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Toute la bande dessinée

Rork - Les fantomes

20/08/2012 28 planches

Actualité Andréas chargée en cette fin de mois d’août avec l'intégrale en deux volumes de Rork, accompagnée d’une prequelle et d’un nouvel opus de Capricorne. Andreas est un auteur rare, un auteur culte : estimé par la critique et par ses pairs, adulé des initiés et malheureusement peu connu du grand public, il est pourtant considéré par certains comme l'Orson Welles et le David Lynch de la bande dessinée. C'est dire si la barre est placée haute. Voici un défricheur, maintes fois copié, qui joue avec les codes de l'art séquentiel, les tord, les explose pour mieux les magnifier, toujours au service de récits aux multiples niveaux de lecture. La saga de Rork, son premier héros, s'est achevée il y a près de vingt ans. L'ombre de sa crinière blanche planait sur l'œuvre d'Andreas à travers Capricorne, spin-off d'un personnage secondaire qui a fini par s'emparer du rôle titre. Mais Rork revient, pour une unique aventure, une préquelle qui propose de nouvelles clés de décryptage. Expo et interview.


Rork, Capricorne © Le Lombard / Andreas - ARQ © Delcourt / Andreas


On a appris en mai la disparition d’Eddy Paape qui a été votre maître, y a-t-il encore aujourd’hui des conseils que vous vous remémorez consciemment à la table à dessin ou est-ce un enseignement plus diffus ?

Les conseils d'Eddy Paape étaient très précis, très utiles. En effet, ils me viennent fréquemment à l'esprit quand je travaille.

Revenons rapidement sur vos influences américaines. Quelques noms : Jim Steranko, Frank Miller, Bernie Krigstein...

Steranko ne m'a pas influencé. J'aime bien, sans plus. Frank Miller a été une influence surtout pour Coutoo et Rork-Lumière d'Étoile. J'apprécie sa technique narrative, mais plus du tout son idéologie ! Krigstein ne m'a pas influencé, malgré ce qu'on pourrait penser. Master Race est une exception dans son oeuvre.

Quels sont les auteurs "étrangers" (comics/manga) d'aujourd'hui que vous appréciez ?

Stuart Immonen, Romita Jr., Francis Leinil Yu, Ron Garney, Jim Cheung, Olivier Coipel pour le dessin, Bendis pour le scénario. D'autres encore, mais la liste serait longue...

Et en architecture et en peinture ?

En architecture, personne en particulier. Je ne m'y intéresse plus trop... En peinture, William Wray, Jeremy Lipking, des peintres chinois dont les noms m'échappent. Les listes de noms sont toujours incomplètes et finalement pas très utiles. Ce que j'aime chez les autres n'a pas souvent quelque chose à voir avec ce que je fais.

Quel est votre dernier coup de cœur, tous arts confondus ?

Question difficile. Je suis tellement attiré par tellement de choses qu'il est pratiquement impossible de donner un nom.

Vingt ans après le tome final de Rork, voici un tome 0. Est-ce le point de départ d'un nouveau cycle ?

Non, il n'y aura pas de nouveau cycle ! J'ai d'abord eu envie de raconter cette histoire, sans penser à Rork du tout. L'idée d'utiliser Rork comme personnage-catalyseur m'est venu après. L'histoire fait assez typiquement "Rork", donc il me semblait naturel d'y inclure le personnage. Mais l'intention de départ n'était en aucun cas de "faire un nouveau Rork".

On ne peut donc pas espérer un retour aux anciennes série et, par exemple, un terme à la Trilogie Cyrrus/Mil ?

Non. Certainement pas.

Le lien entrevu dans le testament de Cromwell Stone et le monde de Rork était-il prévu dès le début ?

Il n'y a PAS de lien entre Cromwell Stone et Rork.

Rork semble occuper une place centrale dans votre oeuvre. Cromwell Stone, Raffington Event et Capricorne y sont liés. Peut-on s'attendre à d’autres cross-over ou des albums dédiés à un personnage secondaire de cet univers ?

Qu'il y ait des liens entre Rork, Capricorne et, dans une moindre mesure, Raffington Event est normal: tous proviennent, au départ, de la même série. Mais je n'établirai pas de pont artificiel entre mes différents univers. Le lien entre des séries séparées est l'auteur. Vouloir tout homogénéiser est pour moi le signe d'une personnalité obsessionnelle.


Parlons de Capricorne. L'arrêt annoncé de la série a été un séisme pour pas mal de monde. Avec le recul et la poursuite de celle-ci, toujours au Lombard, comment avez-vous vécu cette période ?

Bizarrement, ma première réaction a été : "Je continuerai de toute façon, où que ce soit." Je n'étais pas déçu ni fâché. Des séries s'arrêtent tous les jours, généralement parce qu'elles ne se vendent pas. Je comprends tout-à-fait les éditeurs sur ce point-là. Je n'avais qu'une envie, c'est terminer la série pour moi et pour mes lecteurs. Arrêter aurait été impensable. J'ai d'ailleurs eu des témoignages de soutien qui m'ont profondément touchés. C'est dans des moments comme cela que l'on se rend compte qu'on ne travaille pas dans le vide. Et c'est très réconfortant! Quand le Lombard a finalement repris la série, j'étais soulagé. C'est à cet instant-là, que j'ai senti que tout ça m'avait atteint plus fortement que je ne le pensais.

Vous avez montré dans les derniers Capricorne une volonté de plus en plus soutenue de jouer avec des narrations originales, surtout sur une série plutôt "grand public"...

La forme narrative d'une histoire dépend toujours de l'histoire elle-même. L'idée de la forme vient toujours au moment de l'écriture du scénario, avec quelques exceptions, comme Capricorne 12 (sans titre) ou Capricorne 11 - Patrick.

L’histoire est donc préexistante ?

Oui, la plupart du temps. Les idées narratives viennent au fur et à mesure, j'ai rarement un système narratif préconçu.

Il ne faut pas oublier la dimension commerciale, n’avez-vous pas eu peur de perdre une partie de votre public ?

Non. La dimension commerciale ne m'a jamais vraiment préoccupé. Très tôt dans ma "carrière", j'ai pris la décision consciente de faire ce qui me plaît plutôt que ce qui pourrait "marcher". J'ai eu la grande chance que mes éditeurs m'ont toujours soutenu et même encouragé dans ce sens. Ma responsabilité première est de faire au mieux de mes capacités, afin de donner à mes lecteurs ce à quoi ils ont droit : mon meilleur effort. Idem pour mes éditeurs, à qui je ne proposerai que ce que je considère digne de leur attention. Il y a pas mal de projets qui n'ont pas passé le filtre de ma propre exigence. Et un certain nombre de choses ont été refusées par les maisons d'édition. Avec raison. Le commerce fait partie de notre métier et nous ne survivrions pas sans.

Attelons-nous à ARQ, maintenant. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans une entreprise aussi longue ?

Rien de spécial. L'idée me semblait naturelle, à l'époque.

N'était-ce pas un énorme pari que de se lancer dans une telle série, dont vous annonciez dès le départ que le personnage principal n’apparaîtrait pas avant plusieurs tomes ?

Pas pour moi. (Pour l'éditeur, peut-être...)

C'était aussi une grande marque de confiance de la part de Delcourt de s'engager sur le long terme. Comment tout cela a-t-il été négocié ?

Tout-à-fait !!! Guy Delcourt m'a fait confiance sur ARQ dès le départ et je ne l'en remercierai jamais assez. On s'est mis d'accord assez rapidement, et je pense ni Delcourt ni moi étions particulièrement inquiets.

Le troisième cycle d'ARQ est très déconcertant. Vous amusez-vous avec vos lecteurs ? Répondrez-vous dans les 3 tomes restants à toutes les questions qu'ils peuvent se poser ?

Je m'amuse, j'espère le lecteur aussi, mais si par m'"amuser avec le lecteur", vous voulez dire me moquer de lui, certainement pas !!! Je ne vois pas le troisième cycle comme étant "déconcertant" même si j'essaye toujours de surprendre le lecteur, de l'emmener à des endroits inattendus. Et de lui en donner pour son argent! Au final, le but est bien de répondre à toutes les questions. Y arriverai-je? Mystère...

Est-ce que dès le début vous aviez en tête de changer de style graphique à chaque cycle ou est-ce venu plus tard suite à des envies ?

Tout ce qui concerne formats et changements de technique était prévu. Je ne voulais pas courir le risque de m'ennuyer après quelques albums... (Même chose pour "l'échappée de New York" pour Capricorne.)

Vous aviez parlé de faire quelque chose proche du manga pour le troisième cycle... Est-ce que c'est Delcourt qui vous en a dissuadé ?

Non, ce n'est pas ça. L'idéal pour ARQ, une fois la série terminée, ce serait de faire une intégrale en trois albums, dans des formats plus petits et non-cartonnés. Genre Manga.

Et cette approche manga est quelque chose que vous aimeriez faire dans l'avenir ?

Cela dépend des histoires, comme toujours. Tout part toujours de l'histoire.


Au bout de quinze années passées avec vos personnages, à développer vos univers, les deux séries vont arriver à leur terme pratiquement en même temps. Attendez vous cette échéance avec appréhension ou soulagement ?

Les deux. Appréhension, parce que finir des séries de 18 et 20 albums n'est pas facile. J'espère ne pas décevoir... Soulagement, parce que j'ai des projets qui n'attendent que ça! (Et non, je ne parlerai pas des projets!)

Quelle relation entretenez vous avec vos personnages ? Sont-ce uniquement des outils de travail, des médias pour raconter une histoire ou avez-vous développé des liens plus profonds avec eux ?

Je ne souscris pas à la théorie que les personnages échappent au contrôle de l'auteur et vivent leur propre vie. Une fois qu'ils ont joué leur rôle, je passe à autre chose, sans regrets. Une grande partie de ce que je raconte dit justement ça : ce sont des histoires, ce n'est pas réel!!!

Pourquoi le thème du "Passage" est-il si présent dans votre oeuvre ?

Je ne sais pas d'où me vient le thème du "Passage". On m'a suggéré que c'était parce que j'étais passé d'Allemagne de l'est à l'Allemagne de l'ouest. C'est une explication comme une autre, mais on peut interpréter ça comme on veut.

Vous travaillez essentiellement seul. Avec qui aimeriez-vous collaborer, en tant que scénariste ou dessinateur ?

À priori, personne. Mais je suis sûr que la vie me surprendra.

Il était question d'un Dérives 2. Est ce d'actualité ?

C'est dans les tiroirs, mais pas abandonné.

Buchet, Manara, ont repris un héros de comics. Vous êtes un grand fan de Batman. Avez-vous été approché ?

Non je n'ai pas été approché et d'ailleurs je ne le souhaite pas. Il y a quinze ou vingt ans, peut-être, mais plus aujourd'hui.

Sur vos projets à venir, vous aviez indiqué que vous ne vous lanceriez plus dans des séries aussi étendues que ARQ ou Capricorne. Prévoyez-vous d'autres séries avec des cycles plus courts et plus conventionnels ou des histoires complètes, comme vous aviez fait pour Quintos ?

Je vais travailler essentiellement sur des one-shots, au maximum une trilogie.

Pensez-vous faire un jour un recueil encyclopédique de vos mondes et de vos personnages d'Andreas ?

Non.

Vous êtes revenus en salons après des années d'abstinence. Un besoin de rencontrer votre public ?

Je me suis un peu trop exclu du "monde de la bande dessinée". Ce sont les contacts sur twitter qui m'ont donné envie de revenir vers le public. Mais cela restera assez sporadique...

Cosey avait pris comme habitude de donner une liste de disques à écouter au 4eme plat de ses Jonathan. Quelles seraient les musiques que vous conseillerez pour Arq, Rork, Capricorne ?

Chacun doit savoir s'il veut écouter quelque chose en lisant mes histoires ou non. Ce n'est certainement pas ma place d'imposer mes choix! Personnellement, je déteste écouter de la musique en lisant.

Il y a 20 ans pour la revue Tao vous disiez : « Tout ne doit pas être expliqué ». Est ce qu'aujourd'hui vous réitéreriez vos propos ?

Tout ne doit pas être expliqué. Je persiste et signe.