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Le Futuriste d'Olivier Cotte et Jules Sombroni chez Casterman

 
n°315489
ckicmoi
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Posté le 09-04-2008 Ã  16:01:46  profilanswer
 


 
Ce qu'en dit l'éditeur :
 
1912. L’italien Luciano Salvatori, un artiste peintre installé à Paris, s’efforce difficilement de vivre de sa peinture, qui s’inscrit dans le mouvement en plein essor des futuristes. Il côtoie Picasso, Appollinaire, mais, comme la plupart des créateurs d’alors, vit un quotidien de grande misère matérielle. Jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance d’un étrange mécène, qui, en échange d’une rétribution généreuse, lui passe une très curieuse commande : imaginer et peindre des machines de destruction, laisser son inspiration s’exprimer en roue libre pour représenter la guerre de demain. Parce que la guerre est l’hygiène du monde, et la mort une condition du futur. Mais qui peut bien être au juste son mystérieux commanditaire ? N’y a-t-il pas une dimension presque faustienne dans l’acte créateur qui lui est proposé ? Et peut-on imaginer, finalement, que la fonction de l’art soit aussi de tuer ?
 
 
Une vision transversale des courants artistiques et plus précisément du Futurisme au début du XXème siècle. Un regard porté sur la condition des artistes, la création et la confrontation des idées à leur concrétisation dans la réalité, le tout mis en scène via un graphisme très riche.
 
J'ai trouvé cet album instructif et de très très bonne qualité. Qui d'autre l'a parcouru ?
 
 
 

n°315492
jdmorvan
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Posté le 09-04-2008 Ã  16:08:15  profilanswer
 

Moi acheté, lu apprécié.
Jaime beaucoup le dessin, le traitement scénaristique, la narration, les références.  
Du vrai boulot de pro, sensible et carré.
je crois un peu moins, finalement, au cliffhanger final (que je ne peux pas dévoiler) car en matière d'armement, il y a évolution, et pas création spontannée.
Mais il n'empêche que l'idée était séduisante et fort bien traitée.
Chapeau (plutôt : Casque !) !

n°315493
JAUNE
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Posté le 09-04-2008 Ã  16:08:24  profilanswer
 

Pas encore lu, mais en effet apriori attirant.

n°315500
ckicmoi
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Posté le 09-04-2008 Ã  16:23:08  profilanswer
 

jdmorvan a écrit :

je crois un peu moins, finalement, au cliffhanger final (que je ne peux pas dévoiler) car en matière d'armement, il y a évolution, et pas création spontannée.


 
Oui, je me suis fait la même réflexion : il faut du temps pour construire et je ne suis pas sûre qu'un à deux ans suffisent ( j'y connais rien en la matière, coté technique  :confused:  :fant2: ) mais ça ne m'a pas paru  grave en regard de la qualité, y compris effets de style, du contenu et de la construction.

n°315678
ar sparfel
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Posté le 10-04-2008 Ã  09:52:22  profilanswer
 

Chronique en ligne :
 
 :arrow: Le Futuriste par C. Constant


---------------
Tout semble impossible à ceux qui n'ont jamais rien essayé
n°315729
michael le​ galli
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Posté le 10-04-2008 Ã  13:20:58  profilanswer
 

jdmorvan a écrit :

Moi acheté, lu apprécié.
Jaime beaucoup le dessin, le traitement scénaristique, la narration, les références.  
Du vrai boulot de pro, sensible et carré.
je crois un peu moins, finalement, au cliffhanger final (que je ne peux pas dévoiler) car en matière d'armement, il y a évolution, et pas création spontannée.
Mais il n'empêche que l'idée était séduisante et fort bien traitée.
Chapeau (plutôt : Casque !) !


ah ben tout pareil !!
c'est un livre presque anachronique en fait, de par son traitement graphique (pictural ?) surtout et puis c'est vraiment chouette de voir ce type de livre sortir en librairie  :wink:  

n°315962
ckicmoi
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Posté le 10-04-2008 Ã  23:07:18  profilanswer
 

Qu'est ce qui te fait penser à un anachronisme Michaël ? Le fait que cet album paraisse en 2008 ?
 
Je trouve cette frange d'histoire de l'art très bien traitée et le futurisme très bien situé dans le contexte des autres courants
 

Spoiler :

Apollinaire se démarque des théories sur la femme, Picasso hait la guerre ...


 
Sur le plan graphique, comment interprètes-tu la planche de la page 49 ?
Un regret de n'avoir pas opté plutôt pour le cubisme ? Un renvoi vers Picasso et son horreur de la guerre ? La fin conjointe du cubisme ?

n°315963
michael le​ galli
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Posté le 10-04-2008 Ã  23:16:56  profilanswer
 

ckicmoi a écrit :

Qu'est ce qui te fait penser à un anachronisme Michaël ? Le fait que cet album paraisse en 2008 ?


yep, dans le traitement graphique surtout...
et puis j'ai dit presque, et ça n'a rien de péjoratif  :smile:  
pour l'autre question, comme je n'ai pas l'album sous la main, je répondrais plus tard  :wink:  
 
 

n°316094
ckicmoi
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Posté le 11-04-2008 Ã  18:45:08  profilanswer
 

Je n'avais rien senti de péjoratif dans ton propos  [:fantaroux:1]  
 
C'est vrai que le graphisme supprend. La couverture n'est pas très attrayante. La première fois que je l'ai feuilleté je l'ai reposé tant, de prime abord, je ne le trouvais pas ( zyeutement parlant ) engageant. Il semble éloigné de ce qui ce fait actuellement, et pourtant j'ai pris une claque à sa lecture !!!  
 
[Message à ceux qui ne l'ont pas encore découvert] Il faut le lire !!!
 
Ce qui m'a également surprise c'est la mise en relation de l'album avec le parcours des auteurs. Je n'ai rien trouvé d'autre sur le net sur Jules Stromboni qu'un travail en infographie réalisé aux Gobelins.
Olivier Cotte, apparemment formateur également aux Gobelins semblait plutôt axè sur le cours métrage, l'anime et l'infographie. A priori on aurait pu ne pas s'attendre à un ouvrage de ce type  :wink:  
 
Pour celles et ceux que ça pourrait intéresser : http://olivier.cotte.free.fr/FR/menu-fr.htm


Message édité par ckicmoi le 11-04-2008 Ã  23:43:33
n°316190
edgarmint
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Posté le 12-04-2008 Ã  14:13:34  profilanswer
 

Oui, le dessin désuet a son charme, une spécificité certaine et il présente l'avantage indéniable de s'accorder sans mal avec une vision qu'il est possible d'avoir de l'époque. Le scénario se tient parfaitement dans l'absolu, cependant, la réserve évoquée par JD Morvan m'a aussi gêné. Ce côté quelque peu en dehors du réalisme dans un fond qui est lui bien ancré dans la réalité donne un mélange qui a tendance à perturber/atténuer mon plaisir de lecture. Mais ça, c'est relativement une constante chez moi, à savoir une réticence naturelle au mélange des genres, un besoin de cohérence d'ensemble de bout en bout, que ce soit dans ce qui se veut ancré dans le réel ou le contraire.  

n°316333
blougou
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Posté le 13-04-2008 Ã  14:35:55  profilanswer
 

jdmorvan a écrit :


je crois un peu moins, finalement, au cliffhanger final (que je ne peux pas dévoiler) car en matière d'armement, il y a évolution, et pas création spontannée.


 
ah moi c'est ca qui m'a un poil gaché la lecture et mon impression finale. j'ai trouvé que c'etait un peu tiré par les cheveux et "facile"
apres, ca reste bien construit et ca participe a la montée dramatique donc oui bon allez pourquoi pas.
 
cela dit je trouve que ca manque de subtilité, malgré un dessin au demeurant superbe

n°316348
ckicmoi
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Posté le 13-04-2008 Ã  17:48:14  profilanswer
 

edgarmint a écrit :

Oui, le dessin désuet


 
Désuet, désuet, comment que t'y vas là !!! Je n'ai pas souvent vu de one-shot qui présentait une telle qualité de variations graphiques en maintenant une cohétence d'ensemble. Pas sûre d'ailleurs d'en avoir déjà vu.
 

edgarmint a écrit :

Ce côté quelque peu en dehors du réalisme dans un fond qui est lui bien ancré dans la réalité


 

blougou a écrit :


j'ai trouvé que c'etait un peu tiré par les cheveux et "facile"
apres, ca reste bien construit et ca participe a la montée dramatique donc oui bon allez pourquoi pas.
cela dit je trouve que ca manque de subtilité,


 
Pour moi Luciano Salvatori n'a pas forcément existé. Je n'avais d'ailleurs rien trouvé en tout cas sur le net le concernant. Il se peut, et j'aurais tendance à l'appréhender comme ça, que les auteurs aient créé un personnage fictif et l'aient inséré dans cette page d'Histoire de l'Art pour développer une intrigue en fil conducteur et rendre la démonstration plus dynamique. A la façon d'un Christophe Dabitch qui a utilisé le procédé d'insertion d'un personnage fictif dans Abdallahi et dans La ligne de fuite.
 
Est-ce que quelqu'un a rencontré les auteurs et en a discuté avec eux ?
 

n°316351
edgarmint
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Posté le 13-04-2008 Ã  18:00:09  profilanswer
 

ckicmoi a écrit :

Désuet, désuet, comment que t'y vas là !!! Je n'ai pas souvent vu de one-shot qui présentait une telle qualité de variations graphiques en maintenant une cohétence d'ensemble. Pas sûre d'ailleurs d'en avoir déjà vu.


 
Tu as vu là une remarque négative, l'est-elle ou est-ce juste un constat qui a son charme ?  
 

ckicmoi a écrit :

Pour moi Luciano Salvatori n'a pas forcément existé. Je n'avais d'ailleurs rien trouvé en tout cas sur le net le concernant. Il se peut, et j'aurais tendance à l'appréhender comme ça, que les auteurs aient créé un personnage fictif et l'aient inséré dans cette page d'Histoire de l'Art pour développer une intrigue en fil conducteur et rendre la démonstration plus dynamique. A la façon d'un Christophe Dabitch qui a utilisé le procédé d'insertion d'un personnage fictif dans Abdallahi et dans La ligne de fuite.


 
Sans doute, ce qui m'a dérangé n'est pas cette insertion de personnage, ...
 

Spoiler :

mais plutôt l'impact donné à sa création, c'est trop et ça me pose problème. Toute proportion conservée hein !

n°316494
yvantilleu​il
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Posté le 14-04-2008 Ã  13:38:36  profilanswer
 

Ce one-shot de deux nouveaux venus, Olivier Cotte et Jules Stromboni, est pour le moins surprenant.
 
Le récit nous propulse à l’aube de la première guerre mondiale à l’époque d’un mouvement artistique né en Italie autour du poète Filippo Tommaso Marinetti (Manifeste du futurisme, 1909) : le Futurisme ! Ce mouvement artistique d'avant-garde qui prône l'amour de la vitesse, de la violence, de la mécanique, le mépris de la femme et reconnait la guerre «comme seule hygiène du monde» est assez choquant et deviendra d’ailleurs l’art officiel fasciste sous Mussolini.
 
Tout comme les valeurs de l’art qu’il représente, le personnage central, Luciano Salvatori, n’est pas très attachant. Artiste peintre non reconnu, fauché, frustré et antipathique, Luciano Salvatori va pourtant se voir proposer une commande lucrative qu’il ne peut refuser : créer cent peintures représentant la guerre du futur ! Le côté faustien de ce pacte qu’il signe avec un commanditaire manipulateur et qui lui permet d’exprimer pleinement son art et ses idées révolutionnaires est d’ailleurs assez évident.  
 
Le graphisme aux tons sépia de Jules Stromboni apporte un côté rétro qui sied parfaitement à l’époque et contribue à plonger le lecteur dans une ambiance pessimiste. Malgré quelques sauts narratifs un peu dérangeants, l’alchimie entre les deux auteurs est assez remarquable et leur récit permet au lecteur de s’interroger sur le sens de l’art et de la création.  
 
Etonnant, différent et efficace !  


---------------
--------------------------------------------------
Mes avis: http://www.bdgest.com/critique.php?a=16524 et http://www.coinbd.com/bd/profil-me [...] /yvan.html
 
2 intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche
n°316645
jdmorvan
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Posté le 15-04-2008 Ã  00:11:19  profilanswer
 

ce que je trouve intéressant dans cet album, c'est qu'on sent bien l'ipulsion première du scénario. C'est l'idée de la fin.
Et à force de travailler pour amener cette fin, tout ce qui précède finit par prendre plus d'importance, ls prsonnags deviennet vivants et du coup cette fin (un peu peu crédible au vues de l'histoire des guerres) n'a plus tant d'importance que ça. On peut même se dire que le vilain monsieur a menti au peintre... Et l'album reste fort.

n°316820
ckicmoi
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Posté le 15-04-2008 Ã  22:08:55  profilanswer
 

edgarmint a écrit :


 
Tu as vu là une remarque négative, l'est-elle ou est-ce juste un constat qui a son charme ?  
 


 
 
Yep Edgart, les physiologues ont raison, la sénérescence n'a de cesse de produire des effets  :mrgreen:  
Le neurone qui me reliait à la case dictionnaire montre des signes de faiblesse. J'avais interprété désuet dans le sens de "sans grande importance" :oops: d'où ma réaction  :wink:  
Scuses
 
Ceci étant réparé, vous l'interprétez comment alors ce changement de style graphique de la planche page 49 ?

n°316927
olivier-co​tte
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Posté le 16-04-2008 Ã  14:11:02  profilanswer
 

Bonjour,
D'abord, merci pour l'intérêt que vous portez à cet album!
Sur l'invitation de ckicmoi, je me suis inscrit afin de pouvoir converser avec vous si le désir vous en prend.
En attendant, je réponds déjà à quelques questions de ckicmoi:
Concernant le personnage de Salvatori: il est tout-à-fait imaginaire. Mais les dates et le plus grand nombre de faits historiques (la Joconde; l'attrait d'Apollinaire pour le futurisme, le sacre du printemps du 29 mai 1913 etc sont exacts), ce qui est noté en dernière page aussi (à l'exception de la fin de Salvatori)
Pour la planche page 49, nous voulions Jules et moi donner une piste de la suite des événements historiques: l'influence picturale est allemande et expressionniste (voir les décors du cinéma démoniaque); donc préfigure les années 20 qui vont mener l'Allemagne à la ruine et engendrer la Seconde Guerre mondiale par le désir de revanche.
Voilà, à bientôt!
 
 

n°317006
ckicmoi
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Posté le 16-04-2008 Ã  18:57:15  profilanswer
 

Bonjour, bienvenue sur le forum et Merci d'avoir franchi le pas !!!
 
Si j'avais bien appréhendé le coté fictif de Luciano Salvatori j'avais plutôt perçu la planche 49 comme une référence à la fin simultanée du cubisme. Par ignorance ! Parce que le complémént d'information que vous avez donné m'a conduite directement sur le net et, sur pointsdactu.org, j'ai trouvé un renvoi à une définition de Jacques Aumont et de Michel Marie précisant : "le traitement de l’image comme « gravure » (fort contraste noir et blanc) ; les décors très graphiques, où prédominent les obliques ; le jeu « de biais » des acteurs... "
Effectivement, si l'on se réfère à ce que disent ces auteurs sur le cinéma expressionniste, on ne voit plus du tout la planche 49 de la même façon et son interprétation devient évidente !
 
Ne vous reste plus qu'à prolonger votre expérience Le Futuriste en créant une collection BD spéciale histoire de l'Art pour continuer à nous éduquer tout en nous distrayant  :wink:
 
Lorsque j'ai fait des recherches sur vous et sur Jules Stromboni pour préparer la chronique, il est apparu que vous étiez jusqu'alors plus orientés sur le domaine de l'anime et de l'infographie.
Qu'est-ce qui vous a amené à préférer la bande dessinée comme support pour traiter ce sujet ?
Comment sont nés ce projet et cette association d'auteurs ?
 
( chuis pas trop curieuse au moins ?  :oops:  si si  :mrgreen:  n'hésitez pas à le dire  :wink:  :smile: )
 
 
 

n°317203
olivier-co​tte
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Posté le 17-04-2008 Ã  14:44:29  profilanswer
 

Bonjour,
 
Pour la planche 19, en effet, il faut regarder par exemple des films comme Caligari de Wiene ou le Nosferatu de Murnau. Ce type de décor revient à la mode d'ailleurs, comme avec Tim Burton.
 
Concernant la fin dont vous avez assez discuté, vous avez raison: il est évident que de nouvelles armes ne peuvent être mises au point en si peu de temps! Mais il était nécessaire de raccourcir le récit dans un temps chronologique assez court.
Je vous encourage à regarder les illustrations de robida qui s'amuse à imaginer le monde futur (selon son regard de l'époque). Il a aussi dessiné des guerres futures. Son style est assez invraisemblable: si les armes sont parfois crédibles, le style reste très fin XIX° siècle. On trouve ce type de 'naïveté' dans les illustrations du futur qu'il a réalisé, dans une idée assez typique de l'époque: la technologie évolue (véhicules aériens, ballons, transports d'une planète à l'autre etc.) mais la société ne bouge pas, elle. Elle reste bloquée à son époque et les hommes continuent de porter le haut-de-forme et les femmes ces robes extravagantes. Bref, c'est assez humoristique. Lui-même n'était pas toujours dupe: il y a un dessin montrant une sorte de métro joignant la Terre à une autre planète et une grand-mère passagère qui a oublié de descendre à la bonne station: le contrôleur lui dit que l'on a 'dépassé Mars depuis plusieurs planètes ma petite dame'! (je cite de mémoire). L'idée était donc plutôt d'aller vers la fantaisie.
Salvatori s'inspire donc du travail de Robida; quand au commanditaire, on ignore ses moyens techniques de production, et à la limite, je pense que ce n'est pas très grave, d'ailleurs, il aurait facilement été possible de décaler en amont la commande pour laisser un temps raisonnable de réalisation des armes. Mais cette crédibilité n'était notre priorité. On préférait Jules et moi, rester près des personnages comme le disait JDMorvan si je l'ai bien compris. Le récit est disons, allégorique: l'un des titres de rechange envisagé était: itinéraire d'un arriviste.
Plus personnellement, concernant l'itinéraire de mon arrivée à l'écriture de BD, je ne vais pas raconter ma vie! (pour ceux qui désireraient avoir des précisions, tout est sur mon site dans la rubrique bio, ou dans livres sur l'animation). Disons que la BD a toujours été une grande passion, cela fait longtemps que je voulais en écrire. Mais mon travail pour le cinéma, puis l'écriture des livres sur le cinéma d'animation (au sens large, tant technique que géographique, et non seulement l'anime qui est un terme plutôt utilisé pour l'animation japonaise), m'ont souvent amenés à repousser ces projets de récit. Donc il ne s'agit pas de génération spontanée car avec cet album, je réalise un vieux rêve (merci Casterman!).
Pourvu que ça dure!
 
Merci,
 
Olivier

n°317222
thb
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Posté le 17-04-2008 Ã  16:01:27  profilanswer
 

Je suis ce forum depuis maintenant quelques jours et il est passionnant. Merci à tous les contributeurs pour les différents éclairages.
Ayant lu la BD depuis sa sortie, avant donc toutes ces explications, je dois ajouter également qu'on passe un moment formidable même sans tout décoder.
On se laisse prendre facilement par l'histoire et tout s'enchaine, tout coule.
Le scénario est rythmé, les dessins peu habituels mais tellement plaisants, le traitement des couleurs idem. C'est une oeuvre facile d'accès, agréable avec de nombreuses références que l'ont peut saisir ou non selon son degré de connaissance mais qui ne nuisent pas à la lecture et la compréhension du tout.
Et puis il y a le forum de BDGest pour approfondir... Que du bonheur !!

n°317229
Mr Albert
BDépravé
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Posté le 17-04-2008 Ã  16:23:49  profilanswer
 

Tout simplement déçu.
Je m'attendais à quelque chose de plus fouillé, de plus personnel. L'album n'est pas mauvais, non, loin de là mais l'histoire n'a rien de transcendante. Reste quelques belles scènes graphique qui m'ont faites plaisir.
Désolé, j'aurais tellement voulu dire du bien de cet album...


---------------
L'insuffisance des moyens dialectiques, leur inefficacité dans la voie de toute certitude, à tout moment il semble que ceux qui firent de la pensée leur domaine en aient pris passagèrement conscience.
n°317586
ckicmoi
BDGestiste
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Posté le 18-04-2008 Ã  21:38:43  profilanswer
 

thb a écrit :

Je suis ce forum depuis maintenant quelques jours et il est passionnant. Merci à tous les contributeurs pour les différents éclairages.
Ayant lu la BD depuis sa sortie, avant donc toutes ces explications, je dois ajouter également qu'on passe un moment formidable même sans tout décoder.
On se laisse prendre facilement par l'histoire et tout s'enchaine, tout coule.
Le scénario est rythmé, les dessins peu habituels mais tellement plaisants, le traitement des couleurs idem. C'est une oeuvre facile d'accès, agréable avec de nombreuses références que l'ont peut saisir ou non selon son degré de connaissance mais qui ne nuisent pas à la lecture et la compréhension du tout.
Et puis il y a le forum de BDGest pour approfondir... Que du bonheur !!


 
C'est ce que j'aime bien sur ce forum aussi. Il y a matière à échanger, à s'arrêter sur un album, à s'instruire, à approfondir mais aussi à mesurer l'écart qu'il peut y avoir entre ce que veut faire passer un auteur et ce que le lecteur peut ( en fonction de la limite de ses connaissances, du moment où il lit l'album ) ou veut en recevoir. Plusieurs interprétations de l'oeuvre sont souvent possibles et du point de vue du lecteur c'est aussi ce qui est plaisant à constater. Peut-être que les auteurs, eux, n'ont pas la même approche et attendent une perception plus fine de leur travail de la part du lecteur ? Peut-être qu'un auteur qui se fait lecteur de l'ouvrage d'un de ses collègues porte également un regard différent de celui du simple amateur de BD ?
 
Mais comme tu l'as dit : "C'est une oeuvre facile d'accès, agréable avec de nombreuses références que l'ont peut saisir ou non selon son degré de connaissance mais qui ne nuisent pas à la lecture et la compréhension du tout."
 
Enfin, quoiqu'il en soit, je trouve que lorsqu'un auteur vient en plus apporter un éclairage sur son travail ça devient carrément passionnant !
 

Mr Albert a écrit :

Tout simplement déçu.
Je m'attendais à quelque chose de plus fouillé, de plus personnel. L'album n'est pas mauvais, non, loin de là mais l'histoire n'a rien de transcendante. Reste quelques belles scènes graphique qui m'ont faites plaisir.
Désolé, j'aurais tellement voulu dire du bien de cet album...


 
De mon humble point de vue et eu égard au nombre de pages, il y a beaucoup de choses qui sont dites dans cet album. J'y ai beaucoup appris et en apprends encore. Tu aurais aimé y trouver quoi en plus ?


Message édité par ckicmoi le 18-04-2008 Ã  21:39:58

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