Eureka Seven a d’abord été lancé sous forme d’animé en … 2005 puis a été publiée en version papier offrant un dénouement alternatif à partir de et a également connu, très rapidement, une adaptation en jeu vidéo. Les deux premiers tomes, parus chez Kana, éclairent suffisamment sur ce qui a pu pousser les Studios Bones, producteurs de la série, à en exploiter le potentiel.
En effet, l’histoire surfe allégrement sur le genre « meccha » avec ses machines et ses robots. En outre, elle possède toutes les caractéristiques du shonen en ayant pour point de départ la quête d’identité d’un héros adolescent aussi avide d’aventures que de gloire et sur lequel pèse l’ombre, ô combien imposante, de son père. Ses désirs ainsi que les défis qu’il veut relever trouvent à s’exprimer à travers sa vision, et son vécu, des tribulations du groupe Gekko State qu’il intègre rapidement dans le premier volume. Son arrivée s’accompagne d’ailleurs d’une cohorte de désillusions lorsqu’il est confronté au quotidien de celui-ci. Les actes héroïques et les pages de bravoure crâne, s’ils ne manquent pas, sont bien moins fréquents que Renton ne le pensait et c’est d’abord comme garçon à tout faire qu’il expérimente la vie avec ses nouveaux compagnons. Cela donne lieu à quelques passages humoristiques, lesquels vont de pair avec ceux issus de la maladresse de l’ado à exprimer ses sentiments vis-à-vis de la troublante Eureka, charmante de fraîcheur et de naïveté. Cependant, Eureka Seven ne se limite pas à ces quelques aspects. Le récit aborde ainsi des thèmes importants, restant peut-être un peu trop en filigrane dans les deux premiers albums. Il est question de la puissance de l’armée et de certaines décisions iniques, mais aussi d’antimilitarisme, incarné par Holland.
Ajoutons-y des personnages sympathiques ou intrigants – c’est le cas de Dwei Novak qui se pose déjà comme le méchant -, un zeste de science-fiction et une civilisation extra-terrestre redoutable, ainsi que de nombreuses scènes d’action menées tambour battant. Voilà de quoi susciter l’intérêt malgré des airs de déjà-vu. Enfin, le graphisme de Jinsei Kataoka, qui se concentre sur les personnages, et celui de Kazuma Kondou, qui dessine des machines sophistiquées, sans révolutionner le style, s’avèrent agréable.
Au final, sans susciter un enthousiasme déraisonnable, l’ensemble se révèle plutôt plaisant. Aux tomes suivants de convaincre complètement.
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