- Cette vie derrière nous
- 2
- Kirkman, Robert
- Adlard, Charlie
- Rathburn, Cliff
- Delcourt
- 06/2007
- 978-2-7560-0972-8
- 143
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Cette vie derrière nous permet au lecteur francophone de découvrir la suite de Walking dead après avoir été laissé en plan par l’arrêt de la publication de la série par Semic il y a deux ans. En publiant les deux premiers recueils en même temps, Delcourt reprend le flambeau d’une belle manière, propre à satisfaire les convaincus de la première heure qui se désespéraient d’en découvrir la suite un jour sans avoir à se lancer dans la version originale.
Protect and serve. Cette devise symbole d’une ancienne vie colle à la peau et vaut à Rick d’être porté à la tête d’un groupe de gens ordinaires, lui compris, qui luttent pour vivre. Ça peut paraître basique et c’est ce qui continue de faire la force de la série. Dans un contexte où le répit n’existe pas, où la menace est toujours présente, l’évolution des caractères, les réactions de personnages aux vécus et aux tempéraments différents sont un atout majeur. Protect and serve, dans ces circonstances, c’est aussi établir une hiérarchie dans ses priorités en la matière : soi-même, ses proches, les autres membres, les autres survivants. Qu’on soit flic ou non.
La galerie de portraits s’enrichit, les épreuves s’accumulent, les sacrifices sont monnaie courante, les liens se resserrent, les dissensions surgissent, les vérités du jour ne font pas les alliances du lendemain. Et s’il n’y avait pas l’instinct de survie pour les réunir… Robert Kirkman sait jouer avec ses personnages, les doter de natures différentes sans jouer les stéréotypes, doser les révélations, installer les conflits entre rescapés lorsque les zombies leur foutent un peu la paix. Le rythme est là, l’agencement impeccable. Alors qu’on frôle parfois la frontière du mélo et que les ressorts de la comédie humaine font tanguer l’édifice, son talent de feuilletoniste expert en rebondissement sauve la mise. Au dessin, Charlie Adlard livre une partition adaptée, plus brute et anguleuse, sans fioritures excessives, différent en tout cas du style plus léché et contrasté de Tony Moore dans les premiers épisodes.
Les survivants sont désormais des fugitifs. La composition du groupe évolue au gré des territoires visités (ceux qui paraissent les plus sûrs ne sont pas pour autant les moins dangereux) et des rencontres, amicales ou fatales. C’est la trame dans laquelle semble s’être installé Walking dead. Mais dans un monde aux allures d’apocalypse, que valent les certitudes ?
>> Lire la Chronique du tome 1 "Passé décomposé"
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