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Elecboy 1. Naissance

28/01/2021 5564 visiteurs 7.0/10 (4 notes)

À l’aube de l’an 2122, le monde n’est plus. Aride et dépeuplée, la Terre est écrasée par un soleil brûlant. Quelques poches de rescapés tentent de "refaire société", alors que des intelligences artificielles paraissent engagées dans une guerre dont les enjeux dépassent la survie de l’espèce humaine. Au sein de l’une de ces petites communautés, Joshua s’éprend de Margot. Cette dernière n’est autre qu’une des héritières du clan qui domine la collectivité. Porté par un instinct belliqueux, son frère Sylvio refuse cette relation et ambitionne même de prendre sa sœur comme nourricière.

Après avoir servi de son meilleur geste le scénariste Christophe Bec (Carthago Adventures, Eternum), Jaouen Salaün accomplit son désir d’accoucher d’un album en qualité d’auteur complet. Pour l’illustrateur, tout commence il y a dix-huit années. Depuis cet hiver 2002, une sensation étrange lui trotte dans la tête. Et à maintes reprises, il a essayé d’ordonner sa pensée et de mettre des mots sur cette idée. Toutefois, les différentes versions du scénario sont abandonnées les unes après les autres. Au tournant de ses quarante printemps, le projet est une énième fois ressuscité. Seulement, ce coup-ci, son entreprise aboutit enfin à la confection du premier acte d’Elecboy qui arbore, comme un symbole le sous-titre Naissance.

Maturé de longues dates donc, cet opus introductif d’une tétralogie de science-fiction dégage un fort parfum de tragédie grecque. L’amour impossible tutoie la volonté des dieux ; et l’inceste défie le concept de la lutte des héros contre leur destin. Hormis une séquence liminaire un peu fade, la narration gagne rapidement en intérêt à mesure que les protagonistes s’épaississent. Pourtant, le bédéiste ne joue pas cartes sur table. Les intrigues sont dévoilées à pas feutrés laissant encore planer un important secret relatif aux velléités des êtres supérieures (et « sûrement » technologiques).

La proposition graphique constitue l’atout majeur de cette bande dessinée. L’artiste se surpasse et régale au passage la rétine du lecteur. Le rendu est tout à la fois immersif et aéré. Les séquences d’action, les émotions, les divers plans et cadrages sont parfaitement structurés. D’autant que le virtuose ne faiblit pas sur la longueur et chaque planche bénéficie d’une attention particulière. Quant à la mise en couleur, elle résonne au diapason. Les tons ocre et sablonneux renforcent l’aspect post-apocalyptique du récit. Et l’ensemble est rehaussé d’un travail de la matière assurant un visuel d’une nature peu commune.

Le volume inaugural de la série Elecboy remplit son rôle de tome d’exposition. La trame narrative est esquissée, les personnages prennent corps, les rivalités sont installées et les nombreux mystères abreuvent le spectateur de questions et d’envie de poursuivre l’aventure. Tant mieux, puisque si la pandémie nous prête vie, la suite est prévue (et attendue) pour l’automne prochain.

Par Y. Machado
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Elecboy
1. Naissance

  • Currently 3.90/10
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Note: 3.9/5 (20 votes)

  • Jaouen
  • Jaouen
  • 01/2021 (Parution le 15/01/2021)
  • Dargaud
  • 978-2-505-08347-4
  • 62

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L'avis des visiteurs

    BudGuy Le 10/04/2021 à 12:00:00

    Jaounen le mentionne avant les remerciements d'usage, il a mis dix-huit ans pour accoucher de cette œuvre, et effectivement la passion et le travail transpirent sur chaque page de cet album.

    Le dessin est très beau et léché avec un bon dosage des couleurs: les paysages de cette terre futuriste sont à tomber (on sent qu'il y a du Mad max Fury Road derrière).
    Concernant l'aspect visuel donc, il n'y a pas grand chose à reprocher tant le rendu est très bon, à l'exception de quelques cadrages discutables.

    En revanche, le scénario est un peu plus problématique.
    Nous suivons un groupe d'humains cherchant à survivre dans un futur post-apocalyptique, dont le contrôle est géré via un système de castes par des amérindiens un peu revanchards envers les blancs.
    Malgré ce postulat intéressant, l'histoire est par moment assez brouillonne, c'est un mélange d'influences diverses (Mad Max, robots tueurs, fantastique…). Je sens bien que l'auteur a eu envie de composer un univers touchant à différents domaines mais il aurait fallu garder un peu de mystère pour l'opus suivant et peut-être en faire moins !
    Par exemple le méchant suprême ressemble à Zeus et contrôle des robots à partir d'un "temple" grecque situé dans une station spatiale en orbite autour de la Terre, kamoulox !

    Certains éléments sont peu clairs pour l'instant au niveau enjeu (le début, quel est son lien avec l'histoire actuel ?). D'ailleurs la couverture n'est pas présente dans les dessins de cet album :(
    Pour finir certains personnages sont clichés et mériteraient plus de nuances. Je précise enfin qu'il y a de l'émotion qui se dégage à certains moments clés et c'est toujours bienvenue.

    Reste à voir ce que donnera la suite.

    yannzeman Le 28/03/2021 à 10:35:32

    Je ne serai pas aussi dithyrambique que d'autres, ici, sur cet album.

    Côté scenario, c'est confus, le début est longuet, les personnages sont assez stéréotypés ou ont un comportement tellement étrange qu'il m'a été difficile de m'attacher et de suivre l'histoire. J'ai du faire des pauses, ce qui n'est pas bon signe.

    Un bon dessinateur ne fait pas toujours un bon raconteur d'histoire. Jaouen est peut-être plus un illustrateur qu'un dessinateur de BD, dans cet album (alors que je l'ai trouvé très bon dans ses précédentes réalisations où un scénarite l'accompagnait).

    Ce mélange graphique de monde post-apocalyptique et de Grèce antique, c'est du déjà vu (cf ce qu'a proposé le duo Bajram/Mangin chez Quadrants). Et un vaisseau spatial avec un temple grec, j'y crois moyen.... J'ai passé l'age d'apprécier "les chevaliers du zodiaque".

    Même la couverture, si réussie soit-elle, rend un peu décevante la lecture de l'album, puisque la promesse de retrouver cette scène (et ce robot) n'est pas tenue. Cette couverture aura peut-être du sens dans les albums suivants, mais là, ce n'est pas le cas.

    Graphiquement, je reste aussi un peu sur ma faim. C'est beau mais ce n'est pas toujours très compréhensible. Parfois mal cadré, parfois les visages ne sont pas reconnaissables (le mal moderne des BD ou on doit parfois deviner qui est qui).

    J'espère me tromper, et que la suite prouve que le projet est bon. Mais en Saint Thomas, j'attends de voir.

    LeoLab Le 25/03/2021 à 19:03:17

    De très beaux graphismes, mais une histoire un peu brouillonne qui tire un peu l'ensemble vers le bas, bien qu'elle s'éclaircisse vers la fin. À voir avec la suite, que je lirai très certainement.

    kergan666 Le 31/01/2021 à 16:46:23

    j'avoue ne pas avoir tout compris à cet album.
    l'histoire se passe dans un futur proche évidement apocalyptique ou l'homme survie.
    dans cette histoire les indiens ont pris l'ascendance sur leurs anciens oppresseurs sur fond de graves problèmes d'approvisionnement en eau.
    des IA dirigés par une entité ressemblant étrangement à Zeus sont là manifestement dans le but de trouver quelqu'un.
    j'espère que le prochain tome éclairera un peu les choses.
    mais il est vrai que mon esprit cartésien n'aide pas....
    les dessins sont vraiment très réussis avec des couleurs très bien adaptés.
    donc un album dans l'ensemble réussi qui donne envie de connaitre la suite ce qui est déjà une réussite en soi.

    thieuthieu79 Le 30/01/2021 à 16:27:29

    WHAOUU !!!
    Quelle claque visuelle !!!
    Jaouen a mis le paquet !!!
    Les personnages sont saisissants de réalité, les décors particulièrement bien travaillés et la mise en scène complètement immersive.
    Cette proposition graphique est un régal visuel et rend l'ensemble très réel.
    Pour le scénario, là aussi on se rend bien compte que les 18 années de gestation qu'il a fallu pour accoucher de ce projet, ont été bénéfiques. On se retrouve dans un monde post-apocalyptique, dépeuplé, brulé par le soleil, dans lequel une menace extraterrestre plane.
    En plus de ce combat, celui de l'alimentation en eau (qui se fait rare et précieuse) ainsi que celui de la liberté (avec le Clan de Sylvio qui domine et dirige le village).
    C'est bien écrit, bien rythmé, bien structuré. Les découpages et les cadrages servent au mieux le récit.
    On se prend très vite d'affection pour les personnages, les émotions sont présentes, la colère gronde, les mystères planes.
    L'atmosphère est très puissante et les ambiances profondes, le tout appuyé et magnifié par une colorisation aux tons ocre et sablonneux qui renforcent encore plus l'immersion.
    Elecboy, est le premier projet solo de Jaouen, et déjà un des plus travaillé et abouti du 9ème art.