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Toute la bande dessinée

Madeleine, Résistante 1. La Rose dégoupillée

09/09/2021 4272 visiteurs 8.0/10 (5 notes)

F ille d’instituteurs, Madeleine passe une enfance heureuse dans la Somme, gambadant à travers des champs et à l’orée de bois encore marqués par les stigmates de la Grande Guerre. En 1939, tout bascule pour la jeune fille. D’abord entraînée sur les routes de l’Exode avec son grand-père, elle se voit ensuite humiliée par un officier allemand quand l’armistice est signé. Forcée de baisser la tête, l’adolescente se jure alors de combattre par tous les moyens cet occupant honni. Mais, à dix-sept ans, qui contacter pour entrer en résistance ? La tuberculose et un séjour dans un sanatorium vont lui ouvrir subrepticement les portes de ce qui déterminera son avenir.

Témoigner, encore, toujours, auprès du plus large public possible, y compris à travers la bande dessinée. C’est finalement cela qui a convaincu Madeleine Riffaud (née en 1924) d’accepter une entrevue avec Jean-David Morvan et d’entreprendre une collaboration avec lui et Dominique Bertail. Bien lui en a pris, car, en sus d’une amitié nouée avec ses co-auteurs – joliment exposée en introduction et conclusion de l’album -, cette femme de conviction offre l’opportunité aux bédéphiles de découvrir sa vie et ses luttes, à travers une trilogie éditée par Dupuis dans sa collection Aire Libre.

Déclenchée, la mémoire de la combattante expose avec une franchise certaine, agrémentée d’une touche de poésie, son vécu, son ressenti et ses vérités sur les événements qui ont précédé et initié son engagement dans la Résistance. Années de l’innocence enfantine, premières confrontations avec les horreurs de la guerre, idéalisation de ceux qui, déjà, agissent dans l’ombre, amours naissantes, mais aussi regard sur la maladie, la mort ou les choix des personnes rencontrées, ce tome d’ouverture se révèle riche. Il résonne d’autant plus fortement que le scénariste a choisi de retranscrire les propos qui lui ont été confiés en conservant le je. Cette narration au style direct fait mouche, car elle pose le lecteur en auditeur privilégié de celle qui se fit appeler « Rainer » et crée, ainsi, une réelle proximité. Les quelques allusions à des anecdotes qui sont venues plus tard ou des réflexions a posteriori sur les faits racontés renforcent encore cette impression.

Pour accompagner le récit, Dominique Bertail livre une partition graphique des plus réussies. Baignées par dans des nuances bleutées, ses planches dégagent une atmosphère puissante et prenante. Au fil des pages, la gamine qui gambadait à Folies grandit, s’affine et s’affirme, tandis que le décor d’abord rural devient montagnard puis urbain. Sur un découpage et des cadrages parfaitement maîtrisés, le trait croque les visages, restitue les émotions, confère corps et âme à l’héroïne et aux protagonistes qui l’entourent. Il sait aussi magnifier les paysages à travers quelques très belles pleines pages. Enfin, des poèmes de Madeleine Riffaud sont insérés à la fin de chaque « période », telles d’ultimes empreintes d’un vécu exceptionnel.

Bande dessinée et témoignage captivants, La Rose dégoupillée ouvre brillamment une série particulièrement prometteuse qui fait ressurgir du passé une destinée ô combien singulière à l’époque la plus sombre de l’histoire contemporaine. Mémoire vive, Madeleine, Résistance est à lire, relire et transmettre.

Par M. Natali
Moyenne des chroniqueurs
8.0

Informations sur l'album

Madeleine, Résistante
1. La Rose dégoupillée

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Note: 4.4/5 (36 votes)

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L'avis des visiteurs

    Yovo Le 18/11/2021 à 22:10:25

    J'ai attendu 2 mois avant d'ouvrir "Madeleine résistante". Je n'avais pas envie de le lire entre Goldorak et La Horde du Contrevent...
    Et j'ai bien fait je crois. Il faut être dans le bon état d'esprit pour affronter la réalité de l'Occupation. Les auteurs nous plongent littéralement dedans :

    D'abord visuellement avec le monochrome bleu entêtant qu'utilise Dominique Bertail au pinceau. La couleur est froide mais les personnages sont étonnamment chaleureux. La lumière est utilisée de façon magistrale et rend les visages expressifs et touchants. Les éléments de décors sont minutieusement détaillés et mis en valeur par des ambiances exceptionnelles. Tout est réussi : les intérieurs, la nuit, la pluie, la neige, la ville... Dans une époque si bien restituée, l'immersion est profonde et durable.

    Ensuite, le travail de JD Morvan au scénario est tout aussi subtil. Vivant, prenant et vibrant.

    Un point reste discutable : le témoignage de Madeleine Riffaud est souvent cité tel qu'elle l'a livré, en tutoyant l'auteur, dans de longs récitatifs. Et là, pour le coup, ça n'est pas très immersif puisque cela arrache le lecteur au contexte historique. On a parfois l'impression que certaines planches ne sont que l'illustration de ses souvenirs racontés au présent.

    Ca ne veut pas dire que ça ne fonctionne pas. Cela interrompt juste la narration pour créer un aller-retour entre deux temporalités. Ce parti pris a au moins le mérite de ne pas trahir la parole de cette grande résistante pour la transmettre respectueusement avec ses mots à elle.

    Une œuvre intelligente et splendide que la suite devrait encore raffermir.

    Shaddam4 Le 30/10/2021 à 09:04:10

    Il serait malhonnête de critiquer l’aspect réaliste et fidèle d’un album documentaire. Pourtant à la conclusion de ce tome j’ai ressenti une forme de grande sagesse, de timidité (compréhensible) des auteurs devant l’œuvre qu’ile entreprennent. Le développement de cet album est éclairant en ce qu’il s’assume comme l’illustration fidèle d’un récit historique très précis (Madeleine semble avoir garder toute sa mémoire) et aucunement un travail de création. Dominique Bertail a beaucoup travaillé sur des projets documentaires par le passé (et a illustré le livre de Riffaud sur l’Hôpital). Première partie d’un triptyque, on n’en est bien entendu qu’aux prémices, déjà bien durs, d’une vie extraordinairement remplie. On découvre ainsi l’Exode, la drôle de Guerre, les conséquences très concrètes dans les villages de France et la réalité de la Milice. Celle d’une Résistance en zone libre également, qui très tôt participe à constituer les bases de ce qui deviendra une guerre intérieur à l’approche de la Libération. Ainsi le sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet, près de Grenoble fut une plaque tournante du maquis alpin avec des prêtres et médecins fort courageux.

    L’histoire est surtout celle d’une jeune fille fille d’enseignants, dotée d’un caractère bien trempée et victime de violences qui forgeront sa détermination. L’histoire commence à peine donc et l’on ressent malgré les difficultés de la Guerre la légèreté du Paris de Saint-Germain des prés, et de l’émancipation de la jeunesse même dans ces circonstances dramatiques. Sage je disais car il manque ce souffle romanesque qui aurait pu transporter cette BD au-delà de l’illustratif. Ce n’était semble t’il pas l’objet et l’on imagine le respect immense des auteurs pour leur témoin.

    Plus documentaire précis qu’histoire BD, on parcourt ce premier volume à la fois fasciné par un des derniers témoignage de résistant français et frustré par la discipline qui parcourt le livre. A réévaluer bien entendu lorsque la trilogie sera conclue.

    Lire sur le blog: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2021/10/30/madeleine-riffaud-resistance-1-la-rose-degoupillee/

    zantar Le 12/10/2021 à 20:44:17

    Pour un passionné d'Histoire et de BD, comme moi , un vrai plaisir de voir ces deux passions réunies dans ce récit, d'autant plus précieux que de nombreux anciens combattants et résistants ne parlaient pas de leur guerre et sont maintenant partis sans laisser de témoignage ! Ce livre m'a fait regretté une nouvelle fois de ne pas avoir fait parler plus mon arrière grand mère, résistante de la première guerre mondiale (et oui cela existe) et ma grand mère au fort caractère et picarde comme Madelaine, et du même âge.
    Merci aux auteurs de leur rencontre avec elle, de leur travail pour restituer cette histoire et d'avoir inclus dans l'album le récit de cette rencontre.
    J'ai une grosse envie de lire la suite, non pas parce que les faits sont inconnus, on les trouve sur internet, mais par le plaisir de connaitre la version de Madelaine, son récit et sa traduction par les auteurs , scénarios, dessins, et couleurs qui rendent ce récit plus facilement accessible qu'un simple livre de mémoire pour les plus jeunes.
    Mon seul regret, il va falloir plusieurs années pour avoir le récit complet !

    bd91130 Le 01/10/2021 à 10:01:35

    On parle dans ce livre d'utiliser la BD comme vecteur de la mémoire tourné vers un autre public, plus jeune. Pour moi, raté, j'ai quelques dizaines d'années de plus et ... je découvre Madeleine.
    Un sans-faute. La narration à la première personne est une réussite, on a l'impression d'entendre cette dame âgée maintenant parler, narrer ses souvenirs avec quelques remarques péremptoires bien senties, mais aussi le recul et la distance donnés par le temps qui a passé, et de façon toujours intéressante, souvent passionnante. Le dessin est complètement adapté, la mise en page souvent sobre mais très variée, avec même quelques très belles pages pleines.
    Merci aux deux auteurs qui nous permettent de découvrir cette femme au destin et au caractère apparemment exceptionnels, j'attends la suite avec confiance.