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Capucin 1. La mauvaise pente

04/04/2006 10644 visiteurs 7.3/10 (12 notes)

C apucin est le fils de Gauvain, l’invincible chevalier de la cour du roi Arthur. Invincible jusqu’à la défaite essuyée un jour de tournoi contre l’impitoyable Bouche Dorée, ce qui lui coûte un bras. Dès lors, rien ne sera plus comme avant. Le preux et majestueux guerrier n’est plus rien et c’est son fils qui doit désormais assumer la charge des affaires familiales. C’est trop pour le jeune homme qui, souffrant d’avoir perdu son modèle, s’égare sur les chemins du larcin et de la vengeance.

Attention talent de conteur ! Capucin risque de donner une belle claque à nombre de ceux qui vont se montrer suffisamment curieux pour l’ouvrir. Il vous happe dès l’instant où l’on est entré dans l’histoire (quelques pages suffisent, on n’en décroche plus) et, à la fin, laisse repu autant que fourbu, étonné aussi qu’il puisse y avoir une seconde partie. Heureusement, d’ici là on aura repris son souffle et relu ce petit bijou pour se préparer à la suite.

Il est riche et dense ce premier volume, il s’en passe des choses tout au long de ces 150 pages. Pas question de ménager le lecteur, petit ou grand, de temporiser ou d’adoucir les évènements. L’auteure montre tout. Il pourrait être accablé par tant de malheur le petit bonhomme à la coupe de page et aux yeux de poisson chinois. Mais non, il se bat et rebondit de plus belle après les coups du sort, nombreux, mû par l’énergie du désespoir et son désir de vengeance. Par moments, ce récit est assez effrayant et ce qu’on y subit devrait marquer les esprits les plus sensibles (mômes réduits à l’esclavage, combats sauvages et amputations, trahisons et félonies). Oliver Twist est cité en référence, Pinocchio sous ses éclairages les plus sombres (c'est-à-dire non passé à la moulinette acidulée disneyenne) pourrait l’être aussi pour certaines scènes. Pas de positivisme, l’approche évite tout manichéisme. Ainsi, le jeune héros, victime et bourreau, agit parfois aveuglément au mépris de la plus élémentaire morale, se laissant glisser sur une « mauvaise pente » que sous d’autres cieux on aurait appelé « côté obscur » (l’instinct de survie n’explique pas tout). Les méchants ne sont pas plus épargnés ni monochromes. Le sanguinaire Bouche Dorée a un jardin secret qui lui rend une dimension humaine mais qui précipitera sa chute. Que dire enfin de la scène durant laquelle le fils renie son père parce qu’il n’est plus en mesure de jouer son rôle de guide et d’exemple ? Le plus terrible étant peut-être que le lecteur est contraint à la passivité la plus totale en voyant tous ces personnages emprunter les mauvaises voies sans être convaincu qu’il existe une issue honorable.

Le style du dessin et les couleurs de Florence Dupré La Tour concourent évidemment à la jubilation née de cette découverte. Les amateurs de Joann Sfar (avec lequel elle a travaillé sur la série animée Petit Vampire) se diront sans doute qu’ils ont trouvé son alter ego. Pas de gémellité graphique mais une apparente communion d’esprit lorsqu’il s’agit d’illustrer une histoire vivante et souvent imprévisible. Le faux air psychédélique du trait et des tonalités donne une personnalité et une vigueur indiscutable à l’ensemble. Bien sûr, il risque de rebuter les pseudo-esthètes qui ne jurent que par le classicisme et le réalisme. Tant pis pour eux. Ils passeront à côté d’un des albums-phare de ce début de printemps.

Une chose est sûre, Florence Dupré La Tour est un nom à retenir. Son Capucin laisse à penser qu’elle appartient à la catégorie de ceux qui peuvent s’attaquer à n’importe quel sujet, quel que soit le format de l’album, et livrer un résultat passionnant à découvrir. C’est si rare. Et si flatteur de pouvoir dire « dès le début, j’étais là » qu’il serait dommage de rater le coche.

Par L. Cirade
Moyenne des chroniqueurs
7.3

Informations sur l'album

Capucin
1. La mauvaise pente

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Note: 3.3/5 (34 votes)

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L'avis des visiteurs

    fredd le barbu Le 25/05/2007 à 12:07:08

    Capucin est assez rentre dedans dans son genre. Le dessin psychédélique avec une pichenette de Sfar est aguicheur au départ mais à la lecture, on peut s'y perdre. De même l'histoire ne propose pas de temps morts et sur plus de cent pages, on frise souvent le trop plein.
    Pourtant, force est d'admettre que c'est bien ce coté bourrin' qui rend Capucin unique. Capucin est une vraie tête de pioche et sa quête (une terrifiante descente aux enfers) est violente et souvent immorale. On s'en prend clairement plein la tête. La fin du 1er tome est assez démente en ce sens. A découvrir !