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L'Âge d'eau 1. Première partie

28/03/2022 6213 visiteurs 7.6/10 (5 notes)

H ans Vogel rend visite à sa mère, Jeannes, avec une idée en tête. Venant de la ville, il sait que les autorités ont décidé de rapatrier le maximum de personnes à l'intérieur des zone sèches. Désabusé, déboussolé même, depuis sa séparation, Hans n'en reste pas moins lucide vis à vis de la situation et de la tournure que prennent les évènements. Il aimerait trouver rapidement un coin où sa mère et son frère pourraient continuer leur vie, tranquilles, au milieu de la nature, près de l'eau. Une fois que ce sera fait, il espère retrouver sa fille, Vinée, restée en ville pour étudier. L'adolescente, de son côté, a de qui tenir et semble, entre deux cours, suivre les pas de son saboteur de père...

Benjamin Flao n'est jamais là où le public l'attend. Quand beaucoup espèrent un nouveau récit de voyage (Kililana Song, Va'a), l'artiste s'associe à son ami Fred Bernard pour livrer un road-trip introspectif au milieu du purgatoire (Essence) et un album jeunesse coloré sur le plaisir de la création (Le Secret de Zara. Aussi, à l'annonce de sa nouvelle sortie, les questions sont nombreuses et l’attente importante.

Prévue en deux ou trois volumes, son intrigue prend racine dans le Pays de Loire, alors que l'eau ne cesse de monter et redessine les paysages autant que les modes de vie. Observateur avisé du monde mettant son art au service des thèmes qui lui parlent et lui importent, l'artiste ne déroge pas à ses habitudes. Sous couvert d'un récit d'anticipation aux allures apocalyptiques, il brosse le portrait d'une société qui justifie ses dérives sécuritaires par les nécessités sanitaires et la peur, d'un côté et, de l'autre, de ceux qui luttent pour garder leur liberté, de choix au moins. Une résonance étrange avec une situation connue penserez-vous ? Tout à fait et c'est pleinement assumé.

Benjamin Flao le revendique aisément, il écoute, regarde, mûrit ce qu'il vit, entend, constate, ce qui l'entoure et se laisse porter par le cours de ses sensations, par ce qui a infusé en quelque sorte. Ce lâcher-prise pourrait en désarçonner plus d'un mais, malgré des informations disséminées au compte-goutte, l'ambiance emporte rapidement. Le choix du narrateur n'est pas anodin dans cette perte de repères. Un chien, bleu, qui comprend les humains et possède visiblement de drôles de dons sur eux vient compléter l'équipe formée par Hans et son frère Gorza, colosse qui ne s'exprime que par onomatopées. Ensemble, le trio navigue à la recherche d'un havre de paix et croise la faune qui s'adapte tant bien que mal à la nouvelle géographie. De pirates de rivières en ZAD* sur pilotis, en passant par une république indépendante, les frangins et leur cabot vont à la rencontre de ceux qui, comme leur mère, ont décidé de rester loin des villes, de leurs digues, de ce « cauchemar climatisé, sécurisé, colmaté et étanche ».

Au nom de leur liberté, ils refusent de regagner ces cités et de se plier aux volontés d'un État toujours plus intrusif et méfiant. À ses yeux, ils incarnent le danger, la maladie, le problème en somme. Alors que les tensions montent, elles aussi, ces populations ont décidé de résister. Mais la résistance n'est pas qu'à l'extérieur. Alternant sa trame principale avec celle de Vinée, punkette révoltée, qui questionne les lois autant qu'elle les enfreint, l'auteur jette chaque pierre de son cadre sans se préoccuper d'où cela le mènera sans jamais délaisser la fluidité. Dans son style caractéristique, plein de vie et d'émotion, l'artiste en met plein les yeux de son lectorat. Loin des récits de bombes, de zombies, d'envahisseurs, il offre une atmosphère particulière à son histoire d'anticipation. Pour varier le rythme, et habiller ses superbes textes, il mélange les textures et les techniques, notamment lors des moments de respiration et ajoute encore à cette ambiance envoûtante aux relents tantôt d'aventure à la Corto, tantôt de silence que Cosey ne saurait renier.

Auteur rare, à la production précieuse, Benjamin Flao propose, avec le premier tome de l'Âge d'eau, d'embarquer avec lui dans les méandres d'une société pas si éloignée que cela de la nôtre. Au gré du courant que suivent ses pinceaux, sur les vagues de ses interrogations et de ses craintes, il invite à voguer sur l'écume d'une histoire aussi étrange qu'hypnotique, aussi poétique que tristement réaliste.

NdC : * Zone à Défendre.

Découvrir la preview de l'Âge d'eau.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
7.6

Informations sur l'album

L'Âge d'eau
1. Première partie

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Note: 4.3/5 (26 votes)

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L'avis des visiteurs

    Touriste-amateur Le 24/07/2022 à 17:38:23

    Magnifique fable poético-écologiste servie par un dessin subtil même si au premier abord on pourrait penser qu'il est simple!

    J'espère ne pas heurter l'auteur en le comparant, mais je trouve qu'il y a du Corto Maltese dans ces personnages, et du Hugo Pratt dans ces dessins.
    La présence du chien bleu qui , finalement, guide l'histoire est un bonheur absolu!

    Certes, certains personnages, certaines intriques sont en devenir (je pense, par exemple, à l'histoire de la fille du personnage principal) et l'album s'appelle "Première partie", donc on suppose une suite. Mais j'ai trouvé que cet album se suffisait en lui-même et on ne sort pas de la lecture frustré.es de devoir attendre la suite.
    Pas parce que c'était long, non! Mais parce qu'on en sort "habité" de la douceur de ces bulles et de ces dessins!

    Erik67 Le 09/06/2022 à 08:40:33

    Cette BD a pour thème le jeu implacable des crues sur le quotidien des habitants exposés à ce phénomène naturel.

    La narration est un peu omniprésente. Elle est lourde de sens poétique et philosophique. Cela a pour effet de ralentir le dynamisme de ce récit qui se concentre sur un pêcheur et son frère ainsi qu'un chien assez mystérieux.

    Ce dernier vit toujours dans la douleur d'une séparation avec sa belle qui a fait la malle avec un autre. Fort heureusement, il reste encore lié à une fille 18 ans qui fait des études de droit. Il se définit comme un guerrier de la liberté dans un monde en perdition.

    Visiblement, on protège les villes de la montée des eaux mais pas les campagnes où vivent notamment des agriculteurs. L'eau ravage les terres cultivables ce qui est assez problématique car pouvant entraîner de la famine. Les autorités prennent comme solution radicale d'évacuer de force les populations. Or, il y a toujours des gilets jaunes qui résistent contre cette mondialisation capitalistique qui détruit l’environnement. L'influence est très marquée.

    Par ailleurs, j'ai plutôt été surpris par l'incursion du surnaturel via le chien bleu qui dispose de pouvoirs non négligeables pour sortir nos héros de situations difficiles. Cela détonne un peu. Par ailleurs, la narration (un peu spéciale) est aisée et fluide, grâce à de multiples passages contemplatifs qui devraient ravir les amoureux de nature.

    Il est clair que cette BD possède quelques atouts à commencer par un graphisme somptueux au niveau des décors et d'une originalité dans le style alors qu'on traite d'un monde post-apocalyptique. Ce n'est pourtant pas ma tasse de thé mais il faut bien reconnaître les avantages qui plairont sans nul doute à la plupart des lecteurs voulant s'engager dans un récit profond, mystique et poétique. A découvrir !

    cormoran Le 29/03/2022 à 16:46:53

    Sublime album, un trait incroyable, des planches pleines pages avec des tableaux a couper le souffle...Un scénario original avec une vision des invisibles sur un monde en déclin qu'on découvre subtilement et de manière détournée . Un album coup de poing majestueux.

    Yovo Le 23/01/2022 à 11:39:22

    Dans un présent alternatif, une partie de la France est sous les eaux.
    Le pays se réorganise tant bien que mal en se calfeutrant derrière des digues. Mais nombreux sont ceux qui veulent échapper à ce nouvel ordre sécuritaire et rapiécé en partant vivre au gré des flots. Cependant, leur mode de vie libertaire et autarcique n'est pas du goût des autorités qui vont rapidement l'interdire et les traquer...

    J'adore ce scenario, aussi propice à l'imaginaire qu'à la réflexion.
    La couverture, superbe, est déjà une invitation à l'évasion !

    A l'intérieur, Benjamin Flao alterne les planches pleine pages hyper réalistes faites au pinceau avec ce dessin crayonné, vibrant et expressif, si caractéristique de son style. Le combo parfait pour créer une ambiance de délitement très immersive. Visuellement il s'en dégage une force évidente et une sensation de liberté sauvage.

    Pourtant, loin d'une vision post apocalyptique anxiogène, l'atmosphère reste chaleureuse et poétique, presque bienveillante.
    L'histoire est d'ailleurs racontée par un chien télépathe, rêveur et contemplatif. Ce narrateur impromptu n'a rien d'un artifice. Il contribue à rendre les protagonistes encore plus humains tout en apportant une touche fantastique bien en phase avec cet univers. Grâce à ce regard animal, tout ce qui pouvait être glauque a été laissé hors-champ et l'attention est focalisée sur les personnages, particulièrement attachants et bien incarnés. L'auteur s'en approche au plus près et prend le temps de les faire dialoguer pour permettre au lecteur de mieux les connaitre.

    Le rythme, entrecoupé de silences, n'est donc pas intense mais l'action n'est pas le moteur narratif. C'est une forme de mélancolie qui fait progresser le récit à hauteur d'homme, indolemment mais sans faiblir, au milieu de décors vertigineux.

    Au bout des 156 pages, il est encore difficile de savoir où Benjamin Flao veut nous emmener. Sans doute vers une certaine idée de la liberté ? On peut le penser. Une chose est sûre, je me laisserai embarquer avec Hans et Gorza en toute confiance dans le second tome de ce diptyque.

    Un album humaniste, riche et beau, qui m'a procuré un ardent plaisir de lecture.
    Bravo et merci !

    PS. Attention, grosse faute d'orthographe page 108 : "Je ne peut..." Ouille !! A corriger impérativement dans les prochaines réimpressions...

    thieuthieu79 Le 19/01/2022 à 12:41:43

    Un récit d'anticipation poétique, touchant, sincère qui parle de l'absurdité de l'homme, de ses choix et de ses décisions dans un monde fragile, au bord de l'extinction, qui reprend le contrôle et dans lequel il ne faudrait pas reproduire les mêmes erreurs.
    Sur ce chemin difficile de rédemption, on suit deux frères et leur chien qui tentent à leur manière bien différente d'insuffler un vent nouveau dans les corps et les esprits.
    Le travail d'écriture de Benjamin Flao est puissant mais peut parfois paraitre déroutant voir difficilement compréhensible.
    Son graphisme donne quelque chose à la fois vivant et touchant.
    Il en ressort un album suspendu dans le temps.
    Pour ceux qui on pu découvrir Kililana Song, ce nouvel univers ne leur sera pas du tout étranger.