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E n 1935, Wilhem et Almah se marient au milieu de leurs proches. Bien loin de se douter que les événements qui les attendent vont bouleverser leur vie et le monde. Quelques années plus tard, l'Anchluss et ses conséquences amènent leurs familles respectivement à prendre des décisions radicales. Pour les époux, elles marqueront le début d'un long périple...

Lorsque l'idée d'adapter son roman au neuvième art a germé, Catherine Bardon n'a pas hésité à s'en charger. Accompagnée de Winoc pour la partie graphique, l'autrice s'est attachée à choisir les coupes à faire, les éléments à garder, afin de préserver l'essence de sa saga historique. La trame, ample et dense, qui se déroule sur plusieurs décennies, voit un jeune couple de la bourgeoisie viennoise affronter la montée du nazisme dans son pays et se résoudre au départ. Ce déracinement qui ne se fera pas sans mal les entrainera dans un long voyage vers la République dominicaine. Dans un style réaliste, qui rappelle le travail de Laurent Hirn (Le Pouvoir des innocents), Winoc propose des planches lisibles, à la mise en page fluide, qui permettent d'intégrer facilement les nombreuses informations et dialogues.

Le périple, documenté, éclaire sur un évènement peu connu de la Seconde Guerre mondiale : la mise à disposition de terres par le général Trujillo, dictateur de l'État des Caraïbes, pour des immigrés juifs du Reich. De l’exode, avec ses aléas administratifs et ses désillusions, en passant par l'installation et la construction d'un kibboutz, les auteurs décrivent avec précision les épreuves que leurs héros traversent. Les divers lieux, les décisions de chacun, les obstacles à surmonter, donnent une ampleur et un élan romanesque à l'ensemble. Rapidement attachants, le couple et ses compagnons font preuve d'une résilience certaine. Sans effet ostentatoire, le scénario captive et l'immersion se fait naturellement. Les grandes étapes historiques offrent des repères aux lecteurs, tandis que l'intrigue associe habillement péripéties familiales et choix de vie face à la situation.

Adaptation du premier opus de la saga à succès, Les Déracinés est une réussite. Dense, captivant et émouvant, nul doute que cet album trouvera aussi son public. Il le mérite.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Les déracinés

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    Erik67 Le 12/06/2021 à 09:57:10

    J'ai beaucoup aimé cette BD qui est tiré d'un roman de Catherine Bardon à propos d'une famille juive qui fuit l’Autriche qui a viré totalement nazie suite à l'Anschluss du 13 mars 1938 avec les troupes allemandes accueillies par des autrichiens en liesse prêts à en découdre avec les juifs, jaloux de leurs succès économiques.

    Certes, on retrouvera les repères habituelles pourvu que l'on soit intéressé par la Seconde Guerre Mondiale et la montée du nazisme, le parti d'Hitler. Le processus d'aryanisation va conduire à la persécution des juifs auxquels on va confisquer leurs travail, puis leurs biens et enfin leurs vies.

    Pour autant, cette histoire va prendre une tournure particulière quand il s'agira de fuite vers la république dominicaine, une petite dictature des Caraïbes car tout les autres états démocratiques ferment leurs frontières et n'accordent pas leur visa à ces gens persécutés par le régime nazi. C'est un vrai éclairage sur ce qui s'est réellement passé durant cette période qui donne toute la lumière sur des faits peu avouables. On peut être complice par passivité de l'inacceptable.

    La conférence d'Evian en juillet 1938 en est la preuve car malgré 32 pays présents, peu ont accordé des visas supplémentaires. Les USA du président Roosevelt n'ont accordé que 27000 visas pour les citoyens du Reich faute d'un accord avec le Congrès, c'est dire. Seul le Mexique aurait protesté contre l'Anschluss. Même Londres refuse de voir aborder la question palestinienne.

    Cette conférence est un grave échec. Le seul pays qui accepte publiquement d’accueillir les réfugiés juifs d’Europe est la République dominicaine à la condition que ceux-ci soient porteurs de fonds suffisants pour s’établir dans le pays à leur compte et à exercer le commerce, une profession, ou créer des industries, contribuant de cette façon à l’enrichissement de la Nation. Ce dictateur négrophobe est loin d’être un philanthrope,il n’agit pas ainsi par bonté d’âme.

    On va suivre Will et Almah, un beau couple dans leur périple qui vont les conduire jusqu'aux portes des Etats-Unis qu'ils n'arriveront pas à franchir, faute de papier suffisant. Ils vont alors débarquer dans un kibboutz à construire en plein milieu de la forêt de la République dominicaine suite à un accord entre une association d 'aide aux juifs la DORSA et le gouvernement du général Trujillo. Bref, des déracinés au milieu des mygales, des fièvres et les tempêtes tropicales et des haïtiens tenus en esclavage. Certes, c'était mieux que les camps de concentration mais bon. Ces familles juives trouvèrent par conséquent refuge dans la petite ville de Sosúa située dans la partie nord du pays, une région presque inhabitée. Un terrain y avait été aménagé en bananeraie puis abandonné par la United Fruit Company.

    L’accueil du peuple dominicain fut assez chaleureux. Il est vrai que les colons n’étaient plus les bienvenus nulle part, mais il n'y avait pas d’antisémitisme dans cette île des Caraïbes. Les réfugiés qui parlaient l’allemand ou l’hébreu ont fait des efforts pour apprendre à parler l'espagnol et ainsi communiquer avec la population. Des liens se créèrent peu à peu entre les deux communautés . Cette œuvre retrace toute cette histoire particulière assez méconnue.
    Ils construisirent une sorte de ferme collective où ils travaillèrent comme ouvriers dans une sorte d'autarcie imposé au départ par la DORSA. Malheureusement, les terres n’étaient pas fertiles et se révélèrent impropres à l’agriculture. Ils se concentrèrent alors sur l'élevage des vaches afin de produire du beurre et du fromage. Les fermes regroupées en coopérative virent leurs affaires prospérer. Ils organisent une véritable vie culturelle et religieuse. Une synagogue est même construite. Aujourd'hui, cette ville est une destination touristique fort prisée.

    Les Juifs de Sosúa ont échappé aux tragédies de la Shoah, et se sont reconstruit une nouvelle existence. Leur histoire est celle d’une rencontre aboutie entre deux peuples de cultures différentes. A noter que ce récit va s'étaler sur une période de 26 ans (1935-1961).

    J'avoue avoir appris des choses très intéressantes sur l'histoire de la République dominicaine durant cette période.Cela change des récits habituels sur le même sujet. On voit que l'auteure a accompli un travail de recherche assez minutieux. Chose rare, les faits historiques n'alourdissent pas ce récit qui se lit très bien jusqu'au final que j'ai un peu moins aimé. C'est une BD dans le genre romance historique vraiment riche qu'il convient de découvrir.