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#J'accuse

27/09/2021 4645 visiteurs 8.7/10 (3 notes)

E n quoi les médias créent-ils l’Information et comment agissent-ils sur notre manière de l’appréhender ?

Pour répondre à cette interrogation, Jean Dytar ravive la mémoire d’une génération pour qui l’affaire Dreyfus éveille (encore) quelques souvenirs et lui offre une cure de jouvence médiatique par le biais d’un ouvrage atypique où chaque planche est le fac-similé d’un écran à l’iconographie contemporaine, mais à la typographie surannée ! Le parallèle entre le papier propre au XIXe et le numérique du XXIe pourrait s’arrêter là s’il n’était fait appel à la réalité augmentée qui met littéralement l’album en abime et donne accès, par le biais d’un applicatif développé par la maison d’édition parisienne, à une somme de documents numérisés. Mais, Jean Dytar va encore plus loin et imagine un packaging spécifique, avec un coffret aux allures d’ordinateur où le livre se substitue à un écran 16:9, Delcourt poussant le mimétisme informatique jusqu’à faire imprimer l’ensemble en Chine…

Sur la base d’un travail de recherche impressionnant d’où sont tirés plus de trois cents extraits de presse afin d’élaborer les dialogues et les textes, # J’accuse reprend la genèse des différents procès avec pour fil rouge une fausse interview de Mathieu Dreyfus sur laquelle viennent se greffer d’improbables talk-shows dignes de LCI ou C-News, des vidéos imaginaires au format YouTube, des pseudo-reportages aux portables, sans parler des renvois à Wikipédia et de l’accès à la banque de données {Bnf Gallica. Ce faisant, l’auteur de Florida reformate totalement l’information de l’époque et la recompose, au présent, généralement à travers un gaufrier en 2x2 dont il dynamite la monotonie grâce aux objets virtuels incrustés et à quelques pleines pages.

# J’accuse est un objet rare, à la didactique parfaitement élaborée, un de ceux qui ouvrent des horizons nouveaux et qui méritent une place particulière dans toute bonne bibliothèque. Toutefois, ce one-shot - au volume conséquent - se conquiert de haute lutte et nécessite nombre d’heures de lecture… agrémentées de belles découvertes. Tel est le prix à consentir pour pleinement apprécier ce pari éditorial osé autant que risqué, mais - ô combien - réussi.

Par S. Salin
Moyenne des chroniqueurs
8.7

Informations sur l'album

#J'accuse

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L'avis des visiteurs

    Erik67 Le 19/02/2022 à 09:30:28

    C'est un auteur Jean Dytar que j'aime beaucoup et qui réalise une BD dans un format spécial du fameux « J'accuse » d'Emile Zola. C'est le plus grand scandale ayant marqué à tout jamais la IIIème République et cela concerne précisément l'affaire Dreyfuss. La France de l'époque était nettement antisémite ce qui ne présageait rien de bon pour le futur.

    Je dois reconnaître que sur la forme, c'est vraiment soigné et original. La BD est enveloppée dans un coffret à ouvrir. Le format de l'ouvrage est à l'italienne ce qui change un peu. Les précédentes productions de l'auteur m'ont marqué comme « La vision de Bacchus » ou encore « Florida » sur des sujets toujours historiques.

    A noter que chaque page est présentée comme sur un écran d'ordinateur ou à la manière d'un mail ce qui présente un certain anachronisme avec la fin du XIXème siècle mais c'est superbement bien transposé pour respecter le caractère de l'époque avec les bonnes manchettes de journaux. Cela apporte incontestablement un effet novateur.

    Nous avons un officier de l'armée Alfred Dreyfus qui est injustement accusé de crime de haute trahison pour avoir communiqué à une puissance étrangère à savoir l'Allemagne des documents peu importants mais confidentiels. En réalité, c'est parce qu'il est juif qu'on le jette en prison sur l’île du diable en Guyane. Il est surtout jeté en pâture auprès d'une opinion public hostile car manifestement antisémite.

    Même la présentation de cette affaire depuis ses débuts présente un caractère original avec ses témoins et ses dépêches qui défilent tout le long. On se rend compte que c'est la réussite de Dreyfus qui a alimenté la haine conduisant à son éviction. Visiblement, on était jaloux de sa femme, de son argent et de ses relations.

    Le Ministre de la guerre le général Mercier est le principal accusateur qui a mis tout son poids dans la balance. Il ne cessera d'ailleurs jamais de clamer la culpabilité de Dreyfus jusqu'à son dernier souffle en 1921. On est quand même dans une société où on peut lire dans un article de journal: « La femme jugeant avec son cœur plus qu'avec son cerveau ne peut admettre en aucun cas le péché originel ».

    Dreyfus a été reconnu coupable à l’unanimité et condamné à la déportation au grand soulagement du gouvernement et de l'armée et avec l'allégresse de toute une bonne partie de la population. Il y a également toute la détresse de cet homme au bord du suicide devant une condamnation aussi inique. Il a fallu la détermination de son frère Mathieu Dreyfus pour convaincre les intellectuels comme Emile Zola, Jean Jaurès ou Georges Clémenceau ayant une influence sur le public. Il faut savoir que cette affaire a profondément divisé la France en deux camps opposés.

    En outre, la famille de Dreyfus a finalement réussi à identifier le véritable traître qui était le commandant militaire Esterhazy. C'est bien lui l'auteur présumé des lettres litigieuses mais il fut acquitté contre toute évidence pour justifier la bévue du procès de Dreyfus. Il y eu des clameurs dans toute la France du style « Vive l'armée ! A bas les Juifs ! ». On ne peut qu'avoir un regard de consternation sur cette triste époque.

    A noter que le lieutenant-colonel Georges Picquart, chef du service des renseignements militaire qui avait permis d'identifier le coupable a été limogé par l'armée dont l'état major voulait empêcher toute reprise du procès.

    Ce limogeage et cet acquittement scandaleux du coupable a ému profondément l'auteur de roman au sommet de sa gloire à savoir Emile Zola jusqu'ici peu investi dans cette affaire. A noter que l'écrivain n'avait jamais fait de politique. En résumé: condamnation d'un innocent et acquittement d'un coupable. Le doute commençait à s'installer en gagnant les esprits les plus éclairés.

    En effet, c'est le « J'accuse » d'Emile Zola, cette lettre ouverte publiée dans le journal «l'Aurore » le 13 janvier 1898 à l'attention du Président de la République Félix Faure qui allait mettre le feu aux poudres. Zola a eu par la suite bien des problèmes avec la justice et il est contraint à l'exil pour échapper à des peines d'emprisonnement. Cependant, il restera pour la postérité le grand défenseur des valeurs de tolérance, de justice et de vérité.

    Sur le fond, il faut savoir que cette BD est très bavarde. Cela peut durer des heures de lecture pour étudier le moindre document ou le moindre témoignage étayant les arguments de la défense ou de l'accusation. Au final, ceux qui ne sont pas juriste ou historien risque fort de s'ennuyer fermement. Je préfère l'indiquer pour des raisons d'honnêteté intellectuelle.

    Cependant, c'est intéressant de suivre les différents rebondissements de cette célèbre affaire. Le premier procès a eu lieu en 1894. Il a fallu 5 ans de combat pour qu’une révision du procès ait lieu. Alors que tout les espoirs étaient permis, ce second procès de 1899 confirma la condamnation de Dreyfus avec l'admission de circonstances atténuantes réduisant la peine.

    Heureusement qu'il y eu la grâce du nouveau Président de la République Millerand convaincu de l'innocence de Dreyfus. La justice n'avait visiblement pas fait son travail. Cependant, Dreyfus était désormais libre, prêt à continuer de se battre pour la réparation de l'effroyable erreur judiciaire qui lui imputait un crime commis par un autre. Il faudra encore attendre l'année 1906 pour la reconnaissance pleine et entière de l'innocence de Dreyfus.

    Au final, c'est un très beau travail qui a demander des heures de recherche historique pour une mise en image assez élaboré. C'est sophistiqué sur une vieille affaire qui a été quand même un vrai scandale. Ce n'est pas inutile de montrer comment un gouvernement ou une autorité militaire peut manipuler les juges ou l'opinion publique. Cela peut être toujours d'actualité.

    Je retiens que c'est le fameux « J'accuse » qui est le symbole du pouvoir de la presse au service de la défense d'un homme et de la vérité. C'est un formidable album que nous offre là Jean Dytar !

    SAHYVES Le 31/10/2021 à 23:48:21

    Et quelle bonne idée d''avoir caricaturé les journalistes actuels , avec notamment Yves Calvi, Hervé Praud, Yann Barthez moustachu.....

    docteur fil Le 04/10/2021 à 10:34:22

    Exceptionnel : quelle bonne idée d'avoir enfermé ces écrits dans un coffret imitant une ancienne Remington.
    Quels moments sombres de l'histoire de France, d'à peine un peu plus de 100 ans. Je n'avais jamais mesuré à quel point l'antisémitisme de cette époque avait fait des ravages, et combien les manipulations les plus odieuses avaient été mises en place pour défendre l'armée à tout prix.
    Un ouvrage exceptionnel à lire et à relire.