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Lorna (Brüno) Lorna, Heaven is here

25/06/2012 8517 visiteurs 7.5/10 (8 notes)

H enri-Luxe Butol. Héritier de l’empire LB Pharma. Scientifique limité, arriviste et amoureux transi d’une actrice possédant de gros nichons. De fâcheuses tendances à se prendre pour une tarentule.

Tamara Teets. Big boobs comme son nom l’indique. Star du porno sur le point de faire la une du Financial World entre deux séances de pénétrations.

Max Busenmeister. Producteur X. Adore se faire aspirer par de grandes blondes.

William Machin. C’est son vrai nom. Scientifique de génie. Un poil rancunier.

Werner. Extra-terrestre. Croisement improbable entre le pingouin de Linux et Métro, le robot d’Il était une fois l’espace. Venu visiter la Terre aux commandes d’un robot géant. Ça tombe bien.

Quoi d’autre ? Une géante avalant goulument les hommes se livrant à elle. Des pilules vous donnant un engin à faire pâlir de jalousie Rocco Siffredi. Des soldats bas du bulbe et sensibles de la gâchette. Des gradés paranoïaques voulant obtenir l’arme absolue. Des bases militaires secrètes. Des déserts américains. Des femmes détectives sans nénés. Snif. Des femmes flics motardes comme il aurait dû y en avoir dans Chips. Avec des nénés. Des monstres. Plein. Des fumeurs de joints. Des gros nichons toujours. Des gros sexes aussi. Mais moins. Et la fin du monde bien sûr. Tout ça, c’est Lorna.

Ceux qui avaient rêvé d’enfermer Brüno dans l’étiquette de l’auteur à la mode, au style abstracto-vintage cautionné par un doigt de culture pulp et donc facilement vendable sur la place du commerce de l’art populo-élitiste, en seront pour leurs frais. Ceux qui croyaient déceler dans ses illustrations « africaines » le potentiel d’un artiste respectable, world wide et donc facilement montrable dans certaines sociétés, vont tomber de haut. Cet homme est un sagouin. Un produit typique de la génération VHS qui n’a d’autres soucis que de se faire plaisir en mettant en scène des histoires comme il adorait en lire, en voir, en écouter. Et qu’il adore encore, en plus ! Honte à lui. Vous êtes prévenus.

N’allez pas croire que cet album n’est qu’une pochade d’adulescent ou une énième improvisation à la Michel Swing. Vous seriez dans l’erreur absolue. Cette histoire est pensée, construite, imaginée avec un sérieux qui devrait inquiéter définitivement les censeurs de la bienséance. Tout le talent de Brüno s’exprime sans limite au fil des pages. Son style « minimaliste » maximise ici les cadrages et les procédés graphiques. Illustrations pleine planche, cases horizontales, verticales, découpage gaufrier. Toute la grammaire narrative de l’art séquentiel y passe pour raconter une intrigue qui n’en mériterait pas autant à première vue. Car, en plus, l’œuvre est subversive et critique. Tout est fait sciemment pour que le lecteur n’ait d’autre choix que de se faire happer par l’aventure, s’il est consentant. Bien sûr, tout ça ne mène à rien. N’y voyez pas le titre de l’année.

Vous êtes toujours intéressés ? Tant mieux, vous savez ce qui vous attend. Vous allez vous régaler.

Quant aux autres, fiez-vous à la couverture du livre, allez lire autre chose. Tout y est dit : Lorna, Heaven is here. Préface de Jean-Pierre Dionnet. Pour public averti. Ne venez pas vous plaindre.

Par D. Baran
Moyenne des chroniqueurs
7.5

Informations sur l'album

Lorna (Brüno)
Lorna, Heaven is here

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L'avis des visiteurs

    herve26 Le 04/03/2014 à 22:36:01

    Avec "Lorna", il faut avoue" Pornopia", pour des raisons évidentes avec le personnage de Tamara, et "Tyler Cross" tant le père d'Henri, Charles-Henri Luxe-Butol fait songer physiquement au charismatique Spencer Pragg.

    Mais l'originalité de Lorna réside sans aucun doute dans son traitement scénaristique qui fait à la fois référence aux nanars des années 50 et aux films de science fiction.

    Brüno nous offre là un ouvrage complétement décalé et loufoque,qui rend hommage à la fois au cinéma porno, aux films policiers et aux films de science-fiction....le tout dans un seul volume! Quel tour de force!!.

    Cet ouvrage, tant par le scénario que par le dessin, souvent osé, , qui n'est certes pas à laisser entre toutes les mains, mérite tout de même une attention particulière pour les cinéphiles et bédéphiles que je suis (je rejoins d'ailleurs l'avis de Jean Pierre Dionnet dans sa préface sur le cinéma Bis)

    Bref, un livre à découvrir, si cela n'est déjà pas encore fait.

    ZPATZ Le 08/02/2014 à 17:30:08

    C'est clair cet album ne conviendra pas a tous(et n est pas du tout recommandable aux plus jeunes).....Mais bon sang... il ma manqué un paquet de pop corne a la lecture!!! Non sans rire c 'était jouissif,le style de bruno colle inpec avec se type de road movie.Je suis deja fan du dernier tyler cross,mais la j'avoue bruno m'a scotché,fallait oser bruno la fait pour notre plus grand bonheur! Il ne parodie en rien il transcende.Il y a surement des sens cachées et des métaphore et autre paraboles philosophique dans cette album...certes mais qu'importe je m'en fous je me délecte a chaque vignette.Allez good trip old folks.

    Noubealitas Le 30/12/2012 à 13:10:08

    Ouais, ben désolé, moi je ne suis pas très emballé!
    En général, j'adore les oeuvres de Brüno, qu'il soit scénariste ou non, mais là...
    Moi, le cinéma de quartier à 2 balles, j'en ai rien à secouer... Voilà peut-être
    mon manque d'enthousiasme à la lecture de ce volume.
    J'aime bien le côté graphique, mais c'est à peu près tout ce que je retiendrai de cet album.

    Hugui Le 22/09/2012 à 17:14:44

    Ah oui quand même ! Histoire déjantée à ne pas mettre en toutes les mains mais jubilatoire, qui ne mène à rien mais avec plaisir.
    Comme quoi même un esprit cartésien comme le mien peut se laisser envouter par le n'importe quoi de qualité.
    En cherchant bien on doit même pouvoir trouver pleins de sens et de morales cachés à ce récit, mais je n'ai pas envie de chercher.
    Juste d'apprécier sans savoir pourquoi.

    Lartenbulles Le 29/05/2012 à 18:30:57

    Pour son retour à la BD en solo, Brüno ne nous déçoit pas. Il nous livre vraiment une histoire qu'il maîtrise de bout en bout au niveau de l'écriture. Il y a dans Lorna toute l'étendue de son talent en matière de découpage, dans la maîtrise de l'ellipse qu'il manque parfois dans ses albums écrits par d'autres. Son style graphique si caractéristique s'exprime ici dans sa pleine mesure.
    Les dialogues sont un régal, et on se croirait vraiment accoudé à un fauteuil de vieux cinéma crasseux. On en redemande !