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Yellow cab

14/01/2021 4793 visiteurs 6.3/10 (3 notes)

D e nos jours, lassé de réaliser des longs métrages et des séries pour le petit écran, Benoît Cohen, un Français exilé à New York, est en panne de motivation. Faire un break dans le milieu cinématographique s'impose et serait également l'opportunité d'aller chercher l'inspiration pour un prochain scénario dans le cœur même et la diversité de la mégalopole où se heurtent douceur et violence. À coup sûr, son choix de devenir un « cab driver » lui ouvrirait cette perspective d'immersion.

En 2017, Flammarion publie Yellow Cab un ouvrage autobiographique signé Benoît Cohen, dans lequel il relate avec justesse et précision la parenthèse professionnelle qu'il s'est octroyée au profit d' « un métier qui s'arrête lorsqu'on gare la voiture et que l'on dépose les clefs de contacts. » Christophe Chabouté (Purgatoire, Pleine Lune) s'empare de cet épisode pour le retranscrire à travers un volumineux roman graphique. Véritable tournant et remise en question dans la carrière du cinéaste, le récit s'emploie à décrire minutieusement son itinéraire et ses rencontres, en passant par les nombreuses et lentes démarches administratives pour parvenir jusqu'à la délivrance de la fameuse et tant convoitée licence de chauffeur de taxi. Le trajet se poursuit au coté du conducteur, le lecteur devenant le témoin privilégié de ses courses ainsi que des bavardages intimes avec sa clientèle dont il espère se nourrir pour alimenter le script d'un futur film. « You're talking to me ? » Le rêve américain existe, mais il montre vite sa réalité et ses limites.

Feuilleter un « Chabouté » c'est avoir l'assurance de ressentir un réel plaisir visuel. Fidèle à sa conception du graphisme entièrement dépourvu de couleur, additionné à un trait remarquablement réaliste, lui permet de donner une profonde dimension à ses personnages et à ses lieux. L'auteur s'amuse avec le noir et blanc, donnant une priorité absolue à son dessin en ne l'encombrant pas de dialogues inutiles. Il préfèrera les déposer en dessous sous la forme de légendes narrées à la première personne du singulier. Ainsi, les regards et les silences pesants qui se dégagent des cases muettes, pour certaines sans aucune délimitation, sont aussi éloquents sinon plus. De même, les prises de vue sont recherchées et travaillées, à l'image de cette sublime planche, laquelle, comme un symbole, rend hommage au chef-d'œuvre de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique.

Non content d'envoyer de très jolies cartes postales de la fascinante « big apple », Yellow Cab véhicule une composition humaine riche d'enseignements.

Par D. Roy
Moyenne des chroniqueurs
6.3

Informations sur l'album

Yellow cab

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L'avis des visiteurs

    Benjie Le 12/02/2021 à 16:43:18

    Après 20 ans de tournage de films, Benoît Cohen ressent le besoin de faire une pause, de se resourcer, de retrouver un sens à son travail et peut-être aussi à sa vie. Il s’installe à New York et décide de devenir chauffeur de taxi... Cette toute nouvelle expérience, au plus près des réalités et des habitants de la ville, devrait lui apporter l’inspiration pour l’écriture d’un nouveau scénario. Commence alors un voyage initiatique au cœur de la micro-société des chauffeurs de taxi. Il prend des cours pour apprendre les bases du métier, obtient sa licence après un parcours du combattant au sein de l’administration américaine, fait ses premières courses, se prend ses premiers PV en rafale, dur ! dur ! Mais il tient bon et au fil des jours et des nuits, maitrise de mieux en mieux son nouveau métier. S’immergeant au cœur de la société new yorkaise, il observe ses passagers, guette leurs réactions et prend des notes. Il ne va pas manquer de documentation quand viendra l’heure d’écrire le scénario de son prochain film.
    Mais l’histoire se trouble. Que cherche-t-il vraiment en essayant de dessiner les contours et le caractère de celle qui sera sa prochaine héroïne ? Au volant de son taxi jaune, Benoît plonge en lui-même autant qu’il s’interroge sur son futur film. Au fil des rues et des adresses, il sillonne la Grosse Pomme dans tous les sens, croise des centaines de visages, entend des bribes de conversations, devine des souffrances, imagine des vies et compatit en silence.
    Cet album est vraiment un très beau moment de lecture, une sorte de pause propice à la réflexion. J’apprécie vraiment beaucoup le travail de Chabouté même si ses personnages principaux ont souvent un petit air de ressemblance. Et puis, on ne peut pas ne pas penser à l’œuvre de Will Eisner et à tous ses personnages du quotidien. On pense évidemment à Woody Allen, Scorsese, Jarmusch… Une belle atmosphère, une mise en lumière d’acteurs new yorkais habituellement invisibles, des noirs et blancs superbes…