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J anvier, 1793. La tête de Louis XVI vient de tomber dans le panier, mais le peuple commence à perdre patience ne voyant pas se concrétiser les promesses de la Révolution. Résultat, de Paris aux campagnes, le chaos et l’anarchie s’installent petit-à-petit. Tout cela, Lazare Bruandet n’en a cure. Il n’y a qu’une occupation qui soit digne : la peinture ! Colérique au vin mauvais, il commet un jour l’irréparable et tue sa compagne. Obligé de fuir, il se réfugie dans la forêt de Fontainebleau. Terré au fond des bois, il tente de poursuivre son œuvre à l’abri des miliciens de tous bords.

Frantz Duchazeau exploite avec urgence la destinée méconnue et oubliée de Lazare Bruandet (1755-1804), peintre avant-gardiste (dans le contexte de son époque) et champion de la peinture sur le motif. Si l’homme a réellement existé et du effectivement quitter la capitale après des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, les détails de sa biographie restent largement lacunaires. Profitant de ces incertitudes, l’auteur de Mozart à Paris a imaginé un personnage entier à la dérive et totalement dévoué à son art.

À peine ravitaillé par un dernier ami également du métier, Bruandet erre, peint, séduit la jolie servante d’une auberge, aide des moines à se défendre et joue à cache-cache avec des bandes de pillards, à moins qu’il ne s’agisse de militaires. Peu importe, une seule chose est cruciale : créer pour tenter de retranscrire la force des paysages. Baste à ceux qui n’y voient qu’une activité dérisoire en ces temps troublés ! L'unique vérité se trouve sur la toile. Outre cette folie créatrice dont il doit partager en partie l’audace, le scénariste a doté son héros d’une personnalité complète à la psychologie poussée (trauma de l’enfance qui resurgissent, folie autodestructrice cachant une âme blessée, etc.). Ces différents éléments finement entremêlés rendent l’ouvrage particulièrement prenant et cohérent. Les coups de sang et d’éclats se répondent mutuellement, alors que des douleurs intérieures étouffent peu à peu l’artiste.

Cette énergie du désespoir se retrouve dans un traitement graphique mélangeant un certain classicisme (les superbes et majestueux portraits équestres, par exemple) mêlé d’un expressionnisme aussi anachronique qu’implacable. Trognes et regards féroces, décors variés, allant des bouges crasseux à une nature flamboyante (quels arbres aux ramifications inquiétantes !) se succèdent au sein de compositions subtilement organisées. Le dessinateur offre un talentueux récital où tout semble couler de source. Toutefois, cette facilité n’est qu’apparente, derrière ces planches léchées, se cache un méticuleux travail de découpage et de mise en scène dans lequel rien n’a été laissé au hasard.

Album visuellement « plein » et mettant de l’avant des réflexions universelles aux résonances contemporaines, Le peintre hors-la-loi – titre trompeur et un peu malheureux – est une lecture puissante et remarquable, autant dans ses excès que sa justesse.

Par A. Perroud
Moyenne des chroniqueurs
7.3

Informations sur l'album

Le peintre hors-la-loi

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