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Le Vent de l'Exil

29/04/2006 20 planches

En Bande Dessinée, on voit parfois surgir des séries dont on n'a jamais entendu parler, réalisées par de parfaits inconnus, et qui malgré ces handicaps connaissent immédiatement un accueil très favorable de la part d'un public non négligeable. Alim le Tanneur est de celles-ci. A l'occasion de la sortie du second tome, Le vent de l'exil, BDGest' braque ses projecteurs sur ses deux auteurs, Wilfrid Lupano et Virginie Augustin :

BDGest' : Pouvez-vous nous faire un petit récapitulatif des origines d'Alim le Tanneur ? Comment cette série a-t-elle été créée, sur quelle idée de base ?

Virginie Augustin : Là, en gros, tout vient de Wilfrid. L’idée, les personnages, le fond et le monde, à peu près tout était posé... c’est lui aussi qui est venu me chercher, de mon côté je n’ai eu qu’à mettre en image et en couleur cette histoire qui m’a immédiatement enthousiasmée.   Wilfrid Lupano : Alim est né en 1999. A l'époque, j'avais envie d'écrire une histoire qui parlerait des origines d'une religion et de la façon dont l'avènement "anecdotique" et discutable d'un prophète peut servir de socle à la création d'une civilisation durable.

Virginie Augustin
Ensuite, il a y eu un faisceau de sources d'inspiration: notamment ma lecture de l'équilibre du monde, de Rohington Mistry, qui parle des intouchables en Inde, mais aussi la prise de pouvoir des talibans à cette époque, avec leurs interdits surréalistes... A ce sujet, il s'est passé quelque chose de déstabilisant, lorsque je commençais à travailler sur le projet. Dès le début, j'ai voulu caricaturer une religion forte avec des interdits très durs, voir un peu loufoques. J'ai donc imaginé qu'un interdit particulièrement stupide et indéfendable serait celui de faire voler les cerfs-volants. Mais j'ai failli renoncer à cette idée, car je la trouvais peu crédible... Jusqu'à ce qu'un jour je trouve dans un article de journal une liste des (nombreux) interdits des talibans, et que je découvre, sidéré, que l'usage des cerfs-volants en faisait partie... En voulant grossir le trait pour dénoncer, je n'avais fait que relater la triste vérité...
 

Bul
BDGest' : Après deux albums, votre projet concernant la série a-t-elle changé ? Sur quelle période l'histoire se déroulera-t'elle ? En combien d'albums pensez-vous achever votre histoire ? Pensez-vous à des développements annexes à l'histoire d'origine ?
 
Virginie Augustin : Euh … non, j’ai toujours bien l’intention de poursuivre, développer et d’achever cette histoire en quatre tomes … Pour moi, les aventures d’Alim sont à placer dans un temps précis et doivent aussi s’achever comme n’importe quel conte, par exemple. J’ai d’emblée demandé à ce que cette histoire soit cadrée, un début, un milieu et une fin, pas de cycles ou de "spin off" … même si on avait imaginé développer des histoires au-
 tour de Bul à Brahmalem ou créer un guide touristique du monde d’Alim.

Wilfrid Lupano : Le projet reste à peu près le même, en tout cas sur le fond. J'ai un peu évolué dans mes choix narratifs, et aussi parce que Virginie avait des envies graphiques, dont je m'efforce de tenir compte. La série va s'étendre sur une période de temps assez longue, malgré le peu d'albums prévus (4 en tout). Il est peu probable qu'il y ait des développement annexes, mais on ne sait jamais... Je n'y réfléchis pas pour l'instant...
 
BDGest' : "Le vent de l'exil" présente une violence beaucoup plus forte que le premier tome. Est-ce spécifique à cet album ou doit-on s'attendre à voir des personnages principaux disparaître dans les prochains épisodes ? Ce choix vous est-il apparu naturel ou vous êtes-vous interrogés à ce sujet ?
 
Wilfrid Lupano : Alors voila une question empreinte d'une touchante naïveté (rires). On ne va naturellement pas vous annoncer d'éventuelles morts à venir, ça ne serait pas rigolo...  
Pour la violence de l'album, oui, c'est un sujet qui nous intéresse énormément, et qui fait partie des thèmes de cette série: on réflechit sur la façon dont la "qualité" de la violence montrée peut influencer l'ambiance du récit, même quand elle n'est pas présente en "quantité". Les BD d'action, comme les films d'action, regorgent de violence, mais c'est une violence récurrente, dépersonnalisée, souvent déjà vue, qui ne choque pas spécialement. Dans Alim, il n'y en a pas tant que ça, même dans ce deuxième tome. Mais le type de violence montré marque peut-être davantage les esprits, parce qu'il est d'une nature différente.

Virginie Augustin : Quand Wilfrid m’en a parlé, j’ai trouvé que cette violence se justifiait même si elle m’a paru un poil trop présente et redondante. Mais effectivement, il me paraissait nécessaire de bien montré que Torq, par exemple, n’est pas un enfant de cœur et que la soumission par la violence est un mode évident de fonctionnement et de conquête pour la civilisation dépeinte dans cette série.
 
Wilfrid Lupano : Personnellement, j'ai la plus grande méfiance pour la violence "cool", "branchée", esthétique, sexy... si on veut aborder ce thème, on lui doit la vérité, et je n'ai jamais vu de violence sexy, désolé...
De plus, ce que fait Torq Djihid dans ce tome 2 devant les murailles de Théobes n'est hélas pas très éloigné de certains épisodes illustres de notre civilisation : dans les années 1865-75, pendant les guerres "indiennes", l'armée américaine a fréquemment eu recours à ce genre de faux pourparlers pour éliminer un chef insaisissable, ou même une assemblée de chefs, que l'on conviait à prendre le thé en terrain neutre... un thé qui s'avérait être empoisonné.
 
BDGest' : La religion est de plus en plus présente dans la Bande Dessinée de ces dernières années, sous une forme réaliste (Troisième Testament, Triangle Secret...) ou dans des univers imaginaires (Alim le Tanneur, Sky Doll...). Souvent sa représentation est d'ailleurs négative. Etant vous-mêmes acteurs de cette tendance, comment l'expliquez-vous ?


Virginie Augustin : Personnellement, quand Malraux disait que le "XXIème siècle serait spirituel", je ne le voyais pas comme un retour à des valeurs archaïques et intolérantes (et ce, quelles que soient les religions et croyances encore présentes de nos jours). Maintenant, je ne crois pas que ce soit une spécificité en BD qui s’attaque à présent à tous les sujets possibles et imaginables, que ce soit la religion, les sujets ou les phénomènes de société … Le lectorat de BD a grandi … les thèmes sont peut-être plus adultes.
 
Wilfrid Lupano : Un sociologue (dont le nom m'échappe, appelons-le Germaine...) a dit il y a une dizaine d'années que le 21ème siècle, ne serait ni "social", ni "technologique" mais religieux. Et en disant ça, il opposait ce terme de "religieux" au  "spirituel" de Malraux. A l'époque, ça m'avait marqué, parce que durant toutes les années 70 et 80, tous les modèles de sociétés futures semblaient exclure les religions des grands enjeux.
Et on se rend compte que ce pronostic était exact. Les religions sont très présentes en ce début de siècle, et sont en toile de fond de tous les grands conflits actuels. Naturellement, les enjeux économiques sont en embuscade derrière les croix et les croissants, comme au temps des croisades, mais tout de même, partout où ça brûle, on trouve des "adorateurs d'arrière-monde", et le plus souvent aux côtés des nostalgiques de grandeurs passées...  
Pour l'athée que je suis, tout ça reste finalement très mystérieux... et fascinant. Je ne m'étonne pas que le sujet soit abordé fréquemment en bd. Si on prétend parler de parcours d'êtres humains, il faut bien s'y frotter...
BDG : A quel genre la série "Alim" appartient-elle, la fantasy ou  le fantastique ? En d'autres termes, vous interdisez-vous  l'utilisation d'effets magiques pour rester dans une réalité fantaisiste ?
 
Virginie Augustin : Mmm, vaste sujet. Bonnet blanc, blanc bonnet, potatoe,  potatoe ... honnêtement, je ne me suis pas plus posé la question  que ça. S'il s'agit de fantasy ? Oui, mais un peu en marge et moi,  c'est ce qui me plait ! De fantastique, sans doute, mais  fantaisiste... nous ne sommes pas dans la réalité, ça j'en suis  sure, maintenant dans quel genre précisément se ranger ?
Quant à la magie ... parlons plutôt de cohérence vis à vis de  l'histoire ... Son absence éloignerait donc la série de la fantasy  donc du fantastique mais sans pour autant rejoindre la réalité ...  oh ! une mouche !
 
Wilfrid Lupano : J'évite de me poser ce genre de questions qui font mal dans  la tête... Par contre, je suis d'accord avec vous sur un point : la  réalité est vraiment fantaisiste. Elle manque de sérieux, à tout  point de vue, et ferait bien de se ressaisir... BDGest' :Vous avez fait évolué certains éléments graphiques de la série : alors que l'album avait été très bien perçu dès sa sortie, la couverture du premier tome a été refaite pour une nouvelle réédition ; de même les onomathopées du tome 1 étaient uniquement lettrées, alors qu'un traitement plus graphique a été effectué sur le second. D'autres évolutions graphiques sont à attendre dans les prochains albums ?
 
Virginie Augustin : En ce qui concerne la couverture du premier tome, il paraissait nécessaire de la revoir, le choix que nous avions fait n’avait visiblement pas convaincu (éditeur et lecteurs confondus). Rétrospectivement, la première couv’ aurait été préférable pour une intégrale, par exemple, mais pas pour la découverte d’un premier tome. Pour ce qui est des onomatopées, la différence réside dans leur intégration au stade du dessin pour le tome 2 et non plus par ordinateur a posteriori, ce qui m’avais réservé quelques soucis d’intégration et de flexibilité …
Je ne vois pas le dessin comme un mode d’expression figé, j’espère que beaucoup de choses vont encore changer graphiquement.  
 

Je ne suis qu’à mon deuxième album, outre les problèmes de réglages inhérents à la découverte de cette forme d’expression, je considère que les choses se mettent encore doucement en place et je ne m’estime pas encore posséder un style maîtrisé et sûr.  
 
J’ai hâte de poursuivre, de savoir comment tout ça va évoluer. BDG : Pensez-vous déjà à l' "après Alim" dans votre travail ?
 
Virginie Augustin : Oui, je ne sais pas trop ... je vais vraissemblablement  poursuivre dans la bande dessinée.
 
Wilfrid Lupano : J'ai quelques projets en cours, mais difficile d'en parler  pour le moment... Propos recueillis par Christophe Steffan

Informations sur l'album

Alim le tanneur
1. Le secret des eaux