence tout en douceur pour gagner en intensité au fur-et-à-mesure des pages et enfin finir le plus naturellement possible.
    Le dessin est magique et les décors, enchanteurs. Avec une mise en couleur sobre, subtile et maîtrisée, Cosey fait des merveilles !
    C’est, bien évidemment, une lecture à vous conseiller et un passage obligé pour tout amateur du maître !

    Julien Blin Le 09/04/2014 à 10:42:34

    Dépaysement assuré avec cette BD, qui derrière un traitement graphique et une mise en case à première vue plutôt classique, offre une histoire empreinte de fraîcheur et de romantisme. Un bon moment de lecture et une illustration délicate de cette nature belle et sauvage au cœur de nos montagnes.

    DamBDfan Le 21/02/2014 à 15:08:29

    Très belle histoire d’un écrivain anglais qui décide de retourner sur les lieux où son frère a disparu, dans l’espoir de trouver de l’inspiration pour son prochain roman.
    Rencontre, magie, mystère, contemplation et poésie sont au rendez-vous et Cosey manie tout cela avec toujours autant de brio et d’authenticité.
    Les décors enneigés des Alpes valaisannes sont pleins de charme et un grand moment d’évasion. Cependant, la fin aurait pu être plus percutante et un peu moins parfaite. A découvrir tranquillement.

    max_lamenace Le 12/10/2010 à 10:10:36

    Un petit miracle signe Cosey. On se laisse emporter par cette histoire mysterieuse dans des decors magnifiques qui rappellent les meilleursmoments de jonathan. Ca fait passer un moment a part, dans un autre monde.

    zaaor Le 27/08/2008 à 17:35:00

    Un Cosey demeurera toujours un Cosey. Cet auteur sait comment manier les
    sentiments en dessins pour en faire des aventures plus vraies que nature.

    Ici, le paysage bucolique des Alpes amène à la quiété, la solitude.

    Un album mature mais inégal dû à certaines longueurs et à la précipitation d ela
    fin. Le parallèle suivi entre les histoires de Peter pan et le héros est suivi tout au
    long de l'album pour terminer en oeuvre qui manque un léger quelque chose pour
    retenir le titre de magistrale ou de géniale comme LE VOYAGE EN ITALIE était.