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1629... ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta 1. L'Apothicaire du diable - Première partie

19/12/2022 6803 visiteurs 8.0/10 (3 notes)

N ommé subrécargue du Jakarta par les directeurs de la V.O.C.*, Francisco Velseart va devoir composer avec le Capitaine Arian Jakob - aussi bon skipper que porté sur la bouteille - et le jeune Jéronimus Cornélius - apothicaire de son état - dont ce sera le premier voyage. Ambitieux, ce dernier compte bien profiter de sa place de second dans cette expédition pour changer de vie et mettre la main sur la cargaison de leur bateau. Mais entre les trois cents marins plus ou moins fréquentables, la météo capricieuse et les invités, dont une certaine Lucrétia Hans, il va devoir déployer tous ses talents pour parvenir à ses fins.

Que ce soit en roman avec L'archipel des hérétiques (de Mike Dash) et Les naufragés du Batavia (de Simon Leys), ou en bande dessinée avec l'excellent Jeronimus de Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx (chez Futuropolis), depuis longtemps déjà, la tragédie du Batavia fascine les auteurs et aiguise leur imaginaire. Cette fois, ce sont Xavier Dorison (scénario), Thimothée Montaigne (dessins) et Clara Tessier (couleurs) qui se lancent dans l'aventure. Pour l'occasion, les auteurs (et leur éditeur) ont mis les petits plats dans les grands ; format XL, épais papier glacé, signet, couverture texturée à dorures lisses et vernis sélectif. Cette couverture d'ailleurs est à elle seule un pari. Alors que la plupart des récits maritimes optent pour une illustration (souvent démonstrative) de bateau en mer, le dessinateur choisit de casser les codes et rend hommage aux livres de la collection Hetzel. Si, évidemment, le prix se met au diapason du "contenant", qu'en est-il du contenu ?

Dès les pages liminaires, le ton est donné ; la préface du scénariste, le plan de coupe du navire, la carte du périple mais surtout les pages de chapitre invitent les lecteurs au voyage. Pour ces dernières aussi, avec leurs titres et les illustrations en noir et blanc tendance gravures, la référence aux écrits de Jules Verne ne fait aucun doute. Pour habiller l'histoire imaginée par son compère Xavier Dorison, le dessinateur sort le grand jeu. Les deux (superbes) doubles pages qu'il propose pour débuter le récit sont accompagnées d'une voix off au propos qui donne le ton. Si le contraste de cette entrée en matière est saisissant, la suite ne l'est pas moins ; style réaliste, trait précis et encrage qui fait la part belle aux mouvements. À l'occasion de sa première véritable création d'univers, Timothée Montaigne, en plus d'imaginer des trognes plus vraies que nature, livre des cases impressionnantes de détails que ce soit sur les décors, les bateaux ou les personnages. Son découpage, varié et souvent inventif donne du rythme à l'ensemble tout en accentuant les situations, les rebondissements. Il se sert également des cadrages pour mettre en exergue un instant, avec un gros plan sur un regard, un visage. Grâce au travail de Clara Tessier à la colorisation, les ambiances marquent et chaque séquence possède son atmosphère. Pour ses premiers pas dans le neuvième Art, l'illustratrice fait sensation. Également aquarelliste, la talentueuse artiste troque ses pinceaux pour une mise en couleurs numérique qui n'a pas à rougir de ce qu'elle propose en peinture. Sa gestion de la lumière et des ombres notamment accompagne à merveille les planches du dessinateur, leur donnant du relief et de la profondeur. Le duo offre ainsi des pleines pages et des doubles planches qui font leur effet et parviennent facilement à donner corps aux éléments.

Avec un tel graphisme, l'histoire choisie par Xavier Dorison passerait presque au second plan. Le scénariste ne cède pas pourtant à la facilité. En partant de faits réels hallucinants, qu'il romance quelque peu pour mieux servir son intrigue, il construit un récit maritime autour de trois personnages principaux. L'apothicaire ruiné qui fuit Amsterdam avec l'idée de voler la V.O.C, la bourgeoise endeuillée qui obéit à l'injection de son époux et le marin anonyme qui lui sert autant de guide que de protecteur. Avec ce trio, et des nombreux seconds rôles hauts en couleurs, le scénariste dévoile déjà le thème central de ce premier acte : la soumission et la manière de l'accepter ou de s'en émanciper. Qu'elle soit la conséquence du poids de la société, pour Cornélius ou Lucrétia, ou des circonstances, pour Hayes, leur situation lest subie et chacun y réagira de manière différente. Sur ce navire long de cinquante mètres, les privilégiés côtoient la pire vermine avec entre les deux camps, une montagne d'or et de bijoux. Pourtan, les moins nombreux font régner l'ordre et la moindre incartade est rapidement et spectaculairement sanctionnée sans aucune opposition. C'est sur ce terreau que le projet de Jeronimus prendra forme. Un empoisonnement, une mutinerie puis un naufrage, les évènements s'enchaînent et l'équipage comme les passagers voient leurs nerfs comme leurs corps soumis à rude épreuve. Le fragile équilibre qui permet au représentant de la compagnie hollandaise d'imposer à tous sa volonté se verra rompu. L'histoire se meut alors en huis clos psychologique prenant et stressant digne des meilleurs thrillers.

Avec L'Apothicaire du diable, Clara Tessier, Xavier Dorison et Thimothée Montaigne posent les bases d'un grand spectacle. Si le seconde volet est à la hauteur des promesses, ils feront de leur 1629... ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta un incontournable des récits de maritimes en bande dessinée au même titre que Long John Silver, Le Loup des mers ou... Jeronimus.

* V.O.C. pour Verenigde Oostindische Compagnie, Compagnie néerlandaise des Indes orientales en français. Elle détient le monopole du commerce avec l'Asie (et notamment Batavia/Jakarta) et les épices notamment font sa richesse.Très puissante, elle dicte même sa loi aux marins et impose, à chaque voyage, la présence d'un de ses représentants, garant de son autorité et au-dessus du capitaine, le subrécargue.
Elle est régulièrement considérée comme la première entreprise capitaliste.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

1629... ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
1. L'Apothicaire du diable - Première partie

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L'avis des visiteurs

    thorus78 Le 25/01/2023 à 19:01:36

    Ouvrage de très belle facture, beaucoup de pages avec joli papier, couverture très belle... certains se plaindront du prix... mais la qualité le justifie.
    Très beaux dessins détaillés, scénario sans grandes surprise mais digne d'une grande traversé à l'époque.
    Le fait que ce soit inspiré de faits réels, il est difficile de dénigrer le scénario.
    Merci pour le petit dossier à la fin de l'album, c'est toujours appréciable.
    J'attends le tome 2.

    JeanneD Le 22/01/2023 à 21:59:39

    Note de 2.5/5
    Magnifique couverture, 35€ ... je m'attendais donc à un objet dessiné qui sorte de l'ordinaire.
    Hélas.
    Car si le dessin est très chouette, il reste néanmoins très classique, et la colorisation augmente cette impression de déjà-vu.
    Déception donc.
    D'autant que le scenario, épique certes - mais il doit tout à l'histoire réelle sur laquelle il se base - reste celui d'un voyage embarquant gueux et personnages louches et/ou redoutables (dont bien sûr le fameux apothicaire), avec une trame assez convenue, et une évolution dont on se doute (trop).

    Certains détails présentés en préface sur la compagnie maritime hollandaise et sur la vie à bord sont intéressants cependant.

    Mais j'ai trouvé la mise en case et le découpage de certaines planches parfois assez peu habiles, à la limite de gêner une bonne lecture. Tout est classique dans cette Bd, et ce qui ne l'est pas aurait peut-être mieux fait de l'être...

    Finalement j'ai terminé l'album en me demandant si j'aurais envie de connaître la suite en lisant le deuxième et dernier opus... en tout cas je ne l'achèterai pas, c'est certain. Et il est même encore plus probable que je ne me souvienne même pas de cette BD quand le 2ème tome sortira...

    BudGuy Le 22/01/2023 à 15:22:37

    Il est temps pour moi de parler de ce premier opus conséquent (au niveau de la pagination et de son poids) revenant sur l'histoire des naufragés du Batavia en 1629 sur une île perdue du Pacifique. Cet album est inspirée d'une histoire vraie et a déjà été adapté en 2008 par Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx pour un résultat impressionnant par son rapport distancié avec Jéronimus, la tension qui s'instaurait au fur et à mesure et son aspect impressionniste magnifique.

    Par rapport à cette nouvelle monture menée par Xavier Dorison et Thimothée Montaigne, il y a pas mal de choses à dire.
    Le rendu visuel est magnifique que cela soit vis à vis des décors, du navire lui-même: c'est un régal pour les rétines. Les personnages lorgnent du côté de Mathieu Lauffray rappelant l'excellent triptyque consacré à Long John Silver (un des marins lui ressemble à un moment donnée, clin d'œil j'imagine).

    Mes reproches portent sur le personnage principal à savoir le sociopathe apothicaire Jéronimus Cornélius. En effet, il est extrêmement verbeux et nous avons le droit à sa 'voix en off' tranchant avec le Jéronimus de la version de 2008 plus silencieux et plus inattendu.
    Nous avons le droit à la critique de la religion, mais protestante luthérienne cette fois-ci, soulignée avec les commentaires athées de Jéronimus et d'autres personnages un peu trop insistant (par ailleurs il n'y a pas "messe" chez les protestants réformés comme indiqué à la page 32).

    Le scénario est riche en trognes, en rebondissements et autres éléments classiques à ce registre, d'ailleurs cela commence à être un peu trop évident. En effet, depuis 'Long John Silver', certains éléments scénaristiques sont devenus un peu trop téléphonés à mon goût: la cargaison d'or convoyée par les pires marins du monde, que pourrait-il arriver de mauvais en chemin ? La séquence de punition au fouet, le capitaine qui refuse de faire une escale augmentant la grogne des matelots, la grosse tempête…

    Dans tous les cas, je salue la restitution fidèle d'un trajet en haute-mer avec toutes les conditions qui y régnaient (chaleur, scorbut, odeur d'urine, nourriture avariée, privations).

    Malgré ses menus défauts, un premier tome de très bonne qualité.

    Bourbix Le 02/01/2023 à 11:14:40

    Cet album m'a laissé mitigé : c'est très beau, bien écrit, terrible, mais... pas innovant ! Un récit parmi d'autre de flibuste, mutinerie, et conditions affreuses sur les traversées maritimes du XVIIe siècle.
    Au registre des naufrages méconnus et étonnants, préféré "Les esclaves oubliés de Tromelin", à mon sens beaucoup plus poignant et incroyable.

    xlg Le 26/12/2022 à 22:35:08

    Dévoré d'une traite, vivement la suite ! L'album ressemble à une intégrale de par sa taille et sa finition et du coup un peu surpris de devoir attendre la suite...

    herve26 Le 28/11/2022 à 23:07:08

    La première chose que l'on remarque avec cette bd, c'est sa qualité éditoriale, une couverture remarquable, et un album de 135 pages qui pèse plus d'un kilo!
    Certes, le prix est assez élevé, et un choix éditorial autre à un moindre coût aurait pu l'emporter mais c'est vrai que cette option, assez luxueuse ,est discutable mais passons...
    Ce qui frappe en ouvrant cet album, c'est le dessin de Thimothée Montaigne. J'avais découvert cet auteur avec la série "le troisième testament-Julius" qu'il avait repris au pied levé avec un certain brio, il faut l'avouer. Certes son dessin lorgne sans ambiguïté aucune, vers celui de Mathieu Lauffray, avec lequel il avait collaboré sur "Long John Silver".
    Il y a rien à dire sur le dessin, c'est superbe,on en prend plein la vue avec quelques pleines pages ou doubles pages incroyables (je pense notamment à la découverte du Jakata, pages 22 et 23.)
    En débutant la lecture, j'ai immédiatement songé au personnage de Lady Hasting de "Long John Silver" avec Lucretia Hans, qui veut rejoindre son époux, au delà des mers.
    Je reste subjugué par la beauté des planches, malgré la noirceur de l'intrigue, au fil des pages.
    Le scénario de Xavier Dorison n'est pas en reste, l'intrigue est très sombre, les personnages très tourmentés, et ce premier volume retrace avec une efficacité remarquable, l'atmosphère qui règne sur un navire où une mutinerie couve....
    Parti d'un choix éditorial très discutable sur le coût, cet album rejoint, à mes yeux, un des meilleurs albums que j'ai lu cette année, bref un incontournable de cette année.

    bran ruz Le 28/11/2022 à 14:28:25

    Superbe objet, histoire et illustrations. Vivement la suite.
    Pour info, cette même histoire vraie à déjà été traitée en 2008 dans un nom moins superbe triptyque : "Jeronimus" de Jean-Denis Pendanx (dessins) et Christophe Dabitch (scénario) chez Futuropolis.

    Theobald Pontifex Le 26/11/2022 à 22:24:39

    Un scénario au top, du très très bon Dorison. Le dessin de Thimothée Montaigne, hélas n'est pas toujours à la hauteur du scénario, il est parfois confus avec un découpage peu clair pour une lecture aisée. Mais l'ensemble reste une excellente réussite de B.D. Le dessin flirte avec celui de Mathieu Lauffray pour son Long John Silver du même scénariste. le cartonnage conçu par les éditeurs, bien qu'un peu cher est magnifique.

    FabriceB08 Le 23/11/2022 à 17:43:17

    Un ouvrage magnifique, une histoire captivante... je l'ai dévoré. Chapeau bas. J'ai hâte de lire la suite.

    Rody Sansei Le 16/11/2022 à 14:43:51

    Un objet vraiment (très) beau.
    Après, l'histoire est ce qu'elle est : une histoire de mutinerie et de naufrage. On est dans le classique.
    C'est bien raconté, les dessins sont très beaux, mais ça manque un peu de souffle épique.
    Je n'ai pas été subjugué.

    Et 35€, ça reste cher, trop cher pour 130 pages, le vernis sélectif et le toilage de la couverture ne peuvent pas tout excuser.

    Note selon les critères du site : 3,5/5.

    Clren Le 15/11/2022 à 12:34:05

    Superbe ! Scénario et illus impeccables (et aussi les couleurs). Et un très bel objet. En plus, l’histoire est très originale. Je recommande à 100%.