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rois tomes, et toujours cette même élégance narrative et visuelle qui rend Dans la tête de Sherlock Holmes inimitable. Le duo Cyril Liéron - Benoît Dahan poursuit son exploration du cerveau du plus célèbre des détectives avec Le cauchemar du loch Leathan, un album aussi somptueux qu’immersif.
Dans ce nouvel opus, Holmes et un Watson endeuillé prennent la direction de l’Écosse pour élucider une série de morts mystérieuses que les villageois attribuent à une malédiction. Fidèle à lui-même, le détective rejette toute idée de surnaturel et tente d’apporter une explication rationnelle à ces phénomènes.
Le scénario, à la construction détaillée, invite le lecteur à se perdre avec délice dans les méandres de l'esprit du résident du 221B Baker street, oscillant sans cesse entre intuition et logique pure. Benoît Dahan, une fois encore, éblouit par la richesse de son dessin. Chaque page se lit, s'inspecte, se relit, se contemple. Les cadrages inventifs, la variété de ses ambiances visuelles (aplats doux, fonds presque granuleux, brouillards épais autour du loch) et les détails minutieux des décors écossais se répondent de case en case. Ils donnent à chaque page un relief presque tactile. Ces effets de textures et de lumières accentuent cette atmosphère brumeuse et mystique, digne des légendes locales. Pour chaque limier en herbe, le plaisir est aussi intellectuel que visuel.
Cet album offre un prolongement naturel au diptyque L’affaire du ticket scandaleux à la créativité unanimement saluée. Ceux qui auront emprunté la passerelle du jeu Unlock : Dans la tête de Sherlock Holmes confirmeront l’incroyable cohérence de l’univers imaginé par Liéron et Dahan dans lequel les frontières entre livre et jeu s’effacent, offrant une nouvelle dimension à l’expérience du lecteur.
Un troisième tome envoûtant, à la fois hommage et réinvention du mythe, qui prouve qu’il reste encore bien des mystères à résoudre dans le cerveau du grand Sherlock.









Inventif, novateur, documenté... quelques adjectifs parmi tant d'autres pour qualifier ce nouvel opus absolument parfait. Une série devenue indispensable dans le monde de la BD.
A l’heure où les livres – et plus globalement la lecture – sont remis en question, notamment par les jeunes générations, « Dans la tête de Sherlock Holmes » apparait comme un parfait contre-pied à cette tendance. Avec Benoit Dahan et Cyril Liéron, le livre en tant qu’objet reprend une place centrale et en met plein la vue.
« Le cauchemar du Loch Leathan » renoue avec le foisonnement protéiforme et baroque du premier diptyque. Textes et dessins de toutes natures s’entremêlent copieusement et crée un mystère dans le mystère. Cette enquête, dans les brumes inquiétantes d’une Ecosse en proie aux noyades suspectes autant qu’aux superstitions, est un régal de complexité et sied particulièrement bien à Holmes et Watson.
Alors d’accord c’est parfois chargé, voire excessif, mais cette forme si atypique mise en œuvre par les auteurs fait doublement, et même triplement sens.
D’abord, elle rend visible l’observation et les rouages du raisonnement de Sherlock Holmes de façon minutieuse et décalée.
Elle témoigne ensuite du caractère obsessionnel, quasi autistique du détective, qui est une des clés de compréhension de ses extraordinaires capacités d’analyse.
Enfin, elle invite le lecteur à prendre part (y compris physiquement) à l’histoire. Qui lit cet album est mis à contribution et devient acteur du scenario. La lecture n’est plus une occupation passive, elle devient un engagement actif qui agrémente et renforce l’expérience. C’est la meilleure réponse à apporter à ce phénomène de société qu’est l’étiolement progressif de la lecture et la dématérialisation des supports. Ce bouquin ne peut exister QUE sous forme physique. En effet, en plus de la superbe couverture ajourée, le développement de l’histoire exige de tourner de vraies pages en vrai papier pour se prêter à tous les jeux auxquels nous convient les auteurs. C’est génial de voir cela en 2026.
Ce procédé graphique et narratif n’est donc pas que spectaculaire, il est surtout salutaire et donne à cette série une énorme plus-value.
PS. L'éditeur ne pourrait-il pas pousser l'idée jusqu'à concevoir un pop-up ? j'en rêve !
Encore une fois, les auteurs cassent les codes de la bande dessinée en faisant preuve d'une inventivité et d'une créativité hors du commun. Au-delà de l'intrigue en elle-même qui est somme toute bien prenante (quels liens entre ces crimes mystérieux et le folklore local qui fait la part belle au surnaturel ?), on appréciera évidemment la narration alambiquée tout à fait originale - qui fait le sel de cette série - et bien sûr le dessin atypique, riche en trouvailles graphiques et autres astuces visuelles.
Le genre d'album qui vous fait aimer la bande dessinée, tout simplement.
J'avais peur que la série ne se limiterait qu'aux deux premiers opus mais en me baladant en librairie et voyant le nouvel ouvrage, j'ai été remplie de joie.
On y retrouve le dessin parfait dans ce nouveau tome, chaque page est une oeuvre d'art, moi qui suis plutôt amoureux des bandes déssinées de l'ancien temps car leur très sont simples et s'approche plus au dessin que les bandes déssinées plus récentes qui tente de faire plus dans le réalisme. Ici je trouve la DA incroyable un compromis parfait entre ce que j'aime de l'ancien et de la nouvelle ère.
L'histoire est incroyable et bien écrite et les petites découvertes quand on intéragit avec le bouquin sont toujours un petit truc en plus que j'apprécie énormément.
Franchement bravo pour ce tome qui me rend impatient pour la suite