Cher lecteur de BDGest

Vous utilisez « Adblock » ou un autre logiciel qui bloque les zones publicitaires. Ces emplacements publicitaires sont une source de revenus indispensable à l'activité de notre site.

Depuis la création des site bdgest.com et bedetheque.com, nous nous sommes fait une règle de refuser tous les formats publicitaires dits "intrusifs". Notre conviction est qu'une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.

Pour continuer à apprécier notre contenu tout en gardant une bonne expérience de lecture, nous vous proposons soit :


  • de validez dans votre logiciel Adblock votre acceptation de la visibilité des publicités sur nos sites.
    Depuis la barre des modules vous pouvez désactiver AdBlock pour les domaine "bdgest.com" et "bedetheque.com".

  • d'acquérir une licence BDGest.
    En plus de vous permettre l'accès au logiciel BDGest\' Online pour gérer votre collection de bande dessinées, cette licence vous permet de naviguer sur le site sans aucune publicité.


Merci pour votre compréhension et soutien,
L'équipe BDGest
Titre Fenetre
Contenu Fenetre
Connexion
  • Se souvenir de moi
J'ai oublié mon mot de passe

Harlem (Mikaël) 1. Harlem 1/2

20/01/2022 2178 visiteurs 7.5/10 (2 notes)

« Satanée femelle… Frenchy… La maudite négresse ! »
Stéphanie St. Clair, alias Queenie, n’a pas que des amis. Démontrant une volonté de fer, elle se hisse tout de même à la tête d’une loterie clandestine dans le Harlem des années 1930. Le crime organisé, occupé à désaltérer un pays assoiffé par la prohibition, ne se préoccupe pas de cette monarque rayonnant au nord de la 110e rue. L’alcool redevenant licite, les malfrats repensent leur modèle d’affaires et convoitent sa part du gâteau. Le journaliste Robert Bishop raconte son histoire.

Après Giants et Bootblack, Mikaël poursuit, à coups de diptyques, sa fresque sur New York au temps de la grande dépression économique. La formule demeure la même. À travers la vie d’un personnage et de ses proches, il présente un aspect de la métropole il y a près d’un siècle. Véritable antithèse de Joséphine Baker, l’Antillaise se rend aux États-Unis pour assouvir son ambition, mais il n’est pas question de porter une ceinture de bananes pour plaire aux Blancs. Elle s’affirme plutôt comme une personne intransigeante, peu ouverte au compromis et déterminée à réussir, malgré la couleur de sa peau, son sexe et son accent.

Le représentation du personnage est nuancée. Avec son commerce, la mafieuse favorise la prospérité du quartier où chacun semble convaincu que le rêve américain est aussi pour lui. Mais lorsqu’elle prend la plume pour dénoncer la corruption (ironiquement, son texte est réécrit par le scribouillard qui fait alors figure de n…), elle souhaite surtout garantir son propre succès et à son enrichissement. L’altruisme n’est pas vraiment son truc et elle a compris que la charité, lorsqu’elle est bien ordonnée, commence par soi-même. Quand elle élève le ton, c’est avant tout pour protéger son royaume.

Le récit est supporté par les très belles illustrations de Mikaël qui excelle à traduire l’esprit des petits tripots glauques. Ses clairs-obscurs et ses jeux d’ombres, reposant sur une colorisation où il explore toutes les nuances de sépia, se révèlent particulièrement réussis.

L’artiste sait laisser parler ses images et incite ainsi le bédéphile à s’attarder aux détails. Quelques retours dans le passé, toujours muets, témoignent de la jeunesse de l’héroïne et apportent un éclairage sur ce qu’elle est devenue. Le dos de la protagoniste, zébré de cicatrices, rappelle les abus qu’elle a subis. Et quand elle fait l’amour, c’est elle qui a le dessus sur son chauffeur-garde du corps-amant. Le scénariste n’insiste pas sur ces éléments et invite son lecteur à leur donner tout leur sens. Enfin, la protagoniste est habituellement filmée en contre-plongée, une prise de vue dégageant une puissance certaine. À l’opposé, le reporter a tendance à être capté de haut en bas.

Harlem restitue avec beaucoup de réalisme une époque. Au-delà des voitures, des tenues vestimentaires et des décors, il y a également le vocabulaire. Certains mots aujourd'hui mis à l’index, contribuent à l’authenticité du propos ; le bédéiste franco-québécois les utilise du reste avec retenue.

Le portrait d’une reine noire, menacée par un roi blanc et quelques pions de la même couleur.

Par J. Milette
Moyenne des chroniqueurs
7.5

Informations sur l'album

Harlem (Mikaël)
1. Harlem 1/2

  • Currently 4.54/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 4.5/5 (13 votes)

  • Mikaël
  • Mikaël
  • 01/2022 (Parution le 21/01/2022)
  • Dargaud
  • 978-2-505-11080-4
  • 54

Poster un avis sur cet album

Votre note :
Vous devez être connecté pour poster un avis sur le site.

L'avis des visiteurs

    Touriste-amateur Le 03/04/2022 à 19:02:32

    Après Giant que j'ai adoré et Bootblack qui ne m'a pas attiré et que je n'ai pas lu, je retrouve Mikaël pour ce très correct opus.

    Harlem et New York sont toujours croqués avec beaucoup de réalisme. J'adore!
    J'ai été moins convaincu par le scénario. où, même s'il se passe des choses, c'est toujours un peu latent. Egalement, la multiplication des personnages et les retours en arrière dans la vie de l'héroïne le rendre pas toujours lisible.

    La fin laisse sur sa faim et je conseillerais presque d'attendre le second volume pour lire les deux ensemble.

    Saigneurdeguerre Le 24/03/2022 à 05:43:13

    Harlem (USA). Pendant la grande dépression.
    « Alors comme ça, poulette, toi, une femelle, noire qui plus est, une Française, pouah, quelle horreur ! tu comptes tenir tête à Dutch Schultz, le « Hollandais » ? Tu te mettras à genoux devant moi… Comme les autres ! »

    Queenie n’a pas l’air d’avoir peur de la menace même si celle-ci a été accompagnée du son fort répétitif et monotone de la mitraillette Thompson alimentée par son chargeur « camembert ».

    Un journaliste blanc, venu pour l’interviewer doit se contenter de prendre quelques notes pour relater l’événement, Mrs. Stéphanie St.Clair l’ignore superbement et quitte la boîte la tête haute, non sans avoir au préalable, glissé quelques billets à son homme de confiance, Bumpy, pour qu’il aille dédommager le taulier…

    Critique :

    Décidément, Queenie est à la mode ! Après l’excellent « Queenie, la marraine de Harlem » d’Aurélie Lévy, en noir et blanc, c’est au tour de Mikaël de nous proposer sa vision de cette reine de la petite pègre noire de Harlem. Comparaison n’étant pas raison, je vous ferai grâce de commentaires destinés à mettre en évidence un album plutôt qu’un autre. Leurs styles étant diamétralement opposés, la lecture des deux s’impose pour tout amateur de BD aimant les ambiances noires (entendez par là ce que vous voulez, ce mot dans ce cadre-ci étant très riche de signifiants).

    L’histoire se déroule en plein pendant la grande dépression aux Etats-Unis. Un des pires moments de l’histoire du pays. Une époque où le racisme n’a nulle raison de se cacher. C’est aussi naturel que de respirer. La plupart des flics sont donc racistes et franchement corrompus au point que l’on éprouve plus de sympathie pour une petite reine de la pègre que pour un officier de police.

    Le dessin est sombre ! Très sombre ! Tout comme les couleurs. Le lecteur n’est pas là pour rigoler. Dans cet univers, la joie n’a pas sa place même si le sexe est très présent. Le métissage non plus n’est pas à l’ordre du jour. Que chacun reste bien dans sa communauté : les noirs avec les noirs, les juifs avec les juifs, les ritals avec les ritals, les Irlandais avec les Irlandais… Bien entendu, tout en bas de ces communautés, il y a celle des nègres et des négresses. Ils n’ont de cadeaux à attendre de personne. Pourtant Queenie s’obstine à être une femme extrêmement riche, réussissant à naviguer au milieu de cet univers dominé par les mafieux. Mais d’où lui vient cette richesse ? D’une loterie très simple où il est pratiquement impossible de tricher. Plus la crise se fait sentir et plus les gens misent, seul espoir de s’en sortir.

    Les flics sont corrompus ? Où est le problème puisque le maire lui-même donne l’exemple ! La loi du plus fort s’applique et c’est cela que traduit le trait de Mikaël. Un trait dur comme s’il était tracé à coups de couteau dans les chairs. Les couleurs et le trait ne plairont pas à ceux qui ne voient pas à quel point ils servent le dessein de l’auteur d’immerger le lecteur dans un univers de désolation même si une Stéphanie St.Clair refuse d’abdiquer devant ses nombreux ennemis qui rêvent de la voir rouler à leurs pieds.

    Queenie a réellement existé et a connu un destin exceptionnel. Mikaël s’empare de son personnage, de son passé, mais décide de prendre quelques libertés. Il n’y a plus qu’à patienter jusqu’à la sortie du second album pour connaître la suite des péripéties de Mrs. St.Clair.

    thieuthieu79 Le 17/02/2022 à 11:31:29

    Après Giant et Bootblack, on retrouve Mickaël pour Harlem, son nouveau diptyque New Yorkais d'avant guerre.
    On part cette fois au cœur du quartier noir de Harlem dirigé par Queenie, qui va devoir jouer des coudes pour continuer à diriger son royaume.
    L'intrigue est rapidement installée et on se retrouve très vite plongé dans l'univers.
    Le background est solide et les personnages très authentiques.
    D'ailleurs, le graphisme renforce l'immersion avec des visages afro-américains particulièrement réussis.
    De tout ça, il en ressort une très bonne impression.

    Grobool Le 06/02/2022 à 19:07:19

    Bon album... je ne connais pas l'univers de l'auteur mais c'est cool. Après très difficile de ne pas comparé avec Queenie qui est arrivé quelques semaines avant et qui est tout bonnement excellent... du coup c'est sympa mais sans plus. Je trouve qu'il y a des séquences qui n'ont aucunes utilités (autres que de donner peut-être une perception cinématographique, ou de démontrer la capacité de l'auteur a dessiné des corps de femmes... ) bref... pas mal... on verra avec le second tome si c'est meilleurs.