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Chasin' the bird Charlie Parker en Californie

26/07/2022 1784 visiteurs 8.0/10 (2 notes)

L a disparition de Charlie Parker n’étonne pas ceux qui connaissent les habitudes du saxophoniste. Instable et miné par les addictions, ce n’est pas la première fois qu’il fait faux bon à ses amis et rate des engagements. Par contre, aucun signe de vie depuis près de six mois, c’est nouveau et inquiétant. Il n’en faut pas plus pour que la machine à rumeurs démarre et tourne à plein régime : en retraite spirituelle, en prison, à l’étranger, abandon de la musique (personne ne peut y croire), malade ou pire ? Tous les amateurs de jazz poussent un soupir de soulagement quand une date de concert est finalement annoncée. Bird remonte sur scène et va jouer !

Compositeur et interprète majeur dont l’inventivité et le talent ont marqué à jamais son art, Charlie Parker (1920 – 1955) est un des géants de la musique du XXe siècle dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui. Son style de vie bohème et sa dépendance aux opiacés et à l’alcool, ainsi que sa fin prématurée font également de lui le stéréotype du jazzman et de l’artiste maudit.

Dave Chisholm et Peter Markowski (formidable aux couleurs) lui rendent un hommage sous la forme d’une évocation biographique se concentrant tout particulièrement sur l’année 1947, quand, après une tournée désastreuse en Californie, Bird préféra suivre ses chimères et s’évapora pendant de longues semaines. Organisé en chœurs ou chapitre, le scénario laisse la parole à des personnalités de l’époque afin de tenter de cerner ce personnage plus grand que nature. Dizzie Gillepsie, l’ami et collègue avec qui il a posé les bases du bebop et du jazz moderne, Jirayr Zorthian, fantasque artiste d’origine arménienne qui invita Parker dans son ranch pour une de ses légendaires fêtes annonciatrices des délires psychédéliques des années soixante. William Claxton, fan invétéré qui fit signer un ruineux contrat d’enregistrement à son idole, le tout jeune John Coltrane, engagé pour ces séances en studio, il constate tant le génie que l’inconstance du héros et quelques autres partagent leurs impressions et aident le lecteur à mieux appréhender l’homme derrière le mythe. Le point commun qui revient dans tous ces témoignages ? Impossible de rester indifférent face à son charisme et à son talent. Dès qu’il met les lèvres à son saxophone, le temps s’arrête. Ses défauts ? Oui, un junky prêt à tout pour sa dose et indifférent aux autres dès que le manque de poudre blanche prend le dessus. Sinon, charmant, cultivé et totalement dédié à son art. La fable est malheureusement connue de tous ceux qui ont côtoyé une victime de la drogue.

Aux pinceaux, Chisholm se montre véritablement habité par son sujet et offre un récital visuel de haut niveau. Chaque section est dessinée avec un style différent dans le but de coller parfaitement aux mots. La musique est évidemment de la partie, ce qui n’est jamais aisé en bande dessinée. Comme l’a pu faire Scott Chantler dans l’excellent et très semblable Bix, le dessinateur joue avec la mise en page pour suggérer les rythmes des solos. Mieux encore, les partitions des morceaux joués par Bird sont intimement intégrés aux décors et aux illustrations. Le procédé qui peut rappeler la démarche de Will Eisner sur les titres du Spirit, s’avère fantastique visuellement. Discrètes, mais présentes et littéralement fondues dans l’espace, les notes emportent l’âme ou prennent aux tripes suivant l’humeur du moment.

Virevoltant, précis, très bien documenté et doté d’une réalisation graphique originale et percutante, Chasin’ the Bird est une réussite chaudement recommandée à tous les amoureux de jazz et de son histoire.

Par A. Perroud
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Chasin' the bird
Charlie Parker en Californie

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