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1958. Élise a réussi à convaincre ses parents de la laisser « monter » à Paris pour ses études. Ceux-ci pensait à quelque chose de sérieux, elle rêvait de théâtre et de musique. Afin de rassurer tout le monde, elle mettra à profit sa facilité pour les langues et fréquentera un instant l’école nationale de traduction. Happée par l’énergie et le bouillonnement de la Capitale, la jeune femme en profite surtout pour élargir et peaufiner son éducation politique. La société est en train d’évoluer, elle sera de la partie ! Douze ans après, elle est devenue une véritable militante de choc. Affiliée à la Gauche Prolétarienne, c'est une Rouge, une Mao, suivant la dernière tendance en vogue. Manifestations, pétitions, retour à l’usine dans le but de conscientiser les ouvriers aliénés, actions coup de poing, un peu de prison au passage et un flirt dangereux vers l’extrémisme radical, elle aura tout vécu et tout essayé afin d’apporter un peu plus d’égalité et de compassion dans l’Hexagone.

Après les affres des tranchées endurées par son grand-père, la drôle de guerre et la captivité de son père, Jacques Tardi clôture son « cycle » historico-familial du XXe siècle avec les rêves révolutionnaires de sa compagne, Dominique Grange. Comme à son habitude, il ne laisse aucun doute sur son point de vue et, dès la première page, l’État et ses sbires (comprendre la police) sont clairement dénoncés. La fibre sociale, ça ne s’explique pas, ça se vit dans les tripes. Élise-Dominique ne se privera pas pour dénoncer et tenter, avec force et une forme de naïveté propre à cette époque où les utopies faisaient office de mantra, de changer les mentalités.

Racontées d’une manière franche et directe, les « aventures » d’Élise se montrent en soi intéressantes et révélatrices de l’atmosphère électrique des années soixante-dix. Les discours sont radicaux, les coups de sang et de matraque la norme. La solidarité n’est pas un vain mot et quand un camarade a besoin d’aide ou d’un lit pour quelques jours, les portes sont ouvertes et personne ne pose de question. Le revers de la médaille est également mentionné, la vie de fugitif, ce n’est pas une sinécure et beaucoup paieront cher leur intransigeance idéologique ou leur aveuglement. Cependant, c’est peut-être là que l’ouvrage manque le coche. Sans post-mortem ou véritable recul sur le fait qu’aucun résultat tangible n’est jamais sorti de ces combats, l’album se résume finalement à un long témoignage purement illustratif d'un échec en devenir.

Lecture plus que plaisante – Paris par Tardi reste un plaisir visuel incomparable -, Élise et les nouveaux partisans n’arrive malheureusement pas à faire le tour complet de son sujet. Là où une réflexion sur le militantisme et ses limites aurait été la bienvenue, la seule conclusion proposée est celle de la colère face aux injustices. Ce réflexe est évidemment crucial, mais bien futile s’il n’est suivi uniquement de sanglots et de quelques refrains nostalgiques ou revanchards.

Par A. Perroud
Moyenne des chroniqueurs
6.0

Informations sur l'album

Élise et les nouveaux partisans

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L'avis des visiteurs

    Eric DEMAISON Le 27/04/2022 à 17:32:31

    Cet album raconte l'histoire d'Elise dans les années 60 et au tournant des années 70, de son engagement au sein de la Gauche Prolétarienne (mouvement maoïste). Il décrit l'évolution du mouvement mais va bien au-delà. En effet à travers ce prisme cette BD offre un point de vue sur cette société (répression du FLN, place du Parti Communiste) et cette époque (fin des 30 glorieuses qui aujourd'hui sont magnifiées). Elle raconte la dureté et l'oppression de cette société qui est aujourd'hui passée sous silence et magnifiée au nom de la croissance et du plein emploi d'alors.
    Ce récit est donc important et mériterait d'être lu par les jeunes générations et ceux qui souhaitent une société plus "directive".

    Mais s'il y a le fond, l'histoire, il y a aussi, le livre en tant que tel. C'est de la BD comme je l'aime dans toute ses dimensions:
    - un scénario original, même si il y a une grande part d'autobiographie de Dominique Grange. L'histoire tient la longueur des 170 pages.
    - un dessin très expressif dans lequel les mouvements de foule sont très bien rendus, très précis aussi car on reconnait très bien l'ambiance (vêtements, rues, voitures, attitudes de l'époque)
    - une mise en page aérée qui laisse la place au texte (nourri) et comme toujours chez Tardi donne envie de tourner les pages.
    Merci et bravo

    LEAUTAUD Le 21/03/2022 à 17:48:54

    J'ai lu "Elise" il y a quelques temps et cet album a réveillé dans ma mémoire une époque déjà lointaine qui s'est soudain mise à revivre.
    D'emblée, j'ai été frappé par la modestie de Dominique Grange, qui, bien que le récit soit autobiographique, ne la met en avant qu'accompagnant les soubresauts militants de la période dans lesquels elle se fond : et c'est exactement la bonne distance pour rendre compte de cet ample mouvement de révolte par rapport auquel nous avons du nous positionner.
    La guerre d'Algérie et ses horreurs furent une matrice majeure du rejet de cette société gaulliste qui avait succédé à la non moins calamiteuse 4ème République, ces évènements déclencheurs sont bien restitués, avec l'apport évocateur des compositions de Tardi (ça "sonne" juste à mes yeux).
    La répression sanglante de la manif du FLN en octobre 61 est largement documentée sur plusieurs pages poignantes. Reste qu'à l'époque c'est surtout Charonne et ses suites qui avait tenu le devant de la scène politique et médiatique (l'enterrement des 9 victimes fut une des plus grosses manifestations de toute l'histoire du pays) : le choix de Dominique Grange de privilégier la manifestation algérienne réprimée sauvagement est décalée par rapport à la réalité de 1961 et sa perception, mais bien compréhensible car depuis l'importance historique des exactions d'octobre 61 a été étudiée et réévaluée.
    Toutes les étapes du mouvement d'opposition au régime sont vues au prisme de l'extrême-gauche maoïste mais toujours dans
    un contexte restitué avec précision. Nous suivons les engagements successifs de Dominique Grange avec un clair exposé des motifs qui nous la montre abandonnant une prometteuse carrière de chanteuse et comédienne pour ses combats engagés (jusqu'à "s'établir" en usine !).
    Personnellement j'ai été touché par les évocations du Centenaire de la Commune fêté à Paris, et par l'enterrement de Pierre Overney, des temps forts que je ne suis pas prêt d'oublier pour y avoir participé. Et un demi-siècle plus tard je trouve remarquable le refus constant de l'injustice qui anime toujours Dominique Grange.
    Ce récit sincère, dynamiquement imagé par Tardi (et ce n'était pas acquis d'avance au vu de la complexité du sujet) peut être lu avec profit par toutes les générations, il est le bienvenu dans la foireuse période actuelle, non tant comme modèle à suivre que comme confirmation qu'une révolte est toujours possible quelle que soit sa condition d'origine et les contraintes de tous ordres.
    Une aventure individuelle, certes, mais bien inscrite dans un mouvement solidaire, dont les acteurs peuvent être minoritaires (comme l'est la trajectoire militante de Dominique Grange qui s'achève dans la clandestinité)
    Il est réjouissant que ce parcours ai débouché, entre autres activités, sur ... la bande dessinée (traductrice et rédactrice), qui fut aussi un vecteur culturel de la révolte de ces chaudes années.
    C'était notre monde, merci aux auteurs de l'avoir fait revivre avec cette énergie mêlée d'émotions.
    Jean-François Douvry

    DCJNM Le 14/03/2022 à 17:41:51

    Élise est montée à Paris en 1958 pour y vivre sa passion pour le théâtre et la chanson mais va trouver sa vraie voie en mai 68 pour devenir une militante active de la Gauche Prolétarienne. Elle sera dès lors de toutes les luttes contre l’exploitation de la classe ouvrière, le racisme ou l’injustice et les inégalités sous toutes leurs formes. C’est une révolutionnaire romantique guidée par un idéal et l’action, plus que par les théories intellectuelles des groupes maoïstes qu’elle accompagne.
    Ce roman graphique est très dense, il décrit bien le milieu de ces groupes toujours en marge de la société, vivant dans la clandestinité et traqués par la police. Il s’inscrit dans le réel des nombreuses manifestations des années 60 et 70, souvent très violentes via une répression policière implacable qui trouve un écho dans la société d’aujourd’hui. Élise est rayonnante car toujours positive dans son idéal de vivre dans un monde meilleur. Pas encore le désenchantement qui viendra plus tard …
    Les manifestations, les foules, les rues de Paris, les CRS … dessinés magnifiquement par TARDI participent à l’émotion du récit, parfois un peu bavard quand il s’agit d’expliquer la cause. Une plongée dans un monde qu’on avait presqu’oublié, où les idées étaient omni présentes dans le débat politique et les revendications. Merci Dominique GRANGE de revenir sur le sujet avec ce récit très autobiographique qui fait réfléchir et nous donne envie d’écouter vos chansons libertaires ou révolutionnaires.