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L e monde moderne issu l'exploitation ultra-libérale érigeant le confort comme valeur cardinale a cessé d’exister. Une nouvelle maladie, apparue cinquante ans plus tôt, a décimé presque toute l'humanité. Les rares survivants vivent en communautés, sous terre pour se protéger de ce fléau nommé la maladie du soleil. Flora, une jeune biologiste, pense avoir la clef d'un remède. Aidée par sa protégée Elvie, une enfant de dix ans, elle doit accomplir un road-trip suivant les papillons monarques, dont les écailles servent au médicament. Le chemin sera périlleux et riche en aventures...

Ce récit de deux cent cinquante quatre pages est brillant ! Le registre d'anticipation nommé post-apocalyptique n'est pas neuf. Il a fait les grandes heures de la bande dessinée et du cinéma dans les années 1970. Cependant, il est rare que les femmes en soient les principales protagonistes. Loin de l’imagerie de Mad Max, Jonathan Case opte pour du réalisme. Ces deux personnages réutilisent ce qu'elles peuvent trouver à la surface et l'adapte à leurs besoins. Flora souhaite que la survie passe par la débrouillardise mais aussi par l'éducation. Pour cela, lors de leurs différentes expéditions, Elvie doit faire ses devoirs dans un cahier préparé à cette intention. D'ailleurs, ce carnet est proposé aux lecteurs, ce qui permet de suivre la réflexion d'une des héroïnes, tout en renforçant l'identification des plus jeunes à ce personnage. Ces planches sont alors complètement différentes du reste de l'album, permettant de jouer sur le rythme de ce dernier. De plus, l'auteur évite tout discours bien-pensant sur le wokisme. Ces femmes sont liées par un puissant sentiment d'adoption filiale, et espèrent accomplir leurs objectifs. Le dernier terme s'écrit au pluriel, puisqu'au fur et à mesure, les lecteurs devineront qu'en plus de poursuivre les papillons, les deux femmes caressent l'espoir de retrouver les parents d' Elvie. Et des rencontres, il y en aura qui porteront leur lot de surprises et de déconvenues. Comme le dit cette locution latine : "L'homme est un loup pour l'homme", alors d'autres survivants à l'attitude faussement bienveillante deviendront de redoutables adversaires. Toutefois, les valeurs humanistes portées par les deux personnages principaux, et savamment distillées par l'auteur pour éviter le pathos, apportent une bouffée d'oxygène lors de la lecture. Cela génère une ambiance originale dans ce récit de fin de l'humanité, et rarement retrouvée ailleurs.

Concernant l'aspect visuel, le style est proche de l'univers de la bande dessinée jeunesse, ce qui te,d à rendre le livre accessible à tous. Les choix de cadrages et de découpages dans les scènes de tensions permettent d'aseptiser la violence en la suggérant ou en la représentant simplement et non crument. Les lecteurs plus âgés ne sont pas oubliés, loin de là. La construction de l'album est tellement bien réussie que chacun y trouvera quelque chose qui l'interpellera. Ces différents niveaux de lecture sont appréciables, d'autant plus que le choix d'éviter tout clin d’œil ou easter eggs tranche avec la production de science-fiction et d'anticipation actuelle.

Un titre qui a gagné sa place dans les œuvres majeures du registre post-apocalyptique, par son traitement de la question empreint de poésie et de douceur, sans rien enlever à la dureté de ce nouveau monde. À lire absolument !

Par J. Vergeraud
Moyenne des chroniqueurs
8.5

Informations sur l'album

Les petits Monarques

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L'avis des visiteurs

    Yovo Le 31/07/2022 à 12:45:12

    Cet album est assez incroyable à plus d’un titre.

    Première qualité, il ne ressemble à rien de connu, bien qu’il coche quand même quelques cases du genre post-apocalyptique : une maladie mortelle, oui. Une humanité décimée, oui. Des survivants en perdition, oui. Mais le référentiel s’arrête là. Tout le reste n’est que surprise et découverte.

    Un œil au titre et à la couverture suffit à comprendre qu’on ne sera pas dans Walking Dead…
    Jonathan Case fait une tout autre proposition : à travers les yeux d’Elvie, 10 ans, petite fille précoce et intrépide, on suit l’extraordinaire migration du fameux papillon monarque à travers les Etats-Unis, dont Flora, une biologiste qui éduque et protège la fillette, espère tirer un vaccin. Une quête semée d’embûches, forcément, mais aussi de peur et d’espoir, de remise en question, de rires et de poésie.

    Ce qui m’amène à la deuxième qualité : la mise en page originale et inventive. L’auteur fait régulièrement des focus sur le carnet de bord d’Elvie qui contient ses dessins, ses observations et sa connaissance de la Terre en l’an 2101. Et comme le scenario repose sur une base scientifique plausible, c’est particulièrement instructif. On en apprend énormément sur les papillons bien-sûr, mais aussi sur les plantes ou les étoiles avec plein d’astuces de survie dans la nature. Ce procédé très immersif fonctionne à la perfection.

    Enfin, preuve d’un scenario pleinement abouti, cet album possède plusieurs niveaux de lecture. Quel que soit son âge, « Les petits monarques » peut être lu avec le même plaisir. Malgré la violence sous-jacente, pas un seul coup de feu n’est tiré et les confrontations les plus rudes se déroulent hors champ. Jonathan Case maitrise fermement son propos sur 250 pages sans jamais se disperser ni perdre de vue les valeurs d’humanisme et de bienveillance qu’il lui insuffle.
    Aucune complaisance, donc, mais aucune sensiblerie non plus ! Les personnages ont des caractères bien trempés, le récit est palpitant, intelligent et le rythme reste intense de bout en bout.

    Seul petit bémol pour moi, j’avoue ne pas être un grand fan du dessin. Autant je sens l’auteur très à l’aise sur les visages, expressifs et franchement réussis, autant les véhicules et certains éléments de décors m’ont beaucoup moins convaincu. Cela dit L’ensemble de la partie graphique est cohérent et bien mis en couleur. Le dynamisme des cadrages, notamment, donnent une belle énergie aux planches.

    Si toutes ces caractéristiques vous parlent, ne passez pas à côté, c’est sans doute l’un des albums de l’année. Dans tous les cas, même pour les moins jeunes, il est à lire absolument.
    A garder en tête : c’est aussi une BD parfaite à offrir !

    Au Fil des Plumes Le 10/07/2022 à 11:04:37

    Cette BD nous emporte dans un futur terrible où le soleil rend malade. Au milieu de ce nouveau monde, le lecteur découvre Elvie et Flora qui cherchent un remède à cette maladie. La solution semble se trouver dans les monarques, ces sublimes papillons.
    Au fil de la migration des papillons, nous suivons ces personnages remplis d'espoir et d'humanité. La petite fille et la jeune femme vont également se confronter au pire de l'humanité. Envie, violence et coups bas,rien ne semblent trop méprisables pour survivre.
    Néanmoins, ce qu'il faut retenir de ce roman graphique, c'est l'espoir. La vie semble toujours trouver son chemin malgré les chemins sinueux qu'elle peut prendre.
    Outre cette histoire prenante, les illustrations nous plongent dans un univers où la Terre n'est plus tout à fait elle même. J'ai particulièrement apprécié les paysages et les observations de la nature qui sont magnifiques. Les couleurs sont éclatantes, rendant cette sensation que le Soleil éclaire tout.
    Les petits Monarques est donc une magnifique BD au message fort.