Une légende urbaine prétend que sept enfants sont nés d’une partie du corps, dépecé en sept, de Lucy Monostone. Et je vais vous faire une confidence, il se trouve que je suis l’un d’eux… Waouh ! » Mark David Chapman (l’assassin de John Lennon)
Encore une introduction choc pour le dernier tome en date de cette série totalement déjantée et à réserver sans ambiguïté à un « public averti ». Si les premiers tomes exploitaient les thèmes assez courus de la chasse au(x) tueur(s) en série et de la quête d’identité, elle se démarquait néanmoins par une volonté de ne rien cacher des « œuvres » de ses psychopathes. Quitte à se laisser aller à la tentation facile du voyeurisme et du sanguinolent typé "grand guignol" (MP Psycho t1). Et l’on se surprenait à bailler un peu à la lecture des tomes 2 et 3. L’entrée en jeu des « Enfants de Lucy », ces êtres sans états d’âme au service d’un dessein encore flou, a changé la donne.
La force de ce manga, c’est sa constance, sa froide détermination à aller jusqu’au bout de ses intentions nihilistes. Le corps et la vie d'un être humain n’apparaissent parfois que comme des objets auxquels on accorde une importance particulière. Rien de plus. L’hécatombe concluant l’hallucinante prise d’otages du tome 4 en est un exemple.
Finalement, ce qui est peut-être le plus étonnant, c’est qu’on continue à suivre cette succession d’horreurs alors qu’on serait tenté de se considérer comme sain d’esprit. Pour savoir jusqu’où vont aller les auteurs plus que par sympathie pour les personnages principaux distants et opaques. L'humour décalé présent dans le tome 1 n'a désormais plus droit de cité. Certains pans de l’histoire ne sont pas non plus d’une limpidité exemplaire. Le personnage central se débat avec trois identités (quatre ?) et semble plus perdu qu'au premier jour. Les contours, les instigateurs et les objectifs du groupe des « yeux à code barres » sont également peu évidents. Et selon une recette désormais bien connue, on pose trois questions après en avoir résolue une tout en préservant des zones de flous parfois lassantes. A l’origine, existe-t-il une « bible » de la série détaillant les grandes étapes du récit et sa conclusion ou les auteurs avancent-ils au fil de l’eau et de leur inspiration en essaynt de préserver un minimum de cohérence à l'ensemble ?
Le dessin on ne peut plus pâle (sensation renforcée par l’utilisation d’un papier très blanc) opère tantôt comme un révélateur tantôt comme un filtre, tantôt pour mettre en exergue des éléments tantôt pour en diminuer l’impact en "surexposant" les sujets. Outre les excès mis en scène (meurtres, mutilations, enfants tueurs, etc), ce trait diaphane constituera l’autre point faible de MPD Psycho aux yeux de ses détracteurs. Et l’on se surprend parfois à imaginer ce que ce titre aurait pu être sous le crayon de l’équipe de Gantz par exemple. Peut-être quelque chose de difficilement soutenable en fait. Enfin, sans les ignorer, il est préférable d’oublier certaines planches placées en ouverture de chapitre, souvent parfaitement inutiles et entachées du plus mauvais goût.
Pourtant, une fois pris dans l’engrenage, il y a fort à parier qu’on lira le 6ème tome. Et le suivant…
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