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Karl (Bonin) Karl

12/02/2026 1431 visiteurs 7.5/10 (2 notes)

A près dix ans d’absence, Magda revient sur les lieux de son enfance, dans cette maison que son père lui a léguée à sa mort. Dans un coin du bureau de feu Charles Brooks, elle découvre – sous une simple housse - Karl, le robot-majordome de ce dernier. Alors commence une étrange relation qui, au fil du temps, conduira la jeune femme, comme l’androïde, à s'interroger sur l’indicible frontière entre l’Homme et la machine qu'est la conscience….

Cyril Bonin est de ces auteurs qui, discrètement, album après album, construisent une œuvre singulière, tant par la profondeur de leur propos que par l’attrait de leur graphisme.

Chaque nouvelle parution de l’auteur d’Amorostasia est l’occasion de questionner sur la teneur des rapports humains. Ici, Magda se retrouve face à un robot qui, progressivement, sort des sentiers balisés de la cybernétique… Ce face-à-face, maintes fois traité, trouve ici un développement des plus personnels, puisqu’il permet aux deux protagonistes d’explorer de nouveaux territoires ou d’en redécouvrir d’anciens, oubliés. Ce faisant, un grand nombre de thèmes sont abordés, allant du deuil à la relativité générale d’Einstein, en passant par le vol d'un papillon, l’appréhension de soi (et des autres) ou la responsabilité pénale d’une machine… Autant de concepts d’une richesse infinie que Cyril Bonin, dans un style élégiaque, ne fait cependant qu’effleurer, certes avec beaucoup justesse, mais au prix de frustrantes ellipses et ce malgré une pagination riche de plus d'une centaine de planches. Graphiquement et curieusement, l’ex-élève des Arts décoratifs de Strasbourg opte pour un univers visuel proche de celui des années 50, mais qui aurait développé une science de la robotique poussée à sa toute extrémité sans aucun des abus communément admis ! Ceci lui permet toujours de cultiver un trait, si particulier et élégant dans sa retenue, servi par une palette de couleurs des plus automnales, qui baignent ce one-shot d’une luminosité étirant la temporalité du récit, Ce qui est sous-entendu devient alors aussi important que ce qui est dit.

Karl se singularise par un traitement atemporel où passé et futur s’entremêlent autour de l’une des questions intrinsèques à l’Humanité : celle de sa propre conscience. Pour l’heure, Cyril Bonin évite habilement les écueils du genre, offrant une fiction intimiste où la technologie est simplement posée comme le révélateur des contradictions et des aspirations de tout un chacun !

Par S. Salin
Moyenne des chroniqueurs
7.5

La Preview

11/02/2026 | 12 planches

Informations sur l'album

Karl (Bonin)
Karl

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Note: 4.5/5 (13 votes)

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L'avis des visiteurs

    Asturn Le 09/03/2026 à 14:21:01

    Pourquoi lire cet album ? Pour le caractère insaisissable et cohérent des personnages, pour cette héroïne froide et intransigeante. Pour ces réflexions sur les relations humaines à travers la recherche de sens d'une IA. Pour cette thématique (conscience robotique) très bien utilisée, bien qu'exploitée à mainte reprise. Elle a toujours à offrir, quand on sait bien s'en servir.
    Clairement dans mes BD préférées de 2026. Je n'ai jamais lu Les Dames de Kimoto, du même auteur, mais compte bien m'y mettre très vite ♥

    drbe Le 05/03/2026 à 21:33:15

    Spoiler Alert! Karl est sans nul doute dans la Top 10 des BD 2026.
    Quand Gork , Claude et consort servent à assouvir les bas instincts des grands de ce monde comme celui des moins grands; Cyril Bonin lui, injecte à l'IA une mega dose d'humanité et d'intelligence. L'ensemble est servi par un dessin submime et un scénario brillant et captivant. Le robot Karl se pose les questions que nous tous nous posons, et les réponses de Karl et de sa propriétaire Magda Brooks valent la peine de lire ce livre.
    Karl est un petit chef d'oeuvre, allez y les yeux fermés !

    Blue boy Le 16/02/2026 à 21:54:11

    A l’heure où l’intelligence artificielle s’impose de plus en plus dans nos vies, alors même que les débats sur les enjeux éthiques et les risques inhérents à cette technologie n’ont aucunement pesé dans son développement tous azimuts, Cyril Bonin nous livre avec « Karl » une fiction où il questionne ce qui fait notre humanité à travers cet androïde qui semble échapper à ses créateurs et fait montre d’une sensibilité plus grande que bien des représentants de notre espèce.

    Bien sûr, la thématique n’est pas nouvelle, elle a déjà été exploitée maintes et maintes fois dans la pop-culture, l’une des œuvres fondatrices étant sans doute le « Frankenstein » de Mary Shelley, ainsi que, plus tardivement, le cycle des Robots d’Isaac Asimov. Au cinéma, nous avons eu « Metropolis » de Fritz Lang, et plus récemment « 2001, Odyssée de l’espace », de Stanley Kubrick, une adaptation du livre d’Arthur C. Clarke. D’ailleurs, Karl, n’évoque-t-il pas, ne serait-ce que par son nom, « Hal », l’IA contrôlant le vaisseau spatial de « 2001 » ?

    La différence réside dans le mode de traitement par son auteur, et Cyril Bonin l’a fait dans son style bien à lui. Si l’histoire est très fluide, ce dernier intègre des sujets très pertinents, avec un laïus scientifique loin d’être plombant mais surtout une bonne part d’interrogations philosophiques, le tout étant amené de manière très subtile et passionnante. La question centrale étant : qu’est-ce que la conscience, à partir de quel moment une IA accède-t-elle à la conscience, où commence le libre arbitre, et toute cette sorte de choses ? A noter ce propos de Karl — émerveillé à la vue de cette biche, cause indirecte de l’accident —, qui donnera au lecteur ample matière à méditation : « Certains disent que la conscience est un moyen pour la vie de se répandre. Mais je pense qu’au contraire, c’est la vie qui est un moyen pour la conscience de se développer. »

    Une fois encore, l’auteur solitaire et complet qu’est Cyril Bonin (même s’il lui arrive d’adapter des œuvres littéraires) nous fait don (oui !) de son univers graphique unique et intemporel. Il m’est personnellement très difficile de résister au charme visuel, un rien poétique, de son dessin. Optant ici pour un contexte décalé, on ne peut pas vraiment parler de cyberpunk. Disons que l’action semble se situer dans la première moitié du XXe siècle, si l’on s’en tient au mobilier et aux vêtements, mais avec quelques éléments futuristes tels que la cybernétique ou la présence de drones dans le ciel urbain, ce qui évoquerait le monde des « Cités obscures » de Schuiten et Peeters. Le trait délicat et élégant du bédéaste est tout simplement sublime, avec toujours cette belle maîtrise de la couleur.

    Paru dans les premiers jours de février, « Karl » s’inscrit d’ores et déjà en bonne place dans les œuvres qui se distingueront en 2026. Cyril Bonin est parvenu ici à établir des correspondances entre la haute technologie et la poésie, tout en abordant de manière raisonnée voire bienveillante la question de l’intelligence artificielle, sans l’inquiétude habituelle inhérente aux débats sur l’intrusion massive de cette technologie dans nos vies. Certains diront un peu légère et superficielle, car le sujet est complexe mais qu’importe, « Karl » apparaît véritablement comme une parenthèse enchantée.