- Sept Coeurs d'Arran - Seconde partie
- 4
- Gallié, Mathieu
- Sorel, Guillaume
- Sorel, Guillaume
- Delcourt
- 05/2005
- 2-84789-771-2
- 72
- 7206 fois
La 1ère partie des Sept cœurs d’Arran avait donné l’occasion de mettre en avant toutes les qualités de cette série forte d’une ambiance et d’une part de mystère plus épaisse qu’une brume matinale sur les côtes écossaises. Cette caractéristique qui constitue le cachet de ces aventures a eu tôt fait de diviser les lecteurs en deux clans. D’un côté, ceux qui sont las des intrigues transparentes élucidées en deux coups cuillères à pot et qui sont enclins à privilégier les longs écheveaux, peu importe s’il paraissent hermétiques au premier abord. De l’autre, ceux pour qui un rythme lent, le mystère qui s’ajoute toujours au mystère et l’alibi du recours à d’impénétrables voix mystiques sont finalement des artifices pour masquer une certaine confusion et excuser la tentation de sombrer dans l’exercice de style.
Force est de reconnaître que cette 2ème partie apporte de l’eau au moulin des détracteurs des péripéties du Docteur Woodcock. Passons sur le fait qu’on puisse se lasser de subir son long martyr, la connaissance semblant réclamer ce tribut de souffrances physiques. Ce qui gène surtout c’est cette sensation d’être réduit à être le spectateur d’un lever partiel des zones d’ombre laissées au cours des tomes précédents, sans pouvoir dénouer soi-même le moindre petit fil. Paradoxalement, alors que l’on avait la faiblesse d’être indulgent lorsque le dénouement de L’œil Fé se contentait d’être opaque, on peut céder à l’agacement si, tome après tome, il est nécessaire de reprendre minutieusement les faits précédents pour tenter de les montrer sous un nouvel angle plus éclairant. La dernière partie, loin d’être pimentée par le voile levé sur l’identité réelle d’un des personnages, est tellement statique et finalement avare en faits nouveaux qu’elle n’est pas sauvée par les illustrations d’un Guillaume Sorel en roue libre. Sur le point de rendre les armes, le lecteur risque alors de se réfugier dans une passivité totale et se contenter de la contemplation de ces tableaux.
« Il te reste des choses à apprendre, Algernon… (…) et je te laisse moi-même avec nombre d’énigmes en suspens ». Dont acte. Mais à trop vouloir marcher hors des sentiers battus et à se raccrocher aux branches le moment venu, on risque de perdre une partie du troupeau qui, au fil du temps, ne confondra plus lièvre des Highlands et Lapin blanc.
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