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« Faire un deuxième Spirou ? Tout est possible ! »

Entretien avec Frank Pé

Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade Interview 07/11/2016 à 11:28 2303 visiteurs

Ne dites surtout pas à Frank Pé que La Lumière de Bornéo évoque la protection animale ! Non, le dernier né du Spirou et Fantasio vu par est avant tout une ode à la beauté du monde. Et c'est en ayant à l'esprit cette subtilité que le récit pourra entièrement se révéler. Des animaux, il en est aussi question dans le projet de parc animalier que l'auteur de Broussaille porte à bout de bras et qui prend petit à petit forme près de Namur, en Belgique. 

Le zooïsme a-t-il été inventé par vous ou pour vous ?

Frank Pé : Le zooïsme a été inventé pour l’histoire. Pour preuve, je n’ai pas réalisé plus d’images zooïstes que celles qui apparaissent dans l’album. Pour une question de temps, j’ai dû réaliser ces grands tableaux en tout petit alors que mon idée première était de faire des peintures pour me mettre complètement dans la peau de Bornéo.

La prépublication dans le magazine Spirou, c'était une pression ?

F.P. : Non… Mais la fin a été très compliquée pour des raisons marketing : on a buté sur la couverture et j’ai dû chercher un coloriste in-extremis, le premier envisagé ne convenant pas. Une fin d’album somme toute très classique, on a beau se mettre en route le plus tôt possible, on finit toujours pas se dépêcher quand la fin arrive. (sourire) On a finalement reculé d’un mois.

Vous êtes à l’initiative du récit, pour quelles raisons avez-vous fait appel à un scénariste ?

F.P. : C’était pour moi une évidence. J’avais effectivement écrit une histoire mais il fallait, pour un projet comme celui-ci, que ce soit irréprochable, tant sur le plan technique que sur le plan émotionnel. Zidrou était mon premier choix, le casting idéal.

Zidrou n’a pas eu quelques réticences à travailler sur un projet dont il n’est pas directement à l’origine ?

F.P. : Pas du tout ! Ce n’est pas quelqu’un qui place son ego à ce niveau-là. On était contents de travailler ensemble. D’ailleurs, mon prochain projet se fera de nouveau avec lui dans lequel il aura une part plus importante.

Dans votre idée première de scénario, le personnage de Spirou apparaissait-il déjà ?

F.P. : Quand j’ai décidé de faire un Spirou, j’ai laissé tout doucement mûrir le projet. C’est l’intuition qui m’a guidé vers des thématiques ou des questionnements : un Spirou en 2016 c’est un héros pur, jeune, actif… L’époque d’aujourd’hui a complètement changé par rapport à celle de Franquin. On ne peut plus faire de divertissement comme avant, juste vouloir faire rire ou faire de l’action. On n’est plus dans l’après-guerre mais dans un monde hystérique et pourri par plein de choses même s’il y a aussi de très bonnes choses. Rebooster ce personnage en 2016 a donc été mon principal travail. Une fois que j’ai vu clair là-dedans, j’ai pu imaginer une histoire qui tourne autour de thématiques actuelles : Spirou ne pouvait être qu’indigné.

Rebooster le personnage c’est aussi le faire vieillir ?


F.P. : Pas forcément. Si je l’ai fait un peu mûrir, c’était pour le moderniser et le rendre plus humain. Je voulais qu’il quitte ce rôle d’icône et qu’il devienne une vraie personne. J’étais très attaché au Spirou de Franquin, sympa, actif et malin et je suis persuadé qu’il a aimé son personnage pendant très longtemps. Cette petit narine retroussé ne trompe pas. (sourire)

Vous l’avez certes modernisé mais sans le rendre superficiel. Il écoute beaucoup avant de passer à l’action…

F.P. Être moderne, c’est ne pas écouter ? (rires) C’est aussi pour ça que Spirou est un héros, c’est quelqu’un qui essaie de faire des bonnes actions dans le monde actuel. La grande difficulté, c’est de ne pas être mièvre, de ne pas tomber dans les bons sentiments attendus, style l’écologie, la protection des espèce qu’on a tendance à me mettre souvent sur le dos. Je me défends de ça et j’essaie de prendre les choses d’un tout autre côté, de les refonder à la racine. J’ai lu quelque part que cet album parlait de la protection des animaux. Mais ça n’a rien à voir ! Je parle moi de la beauté du monde ! C’est un cliché qu’on a l’habitude de me coller par habitude ou par bêtise.

Affubler Spirou d’une paire de lunettes, c’est le rendre plus humain ?

F.P. : Oui, je trouve. Ça le rapproche un peu de nous. Il y avait aussi une autre raison :  en prenant un peu de bouteille, ça me permettait aussi de me projeter dans ce personnage. À soixante ans, c’était un peu difficile de me rapprocher de quelqu’un qui en avait dix-huit ou vingt. L’idée de faire une histoire sur la transmission de son rôle de héros, ça me touchait beaucoup. Une des problématiques majeures de notre époque, c’est la transmission vers les générations futures. C’est nous qui avons foutu la merde, ou nos parents, mais ce sont nos enfants qui vont devoir tout éponger. Dans cet album, Spirou transmet son côté héroïque et exemplaire. Ce personnage a, dans le monde d’aujourd’hui, un potentiel énorme.

On n’a pas l’habitude de voir Spirou dans un jeu de séduction…

F.P. : C’est à peine effleuré. Le personnage de la professeur de peinture est très secondaire. Les vraies raisons de cette histoire entre Spirou et Gisèle, c’était surtout pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté entre Spirou et Fauvette. Cette dernière est ado et Spirou est célibataire… Je me suis interdit de dessiner Fauvette avec sensualité. Son positionnement n’est pas d’être une ado sexy, il est tout à fait ailleurs.

Même si on l’aperçoit nue au détour d’une case…


F.P. : Oui, mais ce n’est pas de la sensualité, c’est de la réalité, de la « vérité ». C’est quelque chose de cash qui donne un côté sérieux à l’histoire.

Fantasio a également gagné en maturité, du moins physique, avec une calvitie plus marquée qu’à l’accoutumée…

F.P. : Et il en souffre beaucoup… (rires) Je n’ai pas beaucoup travaillé le personnage de Fantasio. J’ai juste essayé de l’ajuster à Spirou, de le faire de nouveau plus crédible. Je suis aussi revenu à son côté gaffeur. Chez Franquin, ces deux personnages avaient fini par beaucoup se ressembler, au moins graphiquement, avec la même structure de tête.

Comment trouver le juste équilibre entre respecter l’œuvre de Franquin et apposer sa propre patte graphique ?

F.P. : Je n’ai pas du tout abordé ça de cette façon. Je savais d’emblée que je ne voulais pas faire du dessin à la Franquin, être dans les traces stylistiques d’un maître comme peut le faire par exemple Schwartz, grand admirateur de Jijé, Franquin ou Chaland. Mon phare, c’est bien Franquin mais pas du tout pour son style, même si je l’adore. C’est en premier lieu parce qu’il m’a donné des leçons humaines et professionnelles. D’abord humaine, parce que dans son dessin, on voit que c’est un chouette type et on a envie de l’aimer. Partout dans son style et dans son travail, il y a de l’amour, élément essentiel d’une BD grand public. Cela veut dire aussi que rien n’est fait avec désinvolture. N’importe quel brin d’herbe est fait avec conscience, présence et respect. C’est une règle « Franquin » que je me suis imposée du début à la fin. Professionnel ensuite… Avec une douzaine d’albums derrière moi et à soixante ans, je me suis imposé de résoudre tous les problèmes techniques que j’allais rencontrer sur cet album. C’est ce que Franquin a fait toute sa vie. On sent qu’il a une exigence professionnelle et une responsabilité vis à vis de son lecteur assez exceptionnelles. C’est aussi ce qui a fait sa grandeur. C’est en raison de sa présence quotidienne dans le journal et de son contact avec le grand public qu’il a tiré son travail vers le haut. Il n’était pas qu’un instinctif, il réfléchissait aussi beaucoup, il s’améliorait tout le temps.

Vous avez déclaré il y a quelques temps que la bande dessinée souffrait d’un manque de créativité et que certains auteurs se réfugiaient dans des valeurs sûres. Reprendre un Spirou c’est finalement mélanger les deux ?


F.P. : Quand j’ai dit ça, c’était à un moment où la BD avait tendance à devenir très commerciale. Quand les éditeurs sont devenus des hommes d’affaire, c’était une tendance qu’on pouvait vraiment craindre. Maintenant, je trouve au contraire que la situation de la bande dessinée est extraordinaire, même si économiquement c’est un peu désastreux. Quand on rentre dans une librairie et qu’on jette un oeil sur la production actuelle, la créativité est énorme. Il y a peu de domaines médiatiques avec une telle créativité. Faire une reprise demande beaucoup de créativité, si on veut la réussir. Je pense que si on est face à un tel projet, il faut vraiment reprendre le personnage et l’histoire à sa manière. Le faire à la manière du créateur, c’est pour moi commercial, pour ne pas froisser le lectorat qui a ses habitudes. Imaginez que Franquin ait repris Spirou en voulant faire du Jijé… Il faut avoir le culot de discuter avec le créateur, vivant ou pas, en lui disant : j’aime beaucoup ce que tu as fait mais j’ai l’impression que je peux apporter quelque chose.

Spirou a un air de ressemblance avec Broussaille…


F.P. : Oui, c’est vrai. Je m’en suis d’abord un peu défendu quand j’ai démarré, puis je l’ai accepté. En y réfléchissant, je me dis que c’était finalement tout à fait logique. Je suis arrivé dans la BD à une époque où ma génération était en réaction à la génération intermédiaire, comme Cauvin par exemple. Notre référence à nous, c’était la génération d’avant, comme Franquin, Morris… On voulait ré-insuffler de la créativité et, ce qu’on aimait bien à cette époque-là, de la poésie et de la nostalgie. On voulait garder un côté franco-belge mais y remettre une vraie « gnaque » dedans. J’ai créé Broussaille dans ce contexte-là. Je refusais déjà à l’époque les déformations à la Franquin du style gros pied, gros nez avec un trait « nouille » très rond. J’avais découvert les expressionnistes autrichiens comme Gustav Klimt et Egon Schiele, et j’avais compris que le trait pouvait être très tiré et très anguleux. J’ai donc abordé le dessin tout à fait autrement. Broussaille était déjà en quelque sorte un Spirou écolo post 68. Maintenant que j’ai fait Spirou, j’ai eu l’impression de reboucler quelque chose, de revisiter les racines.

L’intégrale de Broussaille sort presque au même moment que votre Spirou, jolie coïncidence…

F.P. : Oui, c’est formidable. Il y a de temps en temps des petits miracles… (sourire)

L’Atomium abîmé en Belgique est un symbole fort…


F.P. : C’était justement le symbole de toute l’époque de Franquin. 1958, c’est l’époque pendant laquelle Franquin est au sommet de sa popularité. À Bruxelles, l’expo de 1958 a été très marquante et l’Atomium en est son symbole. En BD, on a l’habitude de parler du style « atome » qui est l’époque Chaland, Serge Clerc… Mais il y avait aussi un état d’esprit qui était celui de la génération de Franquin, de mes parents. Comme on disait précédemment, je voulais un Spirou plus adapté pour 2016. C’était donc logique de mettre un symbole de la première époque foutue pour montrer qu’on rebondit sur autre chose.

Vous n’avez pas eu peur de la réaction des lecteurs en proposant une double intrigue, celles de Spirou et de Champignac, qui ne semblent pas avoir de lien entre elles ?


F.P. : Il y a un lien évident mais tout dépend de l’état d’esprit de chacun pendant la lecture. On s’est demandé avec Zidrou si on devait aller au bout de l’explication ou si on restait au contraire un peu en retrait pour laisser le lecteur connecter de lui-même. On s’est rendu compte qu’on avait peut-être été un peu optimistes. Une partie des lecteurs nous dit : « Votre album est super mais que viennent faire au milieu ces champignons noirs ? ». Conclusion : on peut réaliser un album dans lequel les lecteurs ne comprennent pas tout et l’apprécier. Dans une réédition qui ne devrait pas tarder, on va rajouter un petit narratif. Dans le dôme, après l’exposition des peintures, toute la foule défile devant elles. La page suivante, Champignac se rend compte de la disparition des champignons. Le narratif va dire : « Exactement en même temps, les champignons disparaissent. » Les tableaux, peints par un Bornéo et les champignons, cela provient de la même source, d’une manière complémentaire : c’est la carotte et le bâton. Le bâton, le côté négatif comme peuvent l’être les ouragans, la montée des eaux, le CO2… La nature s’exprime en réalité de plus en plus et nous envoie des messages. La solution passe par l’éducation du regard et par la prise de conscience de ce qui est beau. Bornéo ne fait que nous dire : « Regardez ». Les champignons noirs, eux, nous disent : « Regardez sales gamins et faites gaffe.» Ça me paraissait tellement évident que je pensais même que les lecteurs allaient trouver ça trop gros. Et en fait, certains ne comprennent pas. (sourire)

Vous pensez donc qu’il vaut mieux éviter de faire confiance en l’humain ?


F.P. : Pas du tout ! D’ailleurs à qui d’autre voudriez-vous faire confiance ? Puisque c’est l’humain, et lui seul, qui peut voir la beauté et réagir en conséquence. Pour l’instant, ça dérape un peu. Certains lecteurs pensent que cet album est noir, pas très drôle, voient une boule de l’Atomium cassée, des clochards dans les rues… N’est-ce pas la réalité ? N’y a-y-il pas dans chaque bulletin d’info ce type de catastrophe, ne parle-t-on pas de la Syrie, de Monsanto… ? Certains ne veulent surtout pas voir ça et rester dans une bulle de BD de leur enfance avec des histoires où tout va bien. Pour moi, au contraire, les histoires sont faites pour grandir, pour ouvrir les yeux, pour se nourrir de bonnes choses… et avancer.

L’absence d’explication a permis aux lecteurs d’imaginer de nombreuses hypothèses…

F.P. : Tant mieux ! Ce qui me chagrine un peu, ce sont les clichés à l’emporte pièce quand justement on ne se pose pas assez de questions et qu’on y met des réponses toutes faites en disant par exemple : « l’auteur s’est juste fait plaisir en mettant telle ou telle séquence. » Il faut regarder le boulot qu’on a mis dans cette histoire, ce n’est pas possible qu’en travaillant autant on fasse l’erreur de se faire plaisir, ça n’a pas de sens. C’est même absurde. Quand j’étais ado, on n’avait pas cette prétention-là. On se disait : « Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? ». Aujourd’hui, on voit des gens qui se pensent plus intelligents que tout le monde et ils jugent tout, croient qu’ils peuvent tout comprendre tout de suite. On confond à ce point consommation et Art que l’on juge tout comme un hamburger ! Bon ou mauvais, vite fait bien fait ! Mais la fonction artistique est toute autre : nous questionner pour nous élever !

Faire un deuxième Spirou, c’est quelque chose qui vous semble réaliste ?

F.P. : C’est beaucoup trop tôt pour rebondir sur l’après Spirou. J’ai actuellement un autre album qui se prépare et qui ne sera pas Spirou. Tout est possible et tout est ouvert. Je sais pertinemment ce qui me chiffonne dans ce personnage et ce que ce travail m’a révélé dans cette série.  

Le livre est un bel objet. Avez-vous eu votre mot à dire ?

F.P. : C’est une porte que l’éditeur a ouverte et on a avancé ensemble. Le choix du papier a été primordial. J’ai toujours adoré les papiers un peu chauds. J’ai souvent fait l’erreur, quand j’étais plus jeune, sur Zoo ou sur Broussaille, de suivre l’habitude des éditeurs de choisir des papiers couchés, des papiers brillants, très blancs… Aujourd’hui on met plutôt le projet en avant, l’objet également.

Votre coloriste vous en a voulu de choisir un papier moins habituel ?

F.P. : Pas du tout ! Elle était contente et soulagée. Quand j’ai vu sortir les premières feuilles de la rotative, j’en ai pleuré tellement c’était beau. Je n’avais jamais eu ça dans un bouquin. J’ai enfin trouvé mon papier. (rires) C’est un peu la même chose lorsqu’on trouve le bon pinceau. Il vous porte un peu plus loin.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre projet de parc animalier ?

F.P. : J’ai lancé le projet d’un parc animalier sur la thématique de l’art animalier. Ce qu’on veut montrer, ce sont des artistes, dans tous les domaines, qui ont traité l’animal dans les beaux arts, la bande dessinée, les médias, les dessins animés, dans toutes les époques, sur tous les continents. C’est très vaste. Autour de ces oeuvres, il y a de vrais animaux. Et il ne suffit pas de juxtaposer les deux mais de créer une véritable scénographie en expliquant ce qu’est un félin, un cheval… faire ressentir tout l’imaginaire présent derrière ces animaux. Les scientifiques dans un zoo ne le font pas. Tous les parcs animaliers du monde sont des instituts de biologie. Je veux parler de légendes, de beauté, de formes extraordinaires, de créativité. J’ai déjà le terrain, il s’agit d’une ancienne carrière abandonnée du côté de Namur. J’ai l’équipe, j’ai le concept. On est en train de démarrer le business plan, un financement participatif est en cours sur Ulule. Une fois terminé, cela me permettra d’aller voir les vrais financiers. 





Propos recueillis par L. Gianati et L. Cirade

Bibliographie sélective

Spirou et Fantasio (Une aventure de) / Le Spirou de...
10. La Lumière de Bornéo

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Zoo
Édition intégrale

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Broussaille
1. Les baleines publiques

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