Avant : du test de grossesse à la prise de conscience de la paternité à venir, en passant par les échographies, l'annonce aux proches, les achats indispensables, la découverte du sexe du bébé et les cours de préparation à l'accouchement.
Pendant : de la crainte de la perte des eaux dans la voiture à la célébration de la naissance, sans oublier le plus beau jour de sa vie : l'arrivée de Bazile et l'effet grisant d'être père.
Après : du premier réveil en pleine nuit aux premiers pas de Bazilou, les joies des premiers mots et des cadeaux inutiles de certains amis.
Nicoby ne nous épargne rien des interrogations, des doutes, des réflexions qui tuent et des émois du futur puis du jeune père. Avec la même précision que sous son autre pseudo Korkydü (Pattes de velours et La Voix), on retrouve l'humour et la justesse qui sied à bon nombre de situations, certains pères s'y retrouveront.
La force de ce récit autobiographique réside essentiellement dans le registre de l'autodérision que Nicoby n'hésite pas à utiliser, se moquant de ses attitudes tantôt machistes (propres à tout homme, toujours juste ce qu'il faut mais pas trop) tantôt fragile et attentionné. Il dévoile son sens inné du comique de situation avec un bon mot à chaque page et une chute ne pouvant que faire opiner du chef les messieurs (s'ils ne roulent pas sous la table pliés de rire), faire hausser les épaules des dames et leur extirper des ricanements. Si, je vous l'assure, la mère de mes enfants a ri. Ce qui prouve bien que cet album est aussi fait pour les mamans et que les situations décrites ne sont pas dénuées d'une certaine justesse. Justes, elles le sont évidemment pour Nicoby, mais elles sont également le reflet du comportement de certains pères face à l'évènement majeur d'une vie. Nicoby touche même si il est sans aucun doute plus drôle de vivre avec lui qu'avec le poinçonneur des Lilas. Pour rendre un récit autobiographique palpitant, encore faut-il avoir une vie palpitante.
Le dessin de type gros nez renforce le trait humoristique et le choix du noir et blanc ancre le style "journal de bord". Les auteurs de bande dessinée s'y adonnent de plus en plus avec plus ou moins de réussite. Il faut avoir envie de se mettre en scène et de le faire bien, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Nicoby paraît tellement naturel que l'on aimerait le compter parmi ses amis pour en profiter plus longuement.
A ranger soigneusement à coté de Corps de rêve de Capucine. Les versions homme/femme se marient à merveille.
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