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A lors que Tomka attend sur ce quai de gare, des images défilent dans sa tête. La perte des siens et la douleur immense qu'il a ressentie, son enrôlement dans l'armée républicaine pour les venger, sa rencontre avec Amalur, leur amour et la guerre, surtout la guerre. Ses combats, sa fureur, la haine et la vengeance qui le guident, puis la peur. Mais il est trop tard pour avoir des regrets, l'heure des retrouvailles a sonné et avec elle, il l'espère, l'exil, l'apaisement, le bonheur, enfin...

Dix ans après L'alligator (chez Casterman avec Igort), Massimo Carlotto revient à la bande dessinée. En prenant pour héros un gitan - par définition nomade et apolitique -, il s'affranchit de toute obligation de jugement sur les raisons de cette guerre. À mesure que le sort malmène cet homme qui ne prend pas farouchement parti, l'auteur met en lumière un conflit où la violence, comme souvent, n'a pas fait de distinction et dans lequel s'embarquer relève plus du hasard que du choix. Aveuglé par la colère et la peine, Tomka prend les armes sans même se poser de question ; il ne lutte pas, il attend la mort en priant pour croiser ceux qui lui ont tout pris. Patiemment, le romancier brosse le portrait d'un homme en égrenant les batailles marquantes qu'il traverse, du bombardement de cette commune de Biscaye - véritable détonateur du coup d'état - à la chute de Madrid et la défaite du pouvoir en place, puis la fuite des uns et des autres. Cette construction laisse à l'enchaînement des évènements le soin d'incarner la force de l'Histoire, tandis que le scénariste joue sur l'économie de texte, comme son héros sur celle des mots. S'appuyant sur des faits et des personnages réels, il croise les existences, de toutes nationalités, tandis que les pertes s'accumulent et la mort continue son œuvre. Car même si l'amour vient, un temps, estomper la rage et la douleur qui commandent le gitan depuis le départ, son issue est inéluctable.

Pour accompagner cette mise en scène dépouillée et grave, Guiseppe Palumbo utilise un dessin direct, pinceaux et encre. Le dessinateur opte pour une trichromie - noir, blanc et ocre - qui donne toute sa puissance à un trait vif où les aplats jouent sur les ombres et les contrastes. De même, il varie le fond des planches - tantôt blanc, tantôt noir - pour accentuer la dramaturgie des séquences, appuyer un dialogue ou faire ressortir un détail. Rappelant par moments le travail d'Edmon Baudoin, notamment lors des passages avec narration en voix off - l'auteur de Escobar - El Patron livre une prestation convaincante et prouve par la même occasion sa faculté d'adaptation pour se mettre au diapason du propos.

Derrière le destin tragique d'un homme meurtri, Massimo Carlotto et Guiseppe Palumbo peignent l'histoire de la guerre civile espagnole à laquelle beaucoup ont pris part sans toujours savoir pourquoi. Un bel album qui invite à s'intéresser à un conflit proche mais tellement lointain.

Par M. Moubariki
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Tomka, le gitan de Guernica

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