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Valérian 21. L'OuvreTemps

25/01/2010 7348 visiteurs 6.3/10 (4 notes)

J e devais avoir une quinzaine d’années, peut-être un peu moins. Élevé à la sauce Tintin et Spirou, je me surprends à fureter dans la bibliothèque de mon père à la recherche d’autre chose. Et je tombe sur La cité des eaux mouvantes. Intrigué, j’ouvre ce vieil album déjà fort écorné et en lis les premières pages… Je termine ce volume et, ravi, me rue sur le reste de la série avec un appétit féroce. Et me voilà à refermer Les foudres d’Hypsis, l’esprit ailleurs, sûrement quelque part dans les étoiles… J’ai longtemps cru que la série se terminait par cette formidable histoire, laissant le héros, le regard tourné vers le ciel, contempler l’infini de l’espace, note mélancolique pour clore une saga qui, en science-fiction, aura entre-temps atteint des sommets, touchant à la perfection.

Quelques années plus tard, la passion de la bande dessinée m’ayant rattrapé, c’est avec étonnement que je découvre l’existence d’une suite à cette série qui m’a tant fait rêver… et c’est avec surprise que je m’aperçois que le charme n’opère plus. En cause, des histoires moins passionnantes, moins inspirées, pour une baisse de qualité qui s’accentue au fil des parutions. Désormais privés de leurs attaches, Valérian et Laureline errent dans le cosmos, de mission en mission, sans susciter chez le lecteur fidèle plus qu’une vague nostalgie. Leur histoire allait-elle suivre l’exemple de tant d’autres, et, sans être véritablement mauvaise, l’actualité proposant régulièrement bien pire, terminer dans la banalité après avoir pourtant été une référence du genre ? Christin et Mézières, en voulant ponctuer leur longue collaboration par un dernier triptyque audacieux, avaient redonné espoir. Comme ils l’avaient déjà fait à la grande époque avec les deux diptyques Métro Chatelet direction Cassiopée / Brooklyn Station - Terminus Cosmos et Les Spectres d’Inverloch / Les Foudres d’Hypsis, ils avaient pour noble intention de remettre de l’ordre dans la trame historique de la série. Et c’est d’ailleurs chose faite, comme le démontre la ligne du temps – plutôt utile tant les auteurs ont multiplié les bouleversements de l’histoire de la Terre – judicieusement placée en fin d’album.

Et pourtant… L’OuvreTemps déçoit, comme avaient déçu, dans une certaine mesure, Au bord du Grand Rien et L’ordre des pierres. Peut-être même plus encore, car, si tout s’enchaîne sans temps mort jusqu’au dénouement, jamais je n’ai ressenti ce qui m’a un jour fait vibrer. Le point noir de cet album est sans conteste la volonté des auteurs de faire défiler tous les personnages qui ont marqué la série, quitte, malheureusement, à les dénaturer. Qu’est-il advenu de Ralph, merveilleux dans ses précédentes apparitions et relégué ici au rang de simple calculatrice ? Et que dire de Sül, dont le destin tragique en faisait un héros de choix dans Les oiseaux du Maître, ne se voyant plus confier ici qu'un rôle de figurant ? Et comment ne pas se désoler en découvrant Emir, sublime dans L’Empire des mille planètes, se bornant ici à jouer les aides logistique ? La liste est longue et sans pitié. Non contents de rappeler à eux toutes ces figures d’aventures passées, les auteurs en auront également introduit de nouvelles, pas toujours très intéressantes, portant le nombre de personnages à un niveau beaucoup trop élevé et forçant le scénario à enchaîner les raccourcis et les changements de lieux. Alors oui, la fin – que je me garderai bien de dévoiler – est surprenante et plutôt bien tournée. Et oui, la cohérence de l’univers, malgré sa complexité, est inattaquable. Mais il aura fallu pour cela se coltiner des albums moyens et une fin qui tire en longueur.

N’aurait-il pas mieux valu, quitte à laisser quelques portes ouvertes, en terminer au douzième et sublimissime tome de cette série fondatrice ? C’est en tout cas ce qu’aurait aimé le gosse que j’étais et qui ne cherchait pas des réponses aux moindres questions, mais bien des histoires qui le faisaient partir loin, très loin…

Par D. Wesel
Moyenne des chroniqueurs
6.3

Informations sur l'album

Valérian
21. L'OuvreTemps

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Note: 3.2/5 (36 votes)

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L'avis des visiteurs

    Docteur Jones86 Le 24/12/2013 à 15:49:17

    Conclusion d'une série phare, conclusion de la bataille contre les Wolochs et conclusion de la recherche de la Terre. Tout ça en une cinquantaine de page, ça fait beaucoup! Une histoire forcément intéressante, surtout la fin, mais on lui reprochera quand même de partir dans beaucoup de direction à la fois avant sa dernière partie. Si les dernières pages sont excellentes, les autres sont seulement bonnes.
    Niveau dessin la qualité est toujours au rendez-vous, quel univers de dingue Valérian!

    Hugui Le 22/04/2010 à 16:22:37

    Valérian est une série mythique que je n'ai fait que survoler car la science-fiction n'est pas mon genre préféré mais lire ses histoires a toujours été un agréable passe-temps. Donc la sortie d'un dernier album m'a semblé incontournable pour connaître le destin de nos héros. Il faut le lire comme ça, comme un long rappel des épisodes précédents et une revue des personnages et des mythes. Et la pirouette finale est amusante à défaut d'être très originale.
    A lire donc comme une madeleine de Proust, un adieu à ce qui a bercé notre enfance. Merci les artistes.

    excessif Le 03/02/2010 à 05:49:20

    "Valérian et Laureline", c'est fini… même si Christin a la jolie intuition de clore sa saga - jadis brillante voire indispensable, mais qui s'est délitée de manière terrible au fil des années - par un recommencement. L'ambition de cet "OuvreTemps" est de sortir nos deux héros de l'impasse temporelle dans laquelle les circonvolutions scénaristiques de la saga les a placés, et pour cela, Christin ne recule devant aucune facilité, comme ce fameux et inexplicable "ouvretemps", justement, sorte de deus ex-machina, même s'il s'agit d'un objet, qui remet tout miraculeusement en place… un peu facile, non ? Mais ce qui est finalement pénible, plus encore que dans les deux tomes qui ont précédé, c'est cette volonté de faire ressurgir tous, absolument tous les personnages croisés au cours de la saga : plutôt que de la nostalgie, cette accumulation - qui n'est vite plus drôle - provoque surtout chez le lecteur une intense lassitude. Si l'on ajoute qu'il n'y a, à proprement parler, aucune "histoire" racontée dans ses 50 et quelques longues pages, il ne nous reste plus qu'à nous intéresser au dessin de Mézières, qui oscille d'ailleurs entre l'excellent (les quelques pages "peintes") et le carrément bâclé (la représentation de la belle Laureline est de plus en plus aléatoire…). Bref, on n'est finalement assez content que tout cela soit fini, et on a plutôt envie de se replonger dans les premiers - et géniaux - épisodes, remontant quand même à 1967 !

    DixSept Le 30/01/2010 à 15:52:55

    S’il n’est pas exempt de quelques (petits !) défauts, ce dernier album clôt magistralement (et définitivement !) une saga à la richesse hors du commun.
    L’Ouvre-Temps est un final de feu d’artifice qui, en 54 planches, nous rappelle la magie de 40 siècles d’histoire et de 40 ans d’existence.
    Au cours de leurs aventures spatio-temporelles, Valérian et Laureline ont parcouru des milliards de mégaparsecs, visité une infinité de mondes et, au final, rencontré une multitude d’individus, tous plus improbables les uns que les autres. Il est donc normal de les retrouver une dernière fois avant qu'ils ne retournent là où tout pourrait recommencer…

    Magic2003 Le 26/01/2010 à 19:48:13

    Ca y est, Valérian et Loreline, c'est fini...
    Cette superbe série a marqué les esprits et les imaginaires. Toute une génération de fans ont été profondement marqués par l'univers de Valérian. Les Que ce soit de facon officielle avec le 5eme element ou de facon plus officieuse avec Star-Wars, le cinéma c'est aussi largement inspiré de Valérian.
    Ce dernier album n'est certainement pas le meilleurs. Je lui prefere la periode "metro chatelet", mais bon, cela reste une bonne fin et il est interessant de voir resurgir d'anciens personnages....
    Il fallait savoir s'arreter, c'est chose faite. Merci à Christin et Mezieres...